La Mauritanie : un aller retour en 4*4 de Bordeaux à Noudache

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Mon cousin souhaitait pour ses 80 ans retourner sur les lieux de fouilles archéologiques d'une mission à laquelle il avait participé à plusieurs reprises dans les années 60 au coeur de la Mauritanie, à Aoudaghost, ancienne capitale de l'empire du Ghana qui connut son apogée vers le VIIIè siècle. Ce projet a pris forme et nous sommes partis par la route depuis Bordeaux en février 2006.

Photo de voyage en  Mauritanie

Voyage en Mauritanie de 3 semaines (Février 2006) raconté par pilou

Nouakchott

Arrivés à Nouakchott sans difficultés, mais en prenant soin d'avoir suffisamment de carburant, aucune station n'existant encore sur cette route de 400 kms, nous nous installons dans un appartement loué dans une résidence. Les prix de l'hôtellerie étant très élevés comme souvent en Afrique, cette solution nous a paru la meilleure pour les quelques jours que nous allons passer sur place. La ville de Nouakchott se développe à grande vitesse, ses environs n'étant que de vastes chantiers de construction, et abrite plus du tiers de la population, les nomades d'autrefois se sédentarisant sont attirés par la capitale où il est moins difficile de trouver du travail. Cette ville a été créée au début des années 60 lors de l'indépendance et donc ne possède pas de grande richesse architecturale, il faut quand même faire un tour au marché central, bâtisse avec galeries au premier étage où voisinent de nombreuses échoppes. Le lieu où nous avons préféré aller était la plage des pêcheurs, à quelques kilomètres de Nouakchott, véritable fourmilière à l'heure du retour de la pêche. Ces pêcheurs viennent tous du Sénégal voisin, le Maure n'étant pas lui même pêcheur sauf les Imraguens plus au nord sur la côte allant vers Nouadhibou.


La route vers Aoudaghost

Après cette pause de quelques jours à Nouakchott, nous partons pour Aoudaghost, distant de 800 kms par la Route de l'Espoir en assez bon état. Les hébergements sont assez nombreux pour couper un peu la route assez monotone, et il est très facile de se restaurer sous la tente en bordure de route avec du mouton grillé et du thé à la menthe. Nous ferons ainsi quelques arrêts à Boutilimit, Aleg et Kiffa, ayant décidé de prendre notre temps.


Piste vers Noudache / Aoudaghost

C'est quelques dizaines de kilomètres après Kiffa que nous quittons le bitume pour prendre la piste qui doit nous amener à Noudache, village situé à côté du site d'Aoudaghost en passant par le village de Tamchakett, sous-préfecture de région. Force est de constater que cette piste a été presque totalement détruite par les pluies diluviennes du précédent hivernage et là où l'année précédente une heure et demi suffisait pour parcourir les 50 kms nous séparant de Tamchakett il nous a fallu plus de quatre heures, roulant la plupart du temps sur des petites pistes parallèles au tracé principal. Arrivés en soirée, nous passerons la nuit à Tamchakett, mais la soirée sera mise à profit pour trouver un guide sans lequel nous n'avons quasiment aucune chance de rallier Noudache. Promenade dans le village, accompagné par une troupe de gamins et guidés par un ancien du village, fils d'un militaire français et de mère maure. La plus grande surprise a été de trouver des crocodiles (peu nombreux) dans l'étang (assez vaste, un lac à la saison des pluies) où vont s'abreuver les troupeaux. On nous a assuré qu'il n'y avait pas de problèmes de cohabitation et que les crocodiles n'étaient pas inquiétés. Au petit matin nous partons pour Noudache que nous atteindrons après trois heures de piste sablonneuse et de traversée de zones de petites dunes.


Noudache / Aoudaghost

Le village de Noudache se trouve à côté du site d'Aoudaghost mis à jour par des missions archéologiques dans les années 60. Ces chantiers ont pris fin lors des problèmes du Sahara Occidental et du Front Polisario pour ne jamais être repris. Il s'agit pourtant d'un site assez exceptionnel car il est supposé qu'il pouvait s'agir de la capitale de l'empire du Ghana au VIII siècle, oasis d'une grande richesse dont seulement une petite partie a été révélée. Le village de Noudache, très récent, premières installations dans les années 70, par des nomades se sédentarisant, se situe au pied d'un cirque rocheux. L'habitat est un mélange de tentes et de quelques "maisons" d'une seule pièce, en briques d'argile aux petites ouvertures. Les cultures ont lieu après la saison des pluies (à partir du mois de septembre) et les récoltes ne sont jamais assurées car régulièrement attaquées par des nuées de criquets. Les troupeaux sont assez nombreux mais le problème principal est l'eau qui doit s'utiliser avec la plus grande économie, seuls deux puits proposant de l'eau potable pour les hommes et pour le bétail. Pas d'électricité, sinon une batterie solaire pour alimenter un poste radio émetteur pour garder un lien avec les autres villages. Un dispensaire et une école ont été construits par une association allemande il y a quelques années mais à ce jour ni infirmier, ni médicaments, il faut aller à Mebrouk à 20 kms par ses propres moyens et l'école n'a un instituteur que depuis 2 ans, mais c'est un progrès important. Nous resterons une semaine entière, l'hospitalité légendaire des gens du désert se vérifiant, nous sommes hébergés et invités sous la tente du début à la fin de notre séjour, guidés pour des randonnées à pied ou en 4x4 dans des sites assez extraordinaires. C'est avec un petit pincement au coeur que nous quitterons ce village et les gens qui l'habitent en espérant revenir et peut être pouvoir les aider dans leur recherche d'eau toujours plus difficile, entre autre tant leurs besoins sont encore importants.



La Mauritanie dans son écrasante majorité pratique un islam tolérant et ouvert et a encore dès qu'on s'éloigne des concentrations urbaines un vrai sens de l'hospitalité. C'est un pays à découvrir et il est sûr que, personnellement, j'y retournerai.

Voyage raconté par pilou

Photos Carnet de voyage en Mauritanie


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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Faire preuve de patience, nous n'avons pas la même perception du temps, nombreux controles de police, douane ou gendarmerie
  • Ne pas vouloir qu'ils nous ressemblent, nous n'avons pas la même culture
  • Jamais un homme ne doit toucher une femme, ni même lui serrer la main, un salut à distance s'impose. Seule une femme peut en toucher une autre
  • Sur les routes goudronnées, circulation de nuit déconseillée, et de jour les animaux en liberté sont un vrai danger
  • Possibilité de se ravitailler un peu partout mais moins cher à Nouakchott, faîtes les pleins avant de partir

Les moins...

  • Ne pas se lancer sans guide, le désert est un piège permanent
  • Eviter les signes extérieurs de richesse, la vie est dure
  • Tenue vestimentaire décente, vous êtes dans une république islamique

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