Deux superbes cités : Jodhpur et Jaipur (carnet n°2)

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Notre circuit, avec ce 2ème carnet du Rajasthan, va nous conduire vers deux villes qui ont toujours fait rêver le voyageur qui aime l'Inde : Jodhpur la Belle Bleue et Jaipur la Rose, sans oublier Amber et son magnifique palais...

Photo de voyage en  Inde

Voyage organisé en Inde de 2 semaines (Octobre 2005) raconté par icare

Jodhpur, la Belle Bleue

Après avoir déjeuné dans l'ancienne forteresse de Khimsar, devenue hôtel, nous reprenons la route pour Jodhpur. Cette fois, le voyage se passera sans encombre, mais toujours avec une pointe d'inquiétude ; en effet, mieux vaut ne pas trop regarder la route...

La première chose qu'on aperçoit en arrivant dans l'ancienne capitale du Mârvar et deuxième ville de l'état indien du Rajasthan en nombre d'habitants, ce sont les remparts qui dominent la ville et son imposante citadelle, le fort de Mehrangarh. La ville fut fondée en 1438 par Rao Jodha, chef du clan des Rathor. Jodhpur est communément surnommée la ville bleue car la plupart des maisons de la vieille ville sont peintes de cette couleur. Ces maisons appartenaient à des membres de la caste des brahmanes. Le bleu offre aussi l'avantage de protéger de la chaleur et de repousser les moustiques. Elle est aussi appelée "la cite du soleil" en raison de l'exceptionnel ensoleillement dont elle jouit tout au long de l'année.

Des entelles, une race de singes sacrés, circulent quelquefois dans la ville, ces animaux peuvent se trouver notamment dans un temple dédié à Hanuman.

Nous partons donc à l'assaut du fort. Nous pénétrons par l'une des sept portes. Certaines de ces portes sont hérissées de pointes de fer pour empêcher les éléphants de charger. Après avoir grimpé un peu, nous découvrons enfin Jodhpur la lumineuse. La vue sur la ville bleue est un enchantement, suivant l'heure la couleur change.

Surnommé le fort magnifique, Mehrangarh surplombe la ville du haut de ses 122 mètres. A l'intérieur de celui-ci se trouve plusieurs palais, tels le Moti Mahal (palais des perles), le Phool Mahal (palais des fleurs), le Sheesh Mahal (palais des miroirs), le Sileh Khana et le Daulat Khana, richement décorés et agrémentés de nombreuses cours.
A l'intérieur du fort, nous visiterons également un musée, présentant une riche collection de palanquins, howdahs miniatures (sorte de palanquin, très généralement porté par un éléphant et non par des hommes), instruments de musique, costumes et meubles. Des musiciens nous accueillent près de la porte Loha Pol où nous allons découvrir d'étranges empreintes, celles des mains de 15 sati, pathétique souvenir des maharanis de Jodhpur qui s'immolèrent sur le bûcher funéraire de leur époux. Bien heureusement, cette pratique n'existe plus en Inde.

Il est déjà tard, lorsque nous quittons le fort ; le lendemain 340 km en car nous attendent pour arriver à Jaipur...


Sourires et rencontres

Le lendemain matin, avant de partir pour Jaipur, nous faisons un arrêt dans un village. Nous sommes accueillis par les sourires des enfants qui accourent, puis suivent les mères qui nous mènent à travers les rues en terre battue. Les habitants ne semblent pas trop pauvres, les enfants sont joyeux et vont à l'école. Ce n'est donc pas là que je donnerai des choses de première nécessité, juste des bonbons et quelques babioles pour les femmes.

Comme dans tous les pays où je vais, je demande si je peux faire des photos, pas de problèmes. Du coup les hommes, jeunes et vieux arrivent aussi et sont fiers de poser !

Tout comme à Jodhpur, les maisons sont peintes en bleu, ce qui avec le soleil éclatant rend le village fort beau. Quelques vaches placides déambulent tranquillement, les chiens eux, dorment à l'ombre.

Je suis éblouie par la grâce des femmes, par leurs sourires et leur port de reine, autant que par leur toilette. Elle est composée de trois pièces : une longue jupe froncée à la taille (ghagra), un petit boléro boutonné dans le dos (kanchli), ou un long chemisier ample (kurti) et un orhni, pièce de tissu posée de façon traditionnelle sur la tête ou en le laissant pendre sur une seule épaule.

Les hommes portent aussi le costume traditionnel : un turban, une longue tunique à col rond, boutonnée devant (achakan ou angrakhi), une bande de tissu serrée à la taille (dhoti), dont un pan passé entre les jambes, est fixé à la ceinture, ou pour certains un pantalon ample.


