Il était une fois... le Pérou

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Ah le Pérou, quel voyageur n'a pas rêvé d'y aller ? Moi, mon rêve s'est réalisé un jour de novembre 2002 ; huit ans déjà mais quel souvenir inoubliable ! L'Amérique du Sud est un sous-continent fabuleux mais le Pérou est sans doute l'un des pays qui m'a le plus fasciné. Doté d'un patrimoine inestimable, j'ai été subjuguée par la culture inca, par son histoire coloniale sanglante, menée par les frères Pizzaro.
Amoureuse de la nature, j'ai été émerveillée par les superbes paysages andins et les montagnes enneigées. Ce circuit du Sud du Pérou m'a permis de voir des lieux aux noms évocateurs: le Machu Picchu, le lac Titicaca, Aréquipa, Santa Catalina, Cuzco...
Bien sur, si vous disposez de temps, vous pouvez très bien entreprendre un voyage en individuel mais je vous conseille quand même d'avoir recours aux services d'une agence locale, selon les régions que vous souhaitez visiter.
Une petite précision : les photos sont scannées car appareil photo argentique.

Photo de voyage au  Pérou

Voyage organisé au Pérou de 2 semaines (Novembre 2002) raconté par icare

Lima, capitale et ville des rois

Nous étions partis avec la compagnie espagnole Iberia, pas terrible. Une escale à Madrid, si vous le pouvez préférer un vol direct, mais depuis huit ans ça a dû évoluer en mieux peut-être.

Fondée et inaugurée le 18 janvier 1535 par le conquistador Francisco Pizarro, Lima, capitale du Pérou, s'appelait alors "Ciudad de los Reyes", la Ville des Rois. Enveloppée de brume, elle est située dans la vallée du Rimac, à quelques kilomètres de la côte Pacifique. J'ai trouvé que la ville avait un aspect assez triste, sans doute à cause de cette brume et de la pollution qui nous enveloppaient. Malheureusement, depuis des années, des paysans qui rêvent de meilleures conditions de vie affluent à la capitale et vivent dans des barriadas, des bidonvilles sans eau ni électricité.

Presque tous les monuments remarquables se trouvent dans le centre historique de la vieille ville coloniale, classée patrimoine mondial par l'UNESCO en 1991.
La cathédrale de Lima, construite au XVIIe siècle, est l'un des plus beaux exemples du baroque colonial à l'échelle continentale.
Il ne faut pas manquer de visiter le musée R. Larco Herrera qui appartient à un collectionneur privé. On y admire la plus fine collection de pièces en or et argent de l'ancien Pérou, des bijoux, des textiles, coupes et céramiques d´une richesse incomparable. On peut y voir plus de 60 000 pièces de céramique précolombienne, sans oublier d'aller faire un petit tour dans la salle des céramiques érotiques qui datent des civilisations Mochica et Chimu.
Un autre musée à ne pas manquer à Lima, c'est le musée de l'Or du Pérou: il appartient aussi à des particuliers. Il est considéré comme l'un des plus complets au monde. Il abrite des collections d'objets utilisés pour diverses cérémonies, des outils et bijoux en or incrustés de pierres précieuses. Il y a aussi des vêtements, tels que des ponchos recouverts d'or et des vêtements que portaient les nobles à l'époque coloniale. Au rez-de-haussée une impressionnante collection d'armes anciennes qui raniment les images sanglantes des combats qui suivirent l'arrivée de Pizzaro.

Nous déjeunons au bord de l'Océan Pacifique, dans un restaurant "La Rosa Nautica" qui trône fièrement sur un ponton au dessus des vagues, ce qui est très agréable.


Aréquipa, la Ville Blanche

Le lendemain départ en avion pour Arequipa. Changement d'altitude puisque la ville d'Arequipa est située à 2360m au lieu de 80m à Lima!

Isolée entre désert et montagne, à plus de 1.000 kms au sud de Lima, Arequipa, la deuxième agglomération urbaine du Pérou, est une ville opulente et le plus important centre intellectuel du pays. Ses maisons de pierres volcaniques d'un blanc étincelant sous des cieux ensoleillés presque toute l'année, lui ont valu le surnom de "Ville Blanche".

