Le massif du Hoggar en randonnée chamelière

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Pourquoi le Sud algérien ? En cette période de nombreux bouleversements politiques, cette région épargnée reste dans le calme des caravanes touaregs.
Notre semaine va nous conduire vers l’ermitage du Père Foucault, au rythme de la caravane chamelière, dans une ambiance silencieuse, à la recherche de gravures et peintures préhistoriques datant de 4000 ans avant Jésus-Christ, et les soirées au coin du feu où nous apprenons de notre guide les origines des populations touaregs, et leur devenir malheureusement si menacé par la civilisation moderne.

Photo de voyage en  Algérie

Trekking en Algérie de 1 semaine (Janvier 2007) raconté par Laeti91

Jour 1 : l'accueil touareg

Dès l’arrivée à l’aéroport de Tamanrasset, ville isolée de tout, nous partons pour un rapide transfert en 4x4 sur la piste unique et mauvaise, au pied du pic "Adaouda" (le doigt) où nous retrouvons notre équipe et leurs chameaux : Intayent, le guide, ses deux fils (un cuisinier, l’autre chamelier), et les neuf dromadaires dont un petit indiscipliné, qui participe au trek pour la première fois.

Les trois touaregs nous accueillent par une excellente salade et les trois thés musulmans : le premier peu sucré « amer comme la vie », le second très sucré « doux comme l’amour », le troisième à la menthe « suave comme la mort ».

Nous partons ensuite pour notre première randonnée dans le désert, jusqu’à notre lieu de bivouac où nous montons les tentes pour la nuit.


Jours 2 et 3 : Akar Akar et ascension de l’Assekrem

Nous débutons notre randonnée plein nord en direction des sommets de l'Akar Akar. Le chemin s'élève le long de ce massif volcanique de pierres noires. Nous montons notre bivouac peu avant l’oued Assidje. Le lendemain, nous prenons la direction de l’Assekrem, but de notre randonnée, au milieu du Hoggar. Nous traversons les gorges de l’oued Tamanrasset, au pied du Oul, et notre inoubliable guide nous mène après quelques escalades aux premières peintures rupestres de notre trek, second objectif du voyage, je le précise. Le soir, nous arrivons en bas du plateau de l’Assekrem, et nous commençons l’ascension en fin de journée, afin d’assister au coucher du soleil, d’une beauté saisissante. Au sommet, se trouve l’ermitage du Père De Foucault.

Pour l’Histoire, ordonné prêtre à Viviers, Charles de Foucault décide de s'installer dans le Sahara algérien, à Béni-Abbés. Il ambitionne de fonder une nouvelle congrégation, mais personne ne le rejoint. Il vit avec les Berbères et développe un nouveau style d'apostolat, voulant prêcher non pas par les discours, mais par son exemple. Afin de mieux connaître les Touaregs, il étudie pendant plus de douze ans leur culture, publiant sous un pseudonyme le premier dictionnaire touareg-français. Les travaux de Charles de Foucauld sont une référence pour la connaissance de la culture touarègue. Le 1er décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son ermitage. Il est très vite considéré comme un saint.


Jour 4 et 5 : La Taessa et ses gravures rupestres

Nous laissons notre caravane pour explorer les couloirs du massif de granit rose de la Taessa (massif de granit rose) à la recherche de peintures et gueltas oubliées (dépressions ou une cuvettes où l'eau s'est accumulée à la faveur d'une crue, de l'alimentation par des sources). De nombreuses gravures rupestres nous laissent sans voix.

Le soir à l’arrivée au lieu du bivouac dans l’oued, le chamelier et le cuisinier creusent un trou d’environ un mètre à la recherche d’eau, afin de permettre l’hydratation des dromadaires qui n’ont rien bu depuis 5 jours, ainsi que des outres.

Le lendemain, toujours avec nos neuf dromadaires dont les bosses sont à nouveau bien remplies, nous continuons la traversée de la Taessa, toujours entre peintures et gueltas. Le soir, nous arrivons à l’Adrar Adjen « La grande montagne » qui nous promet un très beau coucher de soleil.


Jour 6 : la Taguella, récompense de la randonnée

Nous contournons l’Adrar Adjen et arrivons sur le plateau Tassa Nigra, « Le ventre du ciel ». Le paysage change, pour ressembler plus à un paysage de savane. Nous campons dans un oued, et le cuisinier nous prépare la taguella, pain du désert cuit dans la cendre. Pour mieux illustrer mes propos, je vais me permettre de faire référence au Père Charles de Foucault, qui a décrit la préparation de la taguela ainsi dans son dictionnaire français-touareg : « Pour faire une taguella, on verse dans une écuelle de la farine et de l'eau et on les mêle avec une cuillère jusqu'à ce qu'il forme un liquide homogène ayant la consistance d'une sauce moyennement épaisse ; on fait un feu à un endroit couvert de sable et propre ; quand le feu n'a plus de flammes et qu'il ne reste que des braises, on écarte un peu celles-ci, de manière à laisser à découvert, ou seulement couvert de quelques cendres, le sable du sol ; dans ce sable chaud ou ces cendres chaudes, on pratique un creux rond, de 4 à 5 centimètres de profondeur et de largeur telle qu'il puisse contenir le mélange de farine et d'eau ; on verse ce mélange dans le creux ; on le dessèche légèrement à la surface en faisant passer à peu de distance au-dessus de lui pendant un court moment la flamme d'herbages en feu, ; puis on recouvre le pain de cendres, et on met un lit de braises au-dessus des cendres. Quand on estime le pain suffisamment cuit dans sa partie supérieure, on écarte les braises et les cendres, on retourne le pain, et on le couvre de nouveau de cendres surmontées de braises pour que la partie qui reposait précédemment sur le sable cuise à son tour ; quand elle est cuite, on retire le pain des cendres et on le lave à grande eau : il est prêt à être mangé. »


Jour 7 : retour à Tamanrasset

Nous longeons l’oued sur une bonne distance, pour rejoindre notre point de rendez-vous. La boucle est bouclée !!! En milieu d’après-midi, après les adieux à Intayent et ses deux fils, nous nous rendons en 4x4 jusqu’à Tamanrasset. Nous sommes logés en camping, cela fait une semaine que nous ne nous sommes pas douchés, mais malheureusement nous arrivons dix minutes après un groupe de retraités ayant fait du 4x4 pendant quelques jours dans les Tassilis… et qui utilisent toute l’eau du camping pour leur douche et laver leurs affaires !!! Ce sera donc un filet d’eau froide qui nous attendra, mais tant de souvenirs nous font passer outre ce désagrément ! Le soir, un couscous gargantuesque nous est préparé dans un restaurant de Tamanrasset.



Beaucoup d’émotions dans ce voyage de par les discussions le soir que nous pouvions avoir avec Intayent, qui nous a beaucoup parlé du peuple touareg, de sa vie dans les caravanes et des regrets qu’il peut avoir de voir petit à petit cette civilisation s’installer dans les villes algériennes.
Pour ma première rencontre avec le désert, j’ai apprécié l’ambiance silencieuse et la beauté des gravures et peintures rupestres, encore bien protégées du tourisme car peu connues et accessibles difficilement pour certaines. Un voyage qui fait réfléchir sur la vie d’il y a des milliers d’années…

Voyage raconté par Laeti91

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  • La caravane chamelière plutôt que le 4x4
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  • La taguella et les salades, un régal !

Les moins...

  • Visiter Tamanrasset

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