Un voyage fleuri : Les Jardins Albert Kahn

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Je vos propose un voyage végétal et fleuri autour du monde, plus particulièrement au Japon, avec la visite des jardins d'Albert Kahn, situés à Boulogne Billancourt, dans les Hauts de Seine.
Visite effectuée en mai 2008.

Photo de voyage en  Île-de-France

Voyage en Île-de-France de 1 week-end (Mai 2008) raconté par icare

Albert Kahn

Banquier et mécène, Albert Kahn né en 1860, fut un artisan passionné de la paix et du dialogue entre les peuples. Ami du philosophe Bergson et du sculpteur Rodin, il fréquentait l'élite intellectuelle et artistique de son temps et considérait l'information et la communication comme des moyens nécessaires à une analyse lucide de la société.

En 1893 il s'installe à Boulogne Billancourt. Quinze ans lui seront nécessaires pour faire aménager 4 hectares de jardins qui illustrent sa conception du monde.

Chaque parcelle symbolise l'identité d'une culture. Autour du jardin à la Française, le visiteur découvre une mosaïque de jardins de styles différents: anglais, japonais, forêt vosgienne, forêt dorée, forêt bleue, marais...

Le krack boursier de 1929 porte un coup fatal à la fortune du banquier et à la réalisation de son oeuvre. Ses biens sont peu à peu saisis.

En 1936-1939, la préfecture de la Seine rachète sa propriété, qui appartient depuis 1964 au département des Hauts de Seine.

Albert Kahn est décédé en 1940.

En 1989, le département des Hauts-de-Seine a souhaité rendre hommage à la vie et à l’œuvre d’Albert Kahn par la création d’une œuvre paysagère contemporaine. Ce jardin japonais, conçu par le paysagiste Fumiaki Takano, est une métaphore de la vie d’Albert Kahn.

Un nouveau jardin japonais a été implanté à la place de celui qu’Albert Kahn avait créé en 1908-1909. Il ne subsiste plus rien de l’ancien jardin excepté le grand cèdre de l’Himalaya et le hêtre pleureur sur le petit îlot, les deux ponts, ainsi qu’un portique en bois donnant sur le verger.


Le village japonais

Un village, composé d’un pavillon de thé et de deux maisons traditionnelles, transporte le promeneur dans cette partie de l’Asie chère à Albert Kahn. Il a été restauré en 1989, dans le respect de son esprit d’origine, d’après les autochromes prises entre 1910 et 1930.

Le jardin japonais est un jardin de formes, où chaque végétal a sa place et dans lequel le vide participe à la composition de l’espace. La recherche de contrastes renforce la mise en scène esthétique du paysage. Les roches et les végétaux sont harmonieusement répartis pour reconstituer un paysage nippon.

Les petites dimensions du village lui confèrent une intimité certaine : au premier plan, les arbustes sont mis en valeur par la taille. Éparpillés dans le jardin, des végétaux sont modelés à l’image de la pierre.

Une "mer de mousse" des "îles de rochers", une "cascade d’azalées": les végétaux et les minéraux sont autant de possibilités artistiques et symboliques pour représenter en miniature le paysage japonais. L’art de figurer l’eau par des minéraux (sable, gravier ou petits cailloux) est un des principes les plus remarquables du jardin japonais.


Le jardin anglais : la recherche de naturel

La composition paysagère est ici entièrement guidée par la recherche de naturel : arbustes et arbres non taillés, gazon vallonné, bulbes fleurissant au printemps. Une rivière s’écoule dans un bassin surmonté d’une rocaille qui évoque une falaise. Un petit cottage souligne le caractère pittoresque de la scène.


Le Jardin français et le verger-roseraie

Hommage au classicisme du XVIIe siècle. En 1895, Albert Kahn fait appel aux prestigieux paysagistes Henri et Achille Duchêne pour créer une toute première scène : celle du jardin français et du verger-roseraie. Cet ensemble, comme toutes les œuvres des deux célèbres créateurs, est un hommage au classicisme du XVIIe siècle dans le jardin français et à l’art du jardin de la Renaissance dans la roseraie.


Les forêts : bleue, dorée, vosgienne

La forêt bleue et le marais : spontanéité des paysages naturels.

Cette forêt réunit des arbres d’Afrique et d’Amérique : cèdres de l’Atlas et épicéas du Colorado. À travers leurs branches hérissées d’épines bleues, on distingue peu à peu le marais. Il s’agit de deux petites mares artificielles autour desquelles poussent de nombreuses plantes aquatiques comme les iris d’eau et les nénuphars.