L'oasis d'Arequipa est dominée par un groupe de volcans, dont le Misti (5.822m), le Pichu Pichu (5669m) et le Chachani (6.075m), le plus élevé de tous. La ville moderne fut fondée le 15 août 1540 par Garcí Manuel de Carbajal, un émissaire du conquistador espagnol Francisco Pizarro. Un an plus tard, Charles V d'Espagne l'élève au rang de ville et lui confère les armes qu'elle conserve toujours aujourd'hui. Son centre-ville au cachet colonial unique a été déclaré "Patrimoine Culturel de l'Humanit" par l'UNESCO en 2000. Après l'indépendance péruvienne de l'Espagne, entre 1833 et 1834, l'écrivaine française Flora Tristan visita Arequipa dans le but de rencontrer la famille du côté de son père. Flora Tristan était la fille du diplomate péruvien Mariano Tristán y Moscoso. En 1838, elle publia à Paris les souvenirs de son voyage sous le titre "Pérégrinations d'une paria". Elle décrit dans ce livre la réalité aréquipénienne de cette époque.


Le couvent Santa Catalina

Fondé en 1580 par une riche veuve, doña Maria Alvarez de Carmona y Guzman, et ouvert en 1970 après quatre siècles d'isolement total, le couvent Santa Catalina abritait jadis près de 450 religieuses et 500 employées. Les critères de sélection étaient très stricts: seules les filles cadettes (les aînées étant vouées à se marier) de riches familles aristocratiques et purement espagnoles pouvaient devenir novices. Une dot de 1000 pesos or devait être remise à la Communauté. Les recluses pouvaient conserver leur train de vie et disposer d'une à quatre servantes ou esclaves chacune. Elles pouvaient également continuer à recevoir et à organiser des réceptions.

En 1871, le pape envoya donc une émissaire, soeur Josefa Cadena, une nonne dominicaine stricte pour restaurer quelque peu la discipline. Les servantes qui souhaitèrent sortir y furent autorisées et les religieuses commencèrent une vie de recluses, plus conforme à leur ordre.

En 2002, seules 24 religieuses y vivaient encore. Si vos pas vous mènent un jour jusqu'à ce lieu magique et mystique, prenez un guide pour bien découvrir l'histoire de cet étrange couvent.


Puno, capitale folklorique à 3 828m d'altitude

Le lendemain, nous devions reprendre un vol intérieur pour Puno et le lac Titicaca. Mais vers 17 heures, le guide nous annonce que nous ne pourrons nous y rendre car le vol est annulé suite à un mouvement de grève.Ne pas aller au lac Titicaca, impossible ! Nous lui demandons de partir en car, mais refus catégorique de sa part au motif que la route est trop longue et surtout trop dangereuse de nuit. Nous sommes catastrophés.
Finalement, face à notre mécontentement, il téléphone à son agence et la décision est prise de partir. Mais attention 5/6 heures de route dans le froid et sans aucun arrêt possible pendant le trajet, nous dit-il de mauvaise humeur! Quand j'y repense, quel voyage!
Au fur et à mesure que la nuit tombe, le froid s'installe et pas de chauffage dans le car. La nuit est noire, la route déserte. De temps en temps, nous traversons des petits villages mais pas d'arrêts. Nous sommes transis, personne ne discute. Moi dans mon coin je me dis: "si on tombe en panne, bonjour..." On grimpe en altitude, le soroche commence à se faire sentir pour certains d'entre nous. Enfin on arrive vers 1h du matin, on s'installe vite fait dans notre chambre d'hôtel à Puno, morts de fatigue mais heureux quand même! Inutile de vous dire que le réveil fut difficile!

La ville fut fondée le 4 novembre 1688 par le vice roi Conde de Lemos sous le nom de San Carlos de Austria. Les prêtres espagnols s'y installèrent pour évangéliser les indigènes et de belles églises y furent édifiées. C'est aujourd'hui une zone agricole et d'élevage où l'on voit d'immenses troupeaux de lamas et d'alpagas. C'est aussi un lieu réputé pour ses fêtes folkloriques, en particulier la fête de la Vierge de la Chandeleur qui se déroule en février. Puno est également le port péruvien le plus important du lac Titicaca. Située à 3828 mètres d' altitude, la ville compte plus de 100000 habitants.


