Itinérance à Sao Vicente et Santo Antao

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Pendant une semaine, j'ai pu randonner sur l'île verte de Santo Antao, changeant tous les jours de paysage, des cultures à l'Atlantique la plupart du temps sur les chemins muletiers aux marches de hauteur assez conséquente ; en terminant par une journée sur l'île de Sao Vicente, passant de milliers de nuances de verts à de la roche basaltique étendue telle un lac au pied du volcan...

Photo de voyage au  Cap-Vert

Trekking au Cap-Vert de 1 semaine (Mars 2011) raconté par Laeti91

Sao Vicente en semaine, et transfert sur Santo Antao

Mardi 15 mars, nous prenons le 1er avion, d’environ 75 places, pour l’île de Sao Vicente et sa capitale Mindelo, 2ème ville du Cap Vert (80 000 habitants). Nous profitons d’un jour de semaine pour visiter :
- Le marché aux poissons : rougets, mérous, barracudas, murènes, thons blancs,…
- Le marché aux légumes : choux, tomates, bananes (les bananes vertes sont cuisinées comme légumes), piments, carottes, plantes médicinales, salades,…
- Le marché artisanal, avec en bordure des maisonnettes des gravures représentant la vie à Mindelo au milieu du 19ème siècle (début du peuplement de l’île). Ces gravures ont été offertes par la mairie de Porto.
- Le bâtiment des expositions, avec des photos sur le carnaval de Mindelo, qui avait eu lieu la semaine précédente.

Après un déjeuner en terrasse d’un restaurant où nous commençons notre cure de poissons par du mérou, il nous reste 1 heure pour nous balader dans les rues de Mindelo, le quartier militaire, le port, la plage.

En milieu d’après-midi, il est temps de prendre le bateau, sorte de bac, afin d’effectuer la traversée maritime jusqu’à l’île de Santo Antao, sur laquelle se déroulera notre trek. Santo Antao est l’île la plus extrême et la plus montagneuse de l’archipel du Cap Vert.

Une fois débarqués à Porto Novo, nous prenons un aluguer qui suit un bout de temps la route côtière avant de s’enfoncer vers le centre de l’île. Le paysage change, passant de l’aridité à la verdure. L’aluguer nous arrête en bout d’un petit village où un panneau nous indique que la pension où nous serons logés pour 2 nuits n’est accessible qu’à pieds. Tandis que des porteurs du village se chargent de nos bagages, nous montons chez « Les Belges », comme tout le monde les appelle sur Santo Antao : 2 femmes, une Belge et une Française aidée de son mari cuisinier, tiennent la pension en plus d’animer l’école maternelle pour les enfants des villages alentours le matin lorsque les touristes sont partis randonner ou visiter.

Après un apéritif local au punch et le dîner, nous regagnons nos lodges pour la nuit.


Du cratère de Cova aux cultures de la vallée de Paul

Nous partons ce matin pour notre 1ère journée de randonnée. Après avoir rejoint le village, notre aluguer nous conduit par la Corda, route principale de l’île, au cratère de Cova, point de départ de la randonnée. Malheureusement comme bien souvent compte-tenu de la position géographique de l’île, les nuages s’accrochent au relief, nous empêchant de voir le cratère. Ce sont cependant ces mêmes nuages qui offrent à l’île de Santo Antao humidité et verdure. Nous passons le col à 1 300m d’altitude sous la bruine afin de passer du côté de la vallée de Paul.

Nous avons 77 virages à descendre sur le chemin muletier de pierres glissantes. A certains moments, furtivement puis de plus en plus souvent au fur et à mesure de la descente, les nuages se dissipent, sous laissant entrevoir puis admirer le superbe panorama sur toute la vallée de Paul jusqu’à l’océan, son patchwork de cultures à nos pieds, et ses milliers de nuances de verts différentes.

Au bout de la descente, parmi les cultures maraîchères et de canne à sucre, nous arrivons au village agricole de Cha De manuel Dos Santos, au cœur de la vallée. Une pause déjeuner nous attend chez Honorine, qui nous a préparé le plat national, la catchupa, à base de pois chiches, choux, carottes, pommes de terre, manioc, igname, chorizo.

L’après-midi, nous reprenons notre randonnée entre chemins de terre, chemins de pierres et bordures de ruisseaux irrigant les cultures où la moindre parcelle de terre arable est utilisée pour la canne à sucre, les légumes, le café, les fruits… Nous traversons de petits villages aux bougainvilliers colorés, puis un chemin nous ramène chez « Les Belges », qui une fois encore nous ont préparé de la succulente cuisine capverdienne.


Randonnée côtière atlantique, entre falaises et villages

Nous partons en aluguer pour le village pêcheur de Punta Do Sol, où des thoniers se préparent à quitter le port dans une mer agitée.

Aujourd’hui, le paysage est totalement différent, car nous marchons pendant 17 kms le long de la côte nord-est de l’île, sur le chemin des douaniers. Nous montons et descendons au rythme des circonvolutions, entre falaises, Atlantique et villages. Le relief est accidenté, la côte au vent a été sculptée au fil des temps par l’océan. Une petite plage de sable noir nous permet de descendre, et appelées par l’eau, nous sommes quelques courageuses à ôter nos chaussures afin d’apprécier la fraîcheur de la mer, qui, avec ses fortes vagues, finit rapidement par nous surprendre et nous tremper jusqu’aux cuisses…

Le sentier des douaniers nous conduit jusqu’à un port de pêche qui paraît se situer au bout du monde, à Guzinha Da Garca. Nous sommes logés en pension en bord de mer, et assistons au coucher du soleil, vers 19h. Nous faisons honneur au thon blanc fraîchement pêché.