Jaipur, la Ville Rose et ses palais

Sur la route qui nous mène à Jaipur, nous serons encore témoins d'un accident mortel. Il faut dire que la circulation est dense, les voitures et camions nous doublent sans visibilité, et nous voici soudain arrêtés derrière une colonne de voitures ; ça court un peu dans tous les sens ! Au bout d'un moment nous descendons du car, au loin nous apercevons une voiture explosée au milieu de la route et deux gars qui prennent le conducteur sans trop de précaution, l'un par les pieds, l'autre par les bras. Ils le dépose par terre, il tressaute et soudain plus rien, sans doute est-il mort.

Nous discutons avec notre guide, il nous explique que c'est terrible car souvent les gens meurent faute de soins, pas de téléphone, pas de secours à proximité. J'espère que depuis 2005 ça s'est amélioré, mais je n'en suis pas sûre du tout. Un peu choqués par ce que nous venons de voir, nous reprenons la route pas rassurés du tout...
Quelques km plus loin, un bus est couché sur le bas côté de la route, mais les gens sortent un peu sonné, il semble que ce soit moins grave.

Lorsque nous arrivons à Jaipur, en fin de journée, je constate que la ville porte bien son nom de ville rose. Les façades des demeures, aux tons safranés, sont bien entretenues. Le royaume de Jaipur s'appelait autrefois Amber, du nom de son ancienne capitale, une cité forteresse. Cependant en 1727, le prince astronome Jai Singh II entreprit la construction de la cité de Jaipur, qui devint la capitale.

Ville des palais, nous allons en visiter quelques-uns : le Hawa Mahal appelé aussi le Palais des Vents, le City Palace, une ville dans la ville, puis à une dizaine de kilomètre, le fort d'Amber et enfin le Jantar Mantar, observatoire astronomique construit par Jai Singh II. Malheureusement, pas de photos de l'observatoire, suite à un problème avec mon appareil.

Le lendemain matin, de bonne heure, nous partons pour la visite de la ville. Les rues sont déjà très animées et c'est dans un concert de klaxons que nous avançons sur les trottoirs encombrés de charmeurs de serpents, de marchands, etc... Nous voici à présent devant le Palais des Vents. Tout comme le Taj Mahal, j'ai souvent rêvé du monument le plus célèbre de Jaipur. Il a la particularité de n'avoir pas d'épaisseur : derrière la façade se cache juste la profondeur des chambres. Sa façade à cinq étages est ornée de niches et compte neuf cent cinquante trois fenêtres incurvées qui permettent de capter les courants d'air auxquels l'édifice doit son nom. Construit en 1799, il fut conçu pour que les femmes du harem puissent assister au spectacle de la rue sans être vues.

En quittant Jaipur pour aller au Fort d'Amber, nous passons devant le Jal Mahal (palais de l'Eau), aujourd'hui abandonné. Romantique à souhait, il se dresse au milieu du lac Man Sagar dont les eaux vertes renvoient l'image de ses gracieux toits à auvents. Construit à la fin du XVIIIème siècle, ce palais d'été a été copié sur le fameux Jag Mandir d'Udaipur.


Amber, une citadelle imprenable

Lorsque nous arrivons à Amber, impossible de rater le fort et ses remparts juchés au sommet d'une colline, et dominant le lac Maota. Nous accédons à l'entrée en jeep. C'est assez folklorique, des marchands et de jeunes enfants s'accrochent au véhicule pendant la montée pour nous vendre leurs objets ou quémander quelques roupies.

La montée à dos d'éléphants était provisoirement interdite en 2005, suite à un accident mortel qui se produisit une quinzaine de jours avant notre départ de France. Un touriste belge et le cornac furent piétinés par l'éléphant qui les conduisait. Jusqu'en 2005, la maltraitance des éléphants d'Amber était une triste réalité : il faut savoir que les cornacs ne sont pas propriétaires de leur éléphant, ils appartiennent à des compagnies, certaines sans scrupules !
Les éléphants, par nature aiment travailler et pour rentabiliser ce "manège à touristes" ils n'hésitaient pas à "crever" ces bêtes en leur faisant faire des aller-retour toute la journée avec à chaque fois 4 personnes sur le dos à transporter. Les éléphants n’ayant pas de griffes pour s’accrocher, la route du Fort en forte pente les faisait souffrir. Ils étaient drogués pour éviter toute rébellion. Pire encore, le lieu où ils se baignaient n'était pas assez profond pour permettre l'accouplement... ce qui a entraîné d'autres révoltes d'éléphants, d'où des chaînes cloutées mises à de gros mâles. Puis vint le moment où les éléphants se rebiffèrent, il y eu plus d'une vingtaine de morts. Il parait que depuis, il y a eu une prise de conscience et que les pachydermes sont aujourd'hui mieux traités. Ils ne feraient plus que 3 aller-retour par jour avec 2 personnes à transporter. Souvent, bon nombre de touristes ignore les problèmes liés à la maltraitance des animaux domestiqués.