Titicaca, un mystérieux lac sacré

Le coeur de l'Altiplano, c'est le lac Titicaca, à 3822 mètres au dessus du niveau de la mer. A en croire bon nombre de guides, il s'agit du lac navigable le plus haut du monde. En réalité c'est le 2ème, le lac Junin, dans les Andes péruviennes, est à 4000 mètres d'altitude. Quoiqu'il en soit le lac Titicaca m'a toujours fait rêver, sans doute parce que gamine, il y a maintenant 48 ans, j'avais vu un film présenté dans mon collège par un voyageur. Selon la légende, le premier Inca, Manco Capac, serait sorti des eaux avec sa femme et soeur, Mama Ocllo, sur les ordres du Dieu-Soleil pour fonder le royaume inca de Tahuantinsuyau.

Nous embarquons à Puno sur un bateau à moteur, direction les iles Uros sur le lac Titicaca. Cette visite permet de découvrir un mode de vie unique où les femmes portent des chapeaux melon, où les hommes tricotent eux-mêmes leurs bonnets multicolores, où le mode de vie semble inchangé depuis bien longtemps, alors que la réalité est malheureusement bien différente. Le lac est partagé entre le Pérou et la Bolvie et des 2 côtés les eaux sont polluées, y compris par certains touristes! Alors qu'on l'imagine généralement à l'abri de toute pollution, serti dans un écrin naturel d'exception, ses berges sont aujourd'hui encombrées de détritus en tous genres, et les dégâts sont considérables. La dégradation biologique du lac est telle que les bancs de poissons qui hantaient habituellement les berges parsemées de roseaux ont disparu. Les eaux de la lagune, autrefois potables, ne le sont plus et il a été nécessaire de creuser des puits. Les vaches, qui paissent sur les îles du lac et dont le lait est utilisé pour fabriquer un fromage localement très apprécié, sont atteintes de la douve du foie, un ver parasite très pathogène. Elles n'en meurent pas, mais perdent leurs poils et diminuent leur rendement en lait, donc en revenus.

J'ai effectué ce voyage en 2002, qu'en est-il maintenant de ce lac? Je n'ose imaginer qu'un jour prochain sa population, déjà faible ait disparue.

Sur ces îles, tout est (ou était) bâti en tatora, une sorte de jonc: les maisons, les écoles et jusqu'au sol lui-même.
En dehors de la confection de toutes sortes d'objets en roseau, leurs habitants vivent de la pêche, de la chasse aux oiseaux et de la récolte de plantes lacustres.

Nous aurons la chance de faire une balade sur un joli balsa, bateau fabriqué lui aussi en jonc. Quel bonheur de glisser sur cette mer intérieure aux eaux d'un bleu intense, bordée de culture en terrasses et surmontée de sommets enneigés.
Nous dormirons à l'hôtel Libertador Isla Esteves et apprécierons un superbe lever et coucher de soleil sur le lac, depuis notre chambre.

Ne pas oublier crème solaire et lunettes de soleil car le soleil tape fort malgré l'air.


Sallustini, nécropole des Collas et des Incas

Réveil de très bonne heure à cause du lever de soleil sur le lac Titicaca et du site que nous allons découvrir. Là encore, je puis vous assurer que nous ne l'avons pas regretté, mais nous allons encore grimper! Après 40 minutes de car, nous arrivons à Sillustani, site archéologique pré-inca, situé sur les rives du lac Umayo à 4 000 mètres d'altitude. Il est important d'arriver tôt vers 6h/6h30 du matin pour bénéficier de couleurs magnifiques.

Nous sommes saisis par la beauté mystérieuse du lieu. Nous sommes seuls, pas un bruit. Pas un nuage dans le ciel, une lumière éblouissante, les eaux du lac d'un bleu intense, quelle beauté étonnante!

Il s'agit d'un site funéraire, constitué de tombes en forme de tour appelées "chullpas". Ces dernières ont été bâties par le peuple Colla, des Aymaras qui seront conquis par les Incas au XVe siècle. Elles conservent les restes de plusieurs individus, certainement regroupés en famille (jusqu'à dix individus) et accompagnés d'offrandes. La plupart d'entre elles ont été pillées alors que d'autres n'ont pas été achevées.

