Voyage dans la vallée de l'Omo dans le sud de l'Ethiopie

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L'objectif de ce circuit, qui ne peut se réaliser qu'en voyage accompagné depuis Addis Abéba, est d'aller visiter les villages des tribus de la vallée de l'Omo. Je pensais voyager en Afrique, mais en réalité j'ai découvert une autre planète!

Photo de voyage en  Éthiopie

Voyage organisé en Éthiopie de 3 semaines (Décembre 2012) raconté par indianajohn78

Lac Ziway

A la sortie de l'aéroport d'Addis Abeba, je fais la connaissance des participants du groupe, de Wendy, le guide francophone, de la cuisinière qui préparera nos repas, et des 3 chauffeurs qui répartiront les 8 touristes dans les 3 véhicules 4x4.

Nous suivrons, la vallée du Rift vers le sud pendant trois jours, jusqu'au parc de Nechisar, avant de bifurquer vers la Vallée de l'Omo.

La première étape, c'est le lac Ziway. Sur les berges, des pécheurs découpent le résultat de leur pêche. Attirés par les déchets de poissons rejetés par les pécheurs, des marabouts, des ibis sacrés, des pélicans, des hérons, des poules d'eau, affluent pour se nourrir sans grands efforts.

Habituellement la photographie d'oiseaux sauvages nécessitent des heures de patience et des mètres de téléobjectifs, mais ici, les oiseaux ne sont nullement effrayés, tant la symbiose entre les hommes et les volatiles est proche, ici.


Villages Welayta et Dorzé

Nous nous éloignons progressivement de la zone urbaine d'Addis Abeba. Sur la route vers Arba Minch, le paysage devient savane. Nous faisons une courte pause dans un village Welayta, puis plus loin, dans un village de montagnards Dorzé, culminant à 2600m d'altitude. Les cases de ces deux peuples, sont construites en pisé et recouvertes d'un toit de chaume. Les toits des habitations Dorzé, ont la particularité d'être coniques.

Dans chacun des 2 villages, nous visitons une case. Le mobilier est modeste; un foyer, des peaux de vaches pour dormir, une étagère sur laquelle quelques assiettes sont fièrement exposées. Dans la case Dorzé, des vaches cohabitent, mais elles sont séparées de l'habitation par une simple cloison.


Le marché de Chencha et le lac Chamo

Depuis Addis le paysage est plat, peu de montagnes à l'horizon, et pourtant nous culminons entre 2200 et 2700m d'altitude. Nous roulons sur le grand plateau Ethiopien.

Près d'Arba Minch, en partant vers le lac Chamo, les portes de l'Afrique authentique s'entrouvrent sur l'incontournable marché de Chencha en pays Dorzé. Il se tient le lundi et le jeudi. Ce marché, que nous trouvons pourtant typique et coloré, nous paraîtra bientôt bien fade lorsque nous aurons atteint les villages de la vallée de l'Omo.

Le lac Chamo.
C'est en pirogue à moteur que nous allons observer la faune qui habite ce lac. Nous croisons un pécheur qui relève ses filets, en équilibre sur sa frêle embarcation. Quand je dis frêle, si vous observez bien la photo, ce n'est pas un euphémisme! Je tremble pour lui à la vue d'une colonie d'hippopotames qui batifolent à quelques dizaines de mètres de nous. Au loin des centaines de pélicans roses attestent l'abondance de poissons dans ces eaux.

Nous terminons la journée par la visite du "crocodile market". Notre embarcation pénètre dans un chenal étroit, au départ duquel un aigle pécheur monte la garde. Sur chacune des rives, se prélassent des dizaines de crocodiles, dont les plus gros peuvent atteindre 6m de long.


Le parc national Nechisar

La faune d'Ethiopie n'est pas aussi riche que celle du pays voisin; le Kénya. L'intérêt du parc animalier que nous visiterons, le parc Nechisar, se limitera à un troupeau de zèbres. Nous n'avons pas eu la chance d'apercevoir la gazelle de Grant, ni le grand koudou. Mais c'est sur la route du retour que nous verrons une plus grande variété d'animaux tels que des singes, des pintades sauvages, des antilopes, une autruche et un dik-dik qui resta figé pendant quelques minutes sur la piste, devant la voiture, ne sachant pas de quel coté fuir.

Le dik-dik est probablement la plus petite antilope du monde, puisque qu'elle ne mesure que de 30 à 40cm à l'épaule et ne pèse que de 3 à 5kg.