Reprenons notre visite du Fort. La dynastie Kachhwaha occupa le site dès le XIIe siècle. Le maharajah Duleh Raï s’en empara aux dépens de la tribu Meena et en fit sa capitale. Man Singh Ier agrandit la forteresse à la fin du XVIe siècle et Jai Singh Ier au XVIIe siècle, enrichis par le butin des batailles qu'ils menaient, firent construire puis embellir le palais d'Amber mêlant styles rajpoute et moghol.
Après avoir franchi Suraj Pol (la Porte du Soleil), imposante porte d’accès, nous découvrons le Diwan-i-Aam (salle des audiences publiques). Le Diwan-i-Aam est une salle ouverte et rectangulaire, dotée d’une double rangée de piliers en gré rouge et marbre blanc, de style akbarien, dont les supports sont sculptés en forme de têtes d’éléphants. On dit que la magnificence de la pièce aurait provoqué la jalousie de l'empereur moghol Shah Jahan et que Jai Singh Ier aurait fait recouvrir les colonnes de marbre par du plâtre. Ce revêtement ne fut retiré qu'en 1945.

Tout près de là, s'élève la non moins splendide porte de Ganesh Pol, considérée comme l'une des plus belles au monde. Cette porte mène à un joli jardin moghol, qu'entouraient jadis les appartements royaux (ceux aménagés par Jai Singh Ier). Décorée de peintures murales représentant des motifs floraux et des dessins géométriques, elle est surmontée d'une galerie ajourée de jali finement ciselés. L'effigie de Ganesh, le dieu porte bonheur, figure au centre.
Puis nous découvrons le Jai Mandir (salle d'audience privée) en marbre blanc, puis le Shish Mahal (salle des miroirs), dont les murs et plafonds sont entièrement recouverts de marqueterie de verres de couleur et de bris de miroirs. Au dessus du Jai Mandir, s'élève Jas Mandir (salle de Gloire), dont le mur est décoré de miroirs scintillants qui ont été rehaussés de bordures à la feuille d'or.
En passant de salle en salle, nous sommes éblouis par cet art décoratif et nous nous attardons un bon moment ! Il est conseillé de prendre un guide afin de ne pas se perdre entre les salles, les corridors, les jardins et surtout ne pas rater l'essentiel et le plus beau.

Il est temps pour nous de reprendre la route pour Jaipur afin d'aller visiter le City Palace.


Une ville dans la ville, le City Palace

Nous faisons une assez courte visite du City Palace, certaines salles superbes mais privées étant fermées aux touristes. Toujours occupé par la famille royale, le complexe du City Palace fut construit par le raja Jai Singh au coeur de sa nouvelle capitale. C'est l'un des plus imposants et magnifiques exemples d'art et d'architecture rajpoute. Certains édifices ont été aménagés en musée et sont ouverts à la visite. Le hall des audiences abrite deux immenses jarres de 345 kg en argent d'une contenance de 9 000 litres. Elles servaient à transporter l'eau du Gange nécessaire aux ablutions du maharajah Madho Singh II lors de son voyage en Angleterre en 1902. La résidence privée du maharadjah s'élève majestueusement sur sept étages, c'est Chandra Mahal, le Palais de la Lune. De la cour du hall des audiences, on accède à la galerie d'art, abritant une très belle collection d'enluminures et de miniatures des écoles mogholes ou encore perses du Rajasthan et quelques sièges à éléphants royaux. Plus loin, on peut voir le Sarhad ki Deorhi, dont l'entrée est une très belle porte de marbre encadrée d'éléphants. La famille royale expose au premier étage du Mubarak Mahal, l'exceptionnel costume régalien du maharaja Madho Singh Ier qui mesurait près de 2 mètres et pesait 250 kg ainsi que d'autres costumes et pièces tissées, serties de pierres précieuses.

Le Palais de la Maharani, épouse du maharadjah, accueille aujourd'hui une riche collection d'armes du Rajasthan datant du 15eme siècle dans le très beau décor peint des salles. Après nous être reposés un peu dans Pritam Niwas Chowh, la cour dite du "Bien-Aim", nous reprenons la route qui va nous conduire à Agra, mais là nous changeons de province. Nous ferons également un arrêt dans une fabrique de tapis, commerce oblige...



Il est indispensable de visiter ces deux villes pour se rendre compte de la richesse de l'architecture rajpoute et moghol du Rajasthan. Nous avons vu un aperçu de ces trésors mais il faudrait y consacrer plus de temps. Plusieurs voyages en Inde sont nécessaires je pense, car on ne voit jamais la même chose.

Voyage raconté par icare

Photos Carnet de voyage en Inde


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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Prendre son temps pour visiter le fort d'Amber
  • Aller voir le Palais des Vents, le matin de bonne heure pour éviter la cohue
  • Visiter le fort de Mehrangarh en fin d'après-midi pour faire de belles photos

Les moins...

  • Eviter si possible la montée au fort d'Amber à dos d'éléphant
  • Rester zen malgré l'insistance des vendeurs à Jaipur et Jodhpur
  • Attention, taxes sur caméscopes et appareils photos sur certains sites, ne pas essayer de resquiller car les gardiens ont l'oeil !

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