A cette altitude l'air devient rare et soudain j'ai des nausées, puis un violent mal de tête, c'est donc ça le soroche.
"Ne pas trop bouger, s'économiser", me souffle le guide. Lorsque je redescends pour rejoindre le car ça va déjà mieux. Seul remède, de la tisane de mate coca, mais pour rien au monde je n'aurai voulu rater ça!


Traversée de l' Altiplano en train

Le lendemain matin, départ à bord du train des Andes pour la traversée de l'Altiplano, où nous allons découvrir des paysages superbes pour rejoindre Cuzco.

J'adore voyager en train lorsque je suis dans un pays étranger au mien, on y fait souvent de jolies rencontres et ça permet de voir des paysages qu'on ne verrait pas toujours par la route. Quel plaisir d'embarquer à bord de ce train bleu d'une autre époque! Il ne fait pas de vitesse et nous laisse le temps de déguster un "vrai" café dans une tasse en porcelaine. Les wagons sont équipés de bancs dans le sens de la longueur pour être face au paysage grandiose qui défile sous nos yeux, tel un livre d'images.

Au Pérou, on appelle la Puna (haut plateau) également Altiplano; l'oxygène s'y fait rare, l'altitude varie entre 2500 et 4500 mètres. D'immenses et vastes étendues y alternent avec les majestueux sommets de la Cordillera Real et leurs neiges éternelles.


Cuzco, capitale inca et ville coloniale

Cuzco, n'est pas seulement la capitale de l'empire inca, le Tahuantinsuyo, le nombril du monde, situé à 3400 mètres d'altitude. C'est aussi la capitale archéologique de l'Amérique, le cœur de la Vallée Sacrée des Incas, une cité qui offre une quantité incroyable de trésors aux touristes venus du monde entier. D'ailleurs, Cuzco, ou Cusco comme on la nomme là-bas, ou bien Qosqo dans la langue quechua, a été déclarée Patrimoine Culturel de l'Humanité par l'UNESCO.

La grandeur de l'empire inca commence réellement avec l'arrivée sur le trône du grand empereur Pachacutec ou Pachacuti (celui qui fait tourner la terre) aux environs de l'année 1438. Pachacutec ne fut pas seulement un grand conquérant. C'était un remarquable administrateur et il put expulser du territoire inca les redoutables Wari Chankas ou Huari Chancas, et reconstruire Cuzco. Le développement de la capitale a atteint son apogée avec Huayna Capac en 1493, peu de temps avant l'arrivée des conquistadors espagnols.

Les espagnols, menés par Francisco Pizarro, arrivèrent à Cusco le 15 novembre 1532, Pedro del Barco et Hernando de Soto étant les premiers à mettre les pieds dans la capitale inca. A partir de ce moment, le tracé de la ville a beaucoup changer, les espagnols construisant églises, palais et demeures coloniales sur les fondations des anciens édifices incas.

En 1650, un autre événement allait changer la physionomie de la ville, un tremblement de terre qui allait détruire une grande partie des constructions coloniales, les murs encore restant des édifices incas ne bougeant pas.

Après la visite des principaux monuments, il fait bon se balader en haut de la place d'Armes, près de la cathédrale.
De nombreuses arcades coloniales, des espaces verts et des petites ruelles lui donne un certain charme.


Forteresses et sanctuaires de la Vallée Sacrée des Incas

Nous voici, à partir de Cuzco, au centre de la Vallée Sacrée des Incas. A quelques kilomètres de la Capitale Inca, des édifices et des villages méritent vraiment le voyage. On s'y rend sans problèmes avec les nombreux bus ou mini-bus que comptent la ville de Cuzco. Il est même possible de se rendre à pied à certains endroits comme à la Citadelle de Sacsayhuaman, la forteresse qui protégeait la grande Cité des Incas. Q'enko et ses galeries creusées dans la roche mérite aussi le détour, tout comme Tambomachay (les Bains de l'Inca) ou Puca Pucara.