La forêt dorée et la prairie : une nature libre tout en contraste.

Cette partie du jardin doit son nom aux bouleaux pleureurs qui prennent en automne une teinte jaune et or très lumineuse. Des plantes vivaces ou annuelles se mêlent à des herbes hautes.
La prairie, où la priorité est donnée aux couleurs et aux formes végétales, s’inspire d’un mouvement né à la fin du XIXe siècle en Angleterre. Elle marque la recherche d’une nature libre. Constituée de multiples plantes sauvages, elle contraste et s’harmonise avec les parterres réguliers et monochromes du jardin français.

Du printemps au début de l’été, des plantes vivaces ou annuelles : reines-marguerites, campanules, liseron, digitales pourpres, bleuets, géraniums des bois, coquelicots et ancolies offrent un éphémère tableau coloré. Au moment de leur épanouissement, ces fleurs se mêlent aux herbes hautes et font disparaître presque entièrement le sentier. Ici et là, elles jettent des pointes de couleurs diverses que les autochromes, telles un tableau impressionniste, restituent de manière particulièrement séduisante.

La forêt vosgienne : une invitation au voyage dans la région des Vosges.

Le caractère remarquable de ce jardin réside dans l’évocation de vastes paysages sur une petite surface. La "forêt vosgienne" en est une parfaite illustration: en effet, sur 3 000 m², elle reproduit un espace qui, dans la région des Vosges, occupe près de 800 000 hectares. Au coeur de l’Île-de-France, cette scène sylvestre est une invitation au voyage.

La forêt vosgienne, créée sur une parcelle acquise en 1902, est directement liée à la vie d’Albert Kahn, originaire de la ville de Marmoutier dans le Bas-Rhin. Il a souhaité reconstituer, là, un décor montagneux, chargé de souvenirs d’enfance volés par la guerre de 1870. Les deux versants, lorrain et alsacien, du massif des Vosges y sont aujourd’hui représentés.


Le jardin japonais contemporain

Parcours de l'eau : allégorie de la vie d'Albert Kahn.

L’axe de la vie démarre avec une pyramide de galets blancs provenant des rivières proches de Chamonix. Elle monte vers le ciel et, de sa base, s’écoule un torrent, allégorie de la naissance d’Albert Kahn en 1860.

Les pierres rendant le parcours tumultueux sont à l’image de l’enfance difficile d’Albert Kahn qui subit, à dix ans, la mort de sa mère et la défaite de la France contre la Prusse.

L’étang principal est bordé d’une plage de galets noirs et blancs. Cet espace lumineux et plein de mouvement symbolise la jeunesse et la grande période des réussites, sur le plan financier mais aussi philosophique, d’Albert Kahn.

Au bout de la "plage", une fontaine circulaire d’eau bouillonnante évoque le virage spirituel, le nouveau sens qu’Albert Kahn a donné à son existence. Au bord de l’eau, des empilements de galets roses représentent les Archives de la Planète.

L’eau passe ensuite sous le pont rouge, réplique du pont sacré de Nikkô. En face du pont, sur l’autre rive, apparaît le troisième axe de composition: l’élément féminin, évoqué par le hêtre pleureur (Fagus sylvatica ‘Pendula’), et l’élément masculin, représenté par le cèdre de l’Himalaya (cedrus deodara), qui rappellent tous deux l’importance des êtres humains dans la vie de Kahn.

Le cours d’eau se resserre ensuite brusquement, évoquant le krach financier de 1929 et la ruine d’Albert Kahn, également matérialisés par les fondations d’un château fort japonais, en granit rose taillé, suggérant une forteresse en ruine.

Avant de parvenir à un pont couleur lie-de-vin, nous apercevons, sur une petite île, un jardin zen composé d’un espace sec de gravier blanc, de roches et de deux petites pyramides qui terminent l’axe de la vie.

Le cours d’eau termine son parcours dans une large cuvette sphérique en pierres noires, pailletée de feuilles d’or. Au centre, l’eau tourne en spirale avant de disparaître. Cet endroit évoque la mort d’Albert Kahn en 1940.

Cependant, grâce à un système de pompage, l’eau retourne à la cascade, d’où elle repart pour un nouveau cycle. Outre le symbole bouddhiste de la réincarnation, on peut aussi y voir celui de la transmission des idées de Kahn aux générations futures.



Une très jolie balade qu'on peut faire toute l'année mais plus particulièrement au printemps et à l'automne. Un musée permet aussi d'admirer une exposition permanente et des expositions temporaires.

Voyage raconté par icare

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