Découverte du Portugal - 2016

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Fraîchement inscrit sur le site, il est temps maintenant de vraiment me lancer dans l'arène avec le récit de mon périple au Portugal, effectué en solo entre juin et juillet 2016. Porto, le Douro, la Serra da Estrela, la côte, l'intérieur du pays... Vous verrez qu'on va beaucoup bouger, pour finir en beauté avec la merveilleuse capitale portugaise, Lisbonne!
Après Lisbonne, je m'envole pour quelques jours vers la sublime île de Madère; mais je préfère découper l'intégralité de mon trip en deux carnets distincts.
Let's go, quand vous êtes prêts on y va!!

Photo de voyage au  Portugal

Voyage chez l'habitant au Portugal de 3 semaines (Juin 2017) raconté par bentec

Arrivée au Portugal: Porto

C'est la première fois que je vais au Portugal. Pour situer le pays, rien de compliqué: vous voyez l'Espagne? Le pays à sa gauche, qui borde l'océan Atlantique, c'est lui. Il fait partie de la Péninsule Ibérique. Il est divisé en plusieurs régions, auxquelles on peut ajouter les régions autonomes de Madère et des Açores.

Langue officielle: le portugais, mais l'anglais et le français sont bien parlés et compris dans les grandes villes (en rase campagne, c'est moins évident!). Attention, il y a un décalage d'une heure entre le Portugal et la France: midi en France, 11h au Portugal!

Eh bien, me voilà à Porto, je descends à la station de la gare de São Bento. Et ça commence sur les chapeaux de roues, elle est incroyable cette gare! Les murs du hall de la gare sont recouverts d'azulejos, ces petits carreaux de faïences que j'avais déjà rencontré en Andalousie, et qui se sont développé au Portugal par après.

Première impression sur la deuxième ville du pays: la ville s'étage sur plusieurs niveaux, la cathédrale se profile au loin, mais les rives du Douro ne sont pas encore visibles. Beaucoup de circulation aussi, et de nombreux drapeaux portugais accrochés aux fenêtres et balcons. C'est vrai, je tombe en plein Euro 2016! Le "vieux Porto", ce sont des rues pavées (parfois casse-gueule, ces pavés..;), en pente, bordées de maisons accolées, étroites et assez hautes (souvent 4 étages, parfois même 5). De temps en temps, du linge sèche à un balcon. Bien que certaines soient décorées d'azulejos, d'autres ont moins fière allure et sont parfois délabrées et à l'abandon.

La Torre dos Clerigos, cette tour de 76 mètres de haut, est la plus haute église du Portugal. On peut monter au sommet pour jouir d'une vue panoramique sur Porto et le Douro. Attention, c'est super étroit pour y grimper!

Un peu plus loin que la Torre dos Clérigos, l'igreja do Carmo (église des Carmes) affiche la plus grande façade d'azulejos de Porto. Tout près, les départs des vieux tramways proposent des balades en ville. Mais pour ça, j'attends d'être à Lisbonne. En descendant par la Rua das Flores, piétonnière et très agréable, j'atteins la cathédrale (Sé en portugais) à travers un lacis de ruelles minuscules où le linge est mis à sécher sur des fils attachés de part en part des maisons. D'aspect massif, elle fait plutôt penser à une forteresse, et ne gagnera certainement pas le prix de beauté des cathédrales!

Le lendemain matin, en route pour le quartier de la Ribeira (la ville "basse") et les rives du Douro. Le Douro prend sa source en Espagne; en entrant au Portugal, il prend alors toute sa splendeur dans la vallée du Douro avant de traverser Porto et de se jeter dans l'océan Atlantique.
La Ribeira, c'est un dédale de ruelles anciennes, sinueuses et étroites, et les maisons bigarrées, parfois quelque peu décrépites, bordent la rive droite du Douro.

Des ponts impressionnants franchissent le Douro; entre autres, le pont Dom Luis I, construit au 19ème siècle NON PAS par Gustave Eiffel mais par son disciple Théophile Seyrig; 385m de long pour 45m de haut. Il possède deux niveaux: l'inférieur est utilisé par les voitures et les piétons, le supérieur pour le tram, mais les piétons y ont accès aussi. Et quelle vue de là-haut!