Nous commençons par la découverte des ruines de la forteresse de Sacsayhuamán en quechua inca. Construite à l'origine dans un but défensif, elle est située à 3700 m d'altitude. Elle a la forme d'une tête de puma, animal sacré dans la cosmologie inca. Sa construction dura 70 ans et nécessita le travail de plus de 20.000 hommes pour amener les pierres des carrières situées à 20 kilomètres de Cuzco, les tailler et les assembler. Elle est composée de trois remparts parallèles longs de 600 m, disposés en zig-zag, lesquels sont constitués de blocs monolithiques (le plus grand mesure 9 m de haut, 5 m de large et 4 m d'épaisseur, pour un poids d'environ 350 tonnes) parfaitement assemblés et encastrés les uns dans les autres. La technique utilisée pour transporter et assembler de telles masses reste un mystère. Il faut savoir que ces civilisations ne connaissaient pas la roue! Les enceintes, qui mesurent à peu près 360 m de long, sont reliées par des escaliers et des portes trapézoïdales.
La forteresse était garnie de trois tours dont il reste les fondations :
- La tour ronde de Muyomarca abritait l'Inca et sa cour pendant les périodes de méditation et de jeûne.
- Celle de Paucamarca avait une fonction religieuse et était vouée au culte du Soleil. Sa base au sol est constituée d'un cercle de pierres d'une douzaine de mètres de diamètre et d'une structure en étoile dont la signification n'est pas éclaircie. D'après la légende, elle était reliée au temple du Soleil par un réseau de galeries souterraines.
- Celle de Sullamarca était réservée à la garnison et abritait des dépôts de nourriture, d'armes et de vêtements.

Après cette fabuleuse visite nous allons à Puca Pucara, la "Forteresse Fouge", en raison de la couleur de la roche à la lumière du soleil couchant mais dont il ne reste pas grand chose aujourd'hui et qui n'est guère visitée.
Il s'agissait d'une construction militaire, dressée sur une colline sur une des routes d'accès à la capitale. Elle servait de halte à l'Inca quand il se rendait aux bains de Tambomachay. Des murs imposants protégeaient la forteresse et dominaient les terres environnantes.

Puis à deux pas du site archéologique de Puca Pucara, nous découvrons Tambomachay, appelé " le bain de l'Inca". Il s'agit d'une source sacrée, encastrée dans des blocs de pierre où l'empereur venait s'adonner aux cérémonies de l'eau. Les fontaines superposées où le précieux liquide jaillit à gros bouillons cristallins, font de ce lieu un havre magique dans l'aridité ambiante. Tambomachay recèle deux fontaines toujours fonctionnelles et plusieurs niches qui auraient pu servir d’abris aux gardes de l’Inca ou pour des offrandes. Dans le but de préserver le site, l'accès à la construction est désormais restreint. Il demeure possible de l'observer à partir du bas où une zone de visite a été aménagée.

Enfin ce sera Q'enko qui était consacré au culte du Puma (dieu de la guerre). Nous découvrons, tout d'abord, une énorme masse rocheuse naturelle mais le plus intéressant est en dessous. On ne connaît pas le vrai nom de cet ensemble, et ce sont les conquistadors espagnols qui l'ont nommé ainsi. Q'enko veut dire labyrinthe en quechua, et c'est en voyant le dédale de galeries et de chambres souterraines de ce centre que l'on comprend cette dénomination. On pense qu'il a pu abriter la tombe de l'Empereur Pachacutec. Mais on peut penser également que Q'enko était une immense nécropole. On y a en effet retrouvé une grande quantité de momies à cet endroit.


Machu Picchu, la cité perdue des Incas

Le lendemain, une journée riche en émotions nous attend. Depuis Cuzco, le train nous mènera à travers la magnifique vallée de l'Urubamba, jusqu'à Aguas Calientes et de là une navette nous déposera au pied du Machu Picchu, qu'on ne voit pas de suite. On peut aussi accéder au Machu Picchu via différents chemins de randonnée. Le plus emprunté, le chemin de l'Inca, est soumis à un contrôle strict et ne peut être effectué qu'avec une agence de voyage.
Nous arrivons pour l'ouverture du site et c'est temps mieux car comme vous pourrez le constater sur les photos il n'y avait pas trop de touristes à cette époque.

A 2 430 m d'altitude, dans un site montagneux d'une extraordinaire beauté, au milieu d'une forêt tropicale, je la découvre enfin cette cité perdue, inconnue des conquistadors espagnols. Il va falloir grimper maintenant!