Un village Konso

C'est à partir d'ici que nous nous écartons de l'Afrique traditionnelle pour décoller vers une autre planète. Nous pénétrons dans le village Konso, par un étroit chemin délimité par des haies de branchages. A part quelques hommes réunis autour d'un jeu local, nous ne verrons que des enfants, les lieux semblent désertés par les adultes dans la journée.

Les cases sont très proches les unes des autres, elles sont construites de pisé, de branchages et recouvertes d'un double toit de chaume. Ce dernier est surmonté d'une poterie en terre cuite dont j'ignore la signification. Des huttes plus petites servent de greniers à grains. Au centre du village se trouve une grande case communautaire et la place des fêtes.


Les marchés de Key Afer et de Dimeka. Peuples Banna et Hamer

Dorénavant, faute d'hôtel, nous dormirons dans les campings, sous la tente.

C'est au marché de Key Afer que nous observerons pour la première fois les femmes et les hommes des ethnies Banna et Hamer qui vivent dans la région. Les Banna et les Hamer ont un aspect très similaire.

Les femmes comme les hommes, ont un sens très poussé de l'esthétique. Les femmes s'enduisent le corps et leur chevelure tressée, d'huile et d'argile. Elles se couvrent les hanches d'une peau de vache, portent de nombreux bracelets en étain, des colliers de perles multicolores et de coquillages blancs.

Les hommes portent sur la tête, un bandeau de perles et une pièce de tissu de couleur, entoure leur taille. Ils portent avec élégance, à la main, un appui-nuque et une canne. L'appui tête a deux fonctions, la première permet de supporter la nuque en position couchée, afin d'éviter d'abimer leur coiffure très sophistiquée. En second usage, il peut servir aussi de tabouret.


L'incroyable peuple Mursi

Les Mursi vivent en périphérie du parc de Mago, près de la rivière Omo. C'est un moment fort du voyage. En plus du guide et des chauffeurs, nous sommes accompagnés par un militaire en arme. Les Mursi on une réputation particulièrement belliqueuse avec les villages voisins. Des vols de bétail ou des enlèvements de femmes pourraient encore exister. Certains possèdent une kalachnikov.

Les femmes de caste élevée ont le "privilège" de porter des ornements labiaux en forme de disques plats en terre cuite, d'où leur nom de "femmes à plateau". Avant l'âge de 10 ans, après l'extraction des incisives inférieures, la lèvre est perforée pour y placer une cheville de bois. D'année en année on y place des plateaux en terre cuite de diamètres de plus en plus grands. Plus tard, la taille du plateau déterminera le montant de la dot!

Quant aux hommes, une fois par an, les célibataires se mesurent dans des combats, armés de longues perches, pour montrer leur courage. Les jeunes filles choisiront parmi les vainqueurs, leur futur époux. Les Mursi se décorent le corps avec de petits cailloux qu'ils introduisent sous la peau.


L'étonnant peuple Karo

C'est au bout d'une longue piste au cœur du parc national du Mago, que nous atteignons un village du peuple Karo. C'est un peuple sédentaire vivant à proximité du fleuve Omo. Ils compteraient environ 1000 individus.

Comme les Mursi, les Karo se décorent la peau avec petits cailloux qu'ils introduisent dans des scarifications. Les femmes (autrement dit, les dames de Karo) se parent d'une brindille, d'une fleur ou d'une plume insérée dans un trou percé sous la lèvre inférieure. Bien qu'ils ne le montrent pas ostensiblement, il semblerait qu'ils soient aussi armés pour faire face aux éventuels conflits interethniques.


L'original peuple Dassanetch

Depuis Omorate, proche de la frontière kényane, c'est à bord d'une embarcation creusée dans un tronc d'arbre, que nous traversons le fleuve afin de rejoindre le village du peuple Dassanetch. Ils seraient 24 000 réparties dans cette région fertilisée par le fleuve.

La plupart des cases sont construites avec des matériaux de récupération, dont des plaques de tôle, des pièces de tissus et des feuilles de carton. La visite des cases est une épreuve pour nous, car l'entrée très étroite n'est pas adaptée à la stature des occidentaux et encore moins aux articulations arthrosées! (Voir photo)


La spectaculaire cérémonie de l'Oukouli chez les Hamer, à Turmi

A Turmi, nous pénétrons dans une région très aride, où vivent les Hamer. Là, Nous allons assister à une cérémonie non prévue, celle de l'Oukouli.