VIDEO le funiculaire et le pont Dom Luis à Porto :
https://www.youtube.com/watch?v=X5oDIcLbdck


Vila Nova de Gaia et le vin de porto

Il est temps maintenant de se rendre ''en face'', sur la rive opposée du Douro, à Vila Nova de Gaia. Et la meilleure façon c'est en franchissant le pont Dom Luis I par sa partie supérieure, d'où la vue sur Porto et ses innombrables toits rouges est sublime!

Le nom de Vila Nova de Gaia est moins connu que sa voisine d'en face, et pourtant c'est là que se trouvent les nombreux chais où vieillit et est mis en bouteilles le vin portugais le plus célèbre: le PORTO! De nombreuses caves (une bonne quinzaine) de certaines grandes marques, d'autres moins connues, sont ouvertes à la visite: Graham's, Taylor's, Croft, Ramos Pinto, Sandeman (oui, le mec au chapeau)...

Pour ma part, j'en ai visité deux: Graham's et Croft. Visites guidées autour des tonneaux et des barriques, tout cela suivi de la touche finale magique: la dégustation!

Le soir, je me balade au hasard dans le vieux Porto et entre dans un petit resto local qui fait un peu cafétaria. Je prends une "francesinha". Comment expliquer? C'est comme un croque-monsieur "customisé": tranches de pain avec morceaux de bœuf, mortadelle et parfois saucisse, recouvert de fromage fondu genre gruyère, le tout nappé d'une sauce piquante et encore recouvert d'un œuf! Voilà la bête! Accompagné d'une bonne bière, ça cale bien. Bonnes petites bières, au Portugal; les deux grandes marques sont super Bock (plus dans la partie nord) et Sagres dans le sud.


La vallée du Douro, jusqu'à Pinhão

Ce matin, je retourne vers l'aéroport pour prendre possession de ma voiture de location qui m'accompagnera durant 8 jours.
Avant de rejoindre le Douro et sa vallée, il faut se farcir quelques portions de voies rapides, sur une distance de 20 km. Au bout d'une heure le Douro apparaît enfin, je vais d'abord le longer sur sa rive droite. Oh, il n'a pas encore l'allure majestueuse qu'il arbore lors de sa traversée de la vallée viticole, mais au fil de la route, ses bords vont se couvrir d'arbres, son cours dessiner de larges méandres au milieu d'un relief qui va commencer à devenir plus montagneux. Des bateaux de croisière le sillonnent, soit remontant son cours, soit descendant sur Porto.

Petit "stop" à Lamego, une petite ville sympa avec un centre ancien et une petite rue qui monte vers le vieux chateau. Sa cathédrale n’est pas immense, mais possède un portail sculpté et un joli cloître.
Mais le “must” de Lamego, c’est le Santuário de Nossa Senhora dos Remédios (“Notre-Dame-des-Remèdes), accessible via un monumental escalier de 600 marches; les murs de soutènement de ces escaliers sont ornés d’azulejos. La montée peut être éprouvante par temps chaud, mais quelle vue plongeante sur la ville!

Je vais maintenant rejoindre la vallée par des petites routes à travers les vignobles, certains sont très en pente et nécessitent encore les vendanges manuelles plutôt qu’à la machine. Aux environs de Lamego, je visite une quinta, une exploitation viticole, au bout d'un petit chemin en surplomb du Rio Távora, jolie petite rivière et affluent du Douro.

La route de Peso da Régua à Pinhão est un délice; on peut souvent quitter la route principale longeant le fleuve pour profiter des miradors installés en surplomb de la vallée, et profiter de vues panoramiques incroyables. Et j’arrive à Pinhão, petit village qui s’étale le long du Douro, dans lequel une petite rivière se jette. Je mange un morceau ici, dans un petit bar, face à la petite gare qui déborde d’azulejos.

Je quitte Pinhão par une petite route qui monte, monte, je m’arrête quelques instants à Casal de Loivos, un vrai village viticole tout en haut de la vallée, avec des rues pentues et grossièrement pavées; à peine 1 km plus loin, voici mon point de chute, une petite chambre d’hôtes dans le minuscule village de Vilarinho de Cotas. Là, je ne suis vraiment entouré que de vignobles, ondulant à perte de vue; et ce petit village, composé d’une longue et unique rue moitié pavée moitié chemin de terre, et de quelques sentiers dans les vignobles, est d’une tranquillité absolue! A un endroit, on voit même un bout du Douro au loin! Je prends mon temps durant ma petite balade du soir, la lune se lève déjà là-bas au loin… tiens, venant d’une maison, ou d’un jardin, je sais pas, j’entends un air d’accordéon… un air traditionnel portugais je suppose. L’odeur des vignes, une petite brise, cette musique… c’est beau tout simplement, je suis bien...