Elle a probablement été la création urbaine la plus stupéfiante de l'Empire inca à son apogée: murailles, terrasses et rampes gigantesques sculptent les escarpements rocheux dont elles paraissent le prolongement. Le cadre naturel, sur le versant oriental des Andes, fait partie du bassin supérieur de l'Amazone, riche d'une flore et d'une faune très variées.
Difficile d'expliquer ce que j'ai ressenti, regardez les photos et voyez l'atmosphère qui s'en dégage. On pense aujourd'hui que la ville a été construite sous le règne de l’empereur Pachacutec, peut-être en 1440. L'emplacement de Machu-Picchu dut impressionner le monarque par ses particularités spécifiques à l'intérieur de l'aire géographique sacrée de Cusco.
Machu Picchu dut avoir une population variable comme la majorité des llactas incas: entre 300 et 1000 habitants appartenant vraisemblablement à une élite. Le travail agricole était effectué par des colons mitmaqkuna qui venaient de différents lieux de l'empire.

Les incas construisirent là de nombreux centres administratifs, les plus importants étant Patallacta et Quente, et des complexes agricoles avec des cultures en terrasse. Machu Picchu dépendait de ces complexes pour son alimentation mais ceux-ci étaient insuffisants. La communication entre les régions était rendue possible grâce au réseau formé par les huit chemins incas qui allaient à Machu Picchu. La petite cité se différenciait des populations voisines par la singulière qualité de ses grands édifices.

À la mort de Pachacutec, et selon les coutumes royales incas, Machu Picchu passa à son panaca, qui devait destiner les rentes produites au culte de la momie du défunt ro. On présume que cette situation se serait poursuivie sous les règnes de Tupac Yupanqui (1470-1493) et Huayna Capac (1493-1529).

Machu Picchu dut perdre en partie son importance à cause du désintérêt des empereurs successifs et aussi à cause de l'ouverture d'un chemin plus sûr et plus large entre Ollantaytambo et Vilcabamba (Vallée de Amaybamba).
Nous passons la journée entière sur le site jusqu'à la fermeture et c'est avec regret que nous reprenons le train dans la soirée qui nous ramène à Cuzco. Bercée par son mouvement, et dans le noir, je repense à cette fabuleuse journée.


Au coeur de la Vallée Sacrée, Pisac et les salines de Maras

Une route de montagne escarpée et sinueuse nous conduit à Pisac, un joli village situé à 32km de Cuzco, célèbre pour les ruines d'une forteresse inca et son marché.

Písac (qui s'écrit aussi Pisaq), situé à 2972 m, est un district de la province de Calca, région de Cuzco. Le village est connu pour ses marchés du dimanche, mardi et jeudi qui attirent nombre de touristes venus de Cuzco. La place centrale est dominée par un grand arbre appelé pisonay. Písac a été construite sur des fondations pré-colombiennes par le vice-roi Francisco de Toledo. On peut assister à une messe en quechua parmi la population locale et les varayocs (caciques).

Le site archéologique inca de Písac est l'un des plus importants de la Vallée sacrée des Incas. Malheureusement, faute de temps nous ne le visiterons pas. Le marché de Pisac est très animé. Tous les fruits et légumes qui poussent dans les hautes vallées andines se retrouvent ici. Les paysans indiens cultivent méticuleusement leur lopin de terre. Les moyens techniques dont ils disposent sont très archaïques. La production est fort modeste. Depuis 1972, une réforme agraire a rendu en partie la terre ancestrale, propriété des grandes fermes ou "haciendas" foncières, aux communautés indiennes constituées en coopératives agricoles.

Les indiens du Pérou, comme leurs frères de Bolivie et des autres pays andins, sont très attachés à leurs coutumes. Ils portent fièrement le costume et tous les attributs traditionnels: chapeaux de feutre emblème national du peuple indien, bonnet de laine, poncho ou "manta" et sandales en cuir de lama. Ils continuent à parler le quéchua, 2ème langue officielle après l'Espagnol.