Chez les Hamer, l'Oukouli est une cérémonie d'initiation qui accompagne le passage d'un adolescent à l'âge adulte. Le jeune homme, nu, doit franchir quatre fois de suite, un groupe de zébus disposés flancs contre flancs, sans tomber. S'il réussit, il sera un homme et pourra se marier. S'il échoue, il sera alors la risée du village, humilié, voire battu par les femmes. Cependant un second essai pourra lui être accordé.

Un troupeau de zébus est amené par les femmes sur le site de la cérémonie. L'une d'elles a la charge de garder le cheptel groupé, pendant que les autres, défilent en cercle dans une ambiance de cris et de coups de trompes. Puis elles se rassemblent en cercle pour sauter en rythme, au son des cornes et des grelots fixées sur des bracelets entourant leurs chevilles.

A l'écart, quelques hommes, se décorent mutuellement le visage avec des minéraux pilés de différentes couleurs.

Ma première impression est celle de me trouver sur un plateau de tournage de film. Ce n'est pas le cas bien sûr, mais je suis un peu étourdi par ce spectacle anachronique.

Flagellations volontaires.
Soudain, c'est le choc! En marge des danses, une femme en transe, sollicite un jeune homme muni d'une badine flexible. Lorsque ce dernier se lève, elle se fige devant lui, debout, un bras levé, impassible. Le coup attendu, claque. Alors elle s'en retourne, fière de montrer son acte de courage auprès de la communauté féminine. Un peu plus loin, deux autres femmes se disputent "l'honneur" d'être flagellées. Pourtant, les flagellateurs ne semblent pas vraiment motivés pour accomplir ce rituel violent. Dans le groupe des danseuses, certaines arborent fièrement, dans leur dos, des scarifications récentes.


Le souriant peuple Arboré

Ils sont environ 6500 à vivre dans une région aride et plate (paradoxalement sans arbres !!) à proximité de la frontière kényane. Ils se concentrent dans une étroite bande de terre, fertilisée par des inondations saisonnières du fleuve Weito, sur laquelle ils cultivent le Sorgho. Mais ils se considèrent plus comme des pasteurs pour élever des vaches, des moutons et des chèvres. Ils furent longtemps en conflit avec les Hamer.


El Sod

Sur la route du retour vers Addis Abéba, une petite randonnée nous conduit près d'un lac salé, peu profond, formé dans le cratère d'un ancien volcan.

C'est le peuple Borena qui a le monopole de l'extraction du sel. Que d'autres tribus ne s'avisent pas à le récupérer à leur place, sous peine de sanctions! Ces hommes travaillent nus. Ils doivent s'immerger complètement pour atteindre le sel qui, malheureusement, attaque les yeux et la peau. Certains, se mettent des bouchons dans le nez.

Le sel est, ensuite, séché au soleil. Selon la saison, le sel peut être noir, dans ce cas il sera réservé à la nourriture animale, ou blanc, il sera vendu pour la consommation humaine.



Jamais un voyage ne m'a paru aussi dépaysant. J'étais loin de penser qu'il pouvait exister encore de nos jours des peuples aussi attachés à leurs coutumes ancestrales, hélas, parfois barbares à nos yeux. Ce pays, semble sorti des années de famines qui ont décimé la population, à cause des conflits notamment avec l'Erithré et des sécheresses successives. Bien que ce pays reste très pauvre, je n'ai pas constaté de signes de malnutrition dans les villages.

Voyage raconté par indianajohn78

Photos Carnet de voyage en Éthiopie


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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Suivre les conseils du guide concernant les photos rapprochées des gens (portraits)
  • Les stylos, sont appréciés des enfants, car ils ne sont pas fournis par l'école
  • Changez l'argent en ville, en petites coupures avant de visiter la vallée de l'Omo. Consultez le guide.
  • Emporter un sac de couchage (Un 5°C suffit en décembre) la nuit il fait frais en altitude. A utiliser aussi bien à l'hôtel qu'en camping.
  • Les repas cuisinés avec des produits achetés sur les marchés par la cuisinière accompagnante, sont excellents

Les moins...

  • Le voyage individuel dans la vallée de l'Omo n'est pas possible. Les villages décrits ne sont accessibles qu'avec un guide
  • Rien de particulier à déconseiller

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