La Serra da Estrela, les montagnes du Portugal

Ce matin, je quitte la vallée du Douro et ses vignobles pour partir plein sud vers la région la plus montagneuse du pays, la Serra da Estrela. En allant vers Manteigas, qui est un peu la "porte d’entrée" de cette région magnifique, les vignobles s’estompent progressivement et le paysage devient plus boisé et très vallonné. Peu à peu la route commence à grimper, à dessiner de multiples virages, et j’arrive à Manteigas. Cette petite ville n’a pas réellement de “cachet”, elle n'a pas de centre ancien, mais l’église est jolie et on compte quelques petites rues tranquilles.

Je continue en suivant la Haute-Vallée du Zêzere, une rivière qui prend sa source dans la Serra de Estrela et qui se jette dans le Tage. C’est une vaste vallée en “U” et la route la suit parallèlement. Dans la vallée, très rocheuse, on aperçoit des vaches qui pâturent et quelques vieilles maisons de bergers.

Je bifurque vers la route qui monte à la “Torre”, le point culminant du Portugal (du Portugal “continental” seulement, le vrai étant un volcan aux Açores sur l’île de Pico qui atteint 2351m). Et ça grimpe sec maintenant, avec de beaux lacets, avec un petit air de col du Galibier! J’arrive enfin au sommet. 1991 m d’altitude, mais une tour de pierre (“Torre”) a été construite pour atteindre l’altitude symbolique des 2000 m!

Surprenante cohabitation aussi entre cette tour, une chapelle, deux anciens radars et un mini “centre commercial” qui vend des produits régionaux!


Piodão et les "villages de schiste"

Je quitte la Serra da Estrela par une longue descente à travers des routes de montagne sinueuses, et les petits villages commencent à réapparaître. Je remarque, de temps à autre en bordure de route, des petites fontaines de pierre ou même un simple tuyau d’où sort l’eau. Des gens du coin viennent y remplir leurs bouteilles d’eau.

Voilà enfin Piodão qui se profile au loin, étagé en amphithéâtre sur un flanc des montagnes de la Serra de Açor. Piodão est un "village de schiste", un matériau abondant dans la région, utilisé pour la construction des maisons et le sol des rues, et qui forme un ensemble de couleur uniforme, nuancé par le bleu ou vert des fenêtres et des portes de certaines maisons. L'église du village, avec ses contreforts ronds, ressemble à une pâtisserie géante et détone un peu à côté des maisons!

Quelques bars où on peut casser la graine, un ou deux petits magasins de souvenirs, mais ça s'arrête là. Et le soir, c'est le calme absolu; seuls bruits, le chant des oiseaux et le bavardage des vieux du village. C'est ici que je pose mon sac pour cette nuit (petit veinard que je suis).

Le lendemain, je continue plein ouest. La région de Lousã comporte pas mal de ces villages de schiste ressemblant à Piodão. Une petite route en boucle, dans la région de Lousã, permet d’en visiter quelques-uns. Par exemple Candal, un peu dispersé le long de la route, avec son lavoir, sa fontaine et sa petite chapelle. Ou Talasnal, un des plus connus. Il n'y a pas trop de visiteurs, ça reste calme. Tant mieux.


Coimbra

Distante de 30 km de Lousã, Coimbra est connue pour être la plus ancienne ville universitaire du Portugal. Son université Elle compte parmi les plus anciennes d'Europe avec la Sorbonne, Bologne et Salamanque en Espagne. Le Rio Mondego y passe, il prend sa source dans la Serra da Estrela. Coimbra possède ausi un très beau centre-ville, avec quelques belles églises, comme celle de Santa Cruz, des petits passages couverts des rues en escaliers avec des noms évocateurs tels que Rua Quebra Costas (* rue Casse-Côtes!). En pleine vieille ville, se dresse la vieille cathédrale (Sé Velha) du 12ème siècle, à l’allure de forteresse.

Je visite l'université. Superbe visite: les salles de cours, le cloître, la chapelle Sao Miguel et ses azulejos et le joyau des lieux, la bibliothèque Joanine, décorée de bois précieux et renfermant pas moins de 60.000 bouquins, tellement bien préservée et protégée que les photos sont interdites à l’intérieur. Malheureusement il y a toujours des "Bidochons" qui peuvent pas s’empêcher avec leur flash… Tiens, on pourrait les enfermer dans l’ancienne "prison académique", où les jeunes rebelles étaient jadis calmés quelques temps dans des petites cellules!!


Aveiro

Me voilà à Aveiro une petite ville connue pour ses canaux où naviguent les “moliceiros”, de drôles de petites embarcations dont la proue est peinturlurée sous tous les thèmes possibles; elles servent aujourd’hui à la balade des touristes.

C’est une ancienne ville de pêcheurs et ça se voit, par exemple avec les statues ornant le pont du canal principal, qui symbolisent les traditions de la ville. Au 15ème siècle, le port s’envase, signant le déclin d’Aveiro. Ce n’est qu’au début du 19ème siècle que les digues et les canaux réussirent à redresser l’activité de la cité. Les quais des canaux sont agréables, mais bon, l’appellation de “Venise portugaise” est peut-être un peu surévaluée…

Pour les gourmands (oui, je plaide coupable), il y a les “ovos moles” (traduction: oeufs mous), un dessert très sucrés de couleur jaune, essentiellement composés de jaunes d'oeufs et de sucre.


Costa Nova

Je pose mon sac ce soir à Costa Nova, mais avant je vais jeter un coup d’oeil à Barra, une petite station balnéaire un peu moins fréquentée. Le phare de Barra est le plus haut du Portugal avec ses 66 m de haut.

Ah, Costa Nova! Ce chouette petit coin est situé sur la bande de terre entre le “ria” et l’océan est un ancien village de pêcheurs. La longue avenue José Estevao est bordée de nombreux restos de poissons et fruits de mer, de qualité variable. Mais ce qui fait la célébrité des lieux, ce sont les “palheiros”, ces petites maisons rayées en rouge, bleu ou vert. Ces bâtiments typiques, à l’origine utilisés par les pêcheurs de la région pour garder leur matériel de pêche ont été utilisés par après comme des maisons de vacances.

Je me balade jusqu’au crépuscule sur la longue plage, avec les dunes de Barra au loin. Il m’impressionne toujours autant, cet océan atlantique, par sa puissance et le fracas que produisent ses vagues. En tout cas, c’est une belle plage, à part 2 ou 3 promeneurs et quelques pêcheurs à la ligne, personne. La nuit tombe, les pêcheurs sont toujours là et ne sont sûrement pas disposés à partir, car ils ils ont pris de puissantes torches avec eux.


Le monastère de Batalha

Je pars ce matin de Costa Nova en direction du sud, en décidant de passer outre Figueira da Foz, trop touristique (c’est un peu le torremolinos portugais!). Non, je quitte la côte pour aller plus à l’intérieur du pays, direction Batalha, une petite ville qui serait banale… si elle n’avait pas son incroyable monastère! Il impressionne par sa taille immense, et par son architecture gothique poussée à la quintessence.

Comment est né ce chef-d’oeuvre? A la suite de la victoire du roi João I et de ses troupes portugaises aidées des anglais, contre les Castillans de Jean de Castille en 1385. Pour remercier la Vierge de cette victoire, le roi Joao n’a pas fait dans le demi-mesure!
On commence par entrer dans la vaste église, en passant un portail foisonnant de sculptures; à côté de l’église se trouve la “Chapelle du Fondateur” où est enterré le roi victorieux et Henri le Navigateur. Ensuite on passe dans le cloître royal et le cloître Dom Alfonso V, et la Salle Capitulaire, où le tombeau du Soldat Inconnu est gardé par deux militaires relevés toutes les heures et qui ne bougent pas d’un poil (si ils ont une p’tite chatouille sur l’arête du nez... non, je préfère même pas y penser!)!

VIDEO la relève de la garde militaire :
https://www.youtube.com/watch?v