Nous reprenons la route pour découvrir un spectacle unique: les salines de Maras, impressionnantes de blancheur!
Le site est placé dans un canyon encaissé qui débouche dans la Vallée Sacrée des Incas, dans lequel jaillissent deux sources d'eau salée, qui coulent depuis des siècles, restes des immenses dépôts de sel marins, à une époque où cet endroit se trouvait sous les eaux, avant la croissance de la Cordillère des Andes.

Depuis des siècles, les familles indiennes de la région, se transmettent par héritage, ces milliers de bassins (plus de 4 000) où se dépose ce bien si précieux qu'est le sel gemme. Le sel était aussi important pour les Incas que pour les Européens. Il constituait un élément important de conservation des aliments, un moyen d'échange avec d'autres cultures, mais servait aussi comme offrande aux dieux.

Vues d'en haut, les salines offrent un spectacle incroyable: des terrasses de sel scintillantes de blancheur, suspendues sur les flancs de la montagne.

Les conditions de travail y sont très pénibles!


Ollantaytambo, une forteresse militaire inca

Notre périple péruvien prend fin par la visite de l'imposante forteresse d'Ollantaytambo, située à 2750 mètres d'altitude.
La route goudronnée qui traverse la Vallée Sacrée des Incas se termine ici.

Situé au fond de la Vallée Sacrée, Ollantaytambo réunit un superbe site archéologique datant de l'époque Inca, avec des terrasses de cultures, des maisonnettes, un complexe religieux, notamment l'impressionnant assemblage de 6 énormes blocs de porphyre rose dans la partie haute de la structure. Ceux-ci auraient été amené depuis le somment de la montagne de l'autre côté du fleuve Urubamba. Ils furent hissés jusqu'à la partie haute de la forteresse, poussés et tirés sur des plans inclinés par des centaines d'hommes. Ollantaytambo joua un rôle dans la résistance qu'opposa Manco Inca face aux Espagnols. De par sa situation stratégique, sa fonctions était de protéger la capitale des attaques des Antis, et de sécuriser les chemins allant vers l'Antisuyo. La cité était extrêmement bien fortifiée, entourée de murailles imprenables.

Ollantaytambo est célèbre également pour une histoire écrite au XVIe siècle, et représentée au théâtre en 1780. L'histoire raconte les amours conflictuelles entre le général Ollanta et Cursi Coyllor, la fille de Pachacutec. Ollanta se distinguait des autres généraux pour son courage et sa grande habileté, mais il du quitter la ville, déçu de ne pas pouvoir aimer la jeune femme qui n'était pas de sa classe sociale. Ollanta poussa le peuple à la rébellion contre l'armée impériale, provoquant une guerre qui dura une décennie. Mais le général rebelle fut capturé, trahi par son capitaine Rumiñahui, et amené à Cuzco devant Tupac Yupanqui. Celui-ci voulut bien écouter son histoire et finalement, décida de le libérer en l'acceptant comme compagnon pour sa sœur.



Un pays fabuleux mais une bonne condition physique est nécessaire pour pour visiter le Pérou. Il faut beaucoup marcher, monter et descendre. Il est conseillé de consulter son médecin avant de partir, et même avant de vous inscrire, si vous avez des problèmes respiratoires ou de la tension. Le "mal de la Cordillère", appelé le soroche est à prendre au sérieux. En effet, il peut provoquer des maux de tête, des sifflements d'oreilles, des crampes, des palpitations.
Ah, j'allais oublier de vous parler du pisco: c'est une boisson nationale alcoolisée, de l' eau de vie de raisin, on y ajoute du jus de citron, surmonté d'un blanc blanc d'oeuf battu et d'une pincée de cannelle. Pas mauvais, mais attention toutefois de ne pas en abuser car en altitude, ce cocktail monte vite à la tête.

Voyage raconté par icare

Photos Carnet de voyage au Pérou


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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Couvent Santa Catalina
  • Macchu Picchu, tôt le matin (à l'ouverture si possible)
  • Les forteresses et sanctuaires de la la Vallée des Incas
  • Les musées de Lima
  • De bonnes chaussures, un coupe vent, une polaire, des lunettes de soleil, une bonne crème solaire et des vêtements plus légers aussi

Les moins...

  • Pas moins de 2 semaines sur place
  • Attention aux différences de température en altitude entre le jour et la nuit

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