De la vallée de Mocho à la Grande Ribeira, un milliard de couleurs vertes

Notre 3ème journée de randonnée nous offre un 3ème type de paysage. Nous laissons très rapidement l’océan derrière nous, pour remonter la vallée de Mocho.

A 350m d’altitude, nous atteignons le petit village de Selada De Mocho. Nous poursuivons notre ascension jusqu’au col Ladeira Da Garca, à 720m d’altitude. Le panorama est superbe, la vue est très dégagée, jusqu’à l’Atlantique. Nous pique-niquons au col, afin de profiter au maximum du paysage, avant de changer de vallée au passage du col, et de redescendre dans la Ribeira vallée, parmi plantes grasses, maisons isolées et chèvres.

Nous rejoignons la route et attendons notre aluguer qui nous amène à Ribeiro Grande, 2ème ville principale de Santo Antao après Porto Novo. Après quelques courses nécessaires pour le pique-nique du lendemain, nous remontons en aluguer à Cha de Pedra, petit village niché au creux d’une vallée agricole, entouré de trapiches (distilleries de rhum).

Nous arrivons pour le début de la fête de la San José, qui durera tout le week-end. Au programme, musique tant capverdienne qu’internationale, danse, jeux de loterie, courses de chevaux,… le tout copieusement arrosé de grog. Nous n’y ferons qu’un rapide saut après le dîner, où maquereaux et grillades de porcs furent excellents.


Dernière ascension, au rythme des mules

C’est déjà la dernière journée de randonnée sur l’île de Santo Antao… et la plus dure : au programme, 1 000m de dénivelé, de 300m à 1 300m d’altitude, en continuelle montée par un chemin muletier jonché de nombreuses marches qui peuvent atteindre des hauteurs assez conséquentes.

Nous cheminons de trapiches en trapiches, et quittons rapidement le dernier village, croisant les habitants endimanchés pour la cérémonie religieuse de la San José. Les enfants, n’ayant pas école le samedi, sont employés à faire des allers-retours entre les champs de canne à sucre et les habitations, portant les récoltes sur leur dos.

Peu à peu, nous nous enfonçons dans la brume et le panorama est caché. Nous franchissons le col vers midi, et déjeunons avant de passer dans la vallée suivante. Le paysage change subitement, devant plus « vosgien », sous un soleil de plomb.

Nous rejoignons le village de Lin de Covo, sur le plateau de Cova, où nous retrouvons notre aluguer qui nous redescend sur Porto novo. Ayant marché à une bonne allure ce matin pour l’ascension (le principe de l’âne et la carotte !), nous avons le temps d’aller à la plage pour une baignade bien méritée. Les courants sont forts, nous empêchant de trop nous éloigner du bord, mais la température de l’eau est tout à fait acceptable et il est très facile d’y rentrer grâce aux vagues. Le temps de se sécher, et il est temps de rejoindre le port pour la traversée de Porto Novo à Mindelo, beaucoup plus houleuse qu’à l’aller.

De retour sur le plancher des vaches, nous nous installons à l’hôtel et allons dîner dans un restaurant de différentes spécialités de poissons tout en écoutant un concert de musique et chants capverdiens, dont la célèbre Sodade.


Volcan de Calhau, sur l'île de Sao Vicente

Ari nous a organisé une excursion sur l’île de Santo Vicente. En effet, le dimanche, Mindelo est ville morte, comme nous pouvons le constater en allant faire un tour en milieu de matinée. Rien de comparable avec l’animation du mardi passé, aujourd’hui tout est fermé !

Nous retournons donc à l’hôtel et attendons 11h30 qu’Ari vienne nous chercher en aluguer afin de nous mener à Calhau, 1 000 habitants, village au nord de l’île. Un restaurant propose du poulpe pour le déjeuner.

Ensuite, nous partons randonner autour du cratère du volcan de Calhau, aujourd’hui éteint, dont la dernière éruption date de 1951. Nous avançons dans la roche basaltique en bordure de l’océan, les vagues venant se jeter contre la côte formée par les coulées de lave. La végétation commence à repousser par endroits, mais nous distinguons encore bien la forme des coulées de lave. Une fois le tour du cratère terminé, nous descendons à la plage (Praïa Grande) pour une baignade très surveillée à cause des forts courants et des rochers à proximité.

En fin d’après-midi, nous retournons à l’hôtel en faisant une pause par la seule épicerie ouverte de Mindelo, afin d’acheter… punch et grog !

Nous prenons notre dernier repas de poissons dans un restaurant en bord de la plage de Mindelo.

A 21h, un aluguer nous conduit à l’aéroport où nous prenons un petit avion pour Praïa. Le transfert Praïa/Paris aura lieu le lendemain après une nuit passée à l’hôtel à Praïa.



De superbes paysages, d'un décor à un autre, pour varier les plaisirs de la randonnée. Les îles au vent nous offrent un panel de couleurs et une diversité de paysages qui nous font revenir les yeux plein d'images délicieuses

Voyage raconté par Laeti91

Photos Carnet de voyage au Cap-Vert


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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Goûter tous les jours un poisson différent, ils sont tous excellents !
  • Avoir des chaussures montantes, les chemins sont glissants !
  • Varier la côte et les hauteurs

Les moins...

  • Voir Mindelo le dimanche, tout est fermé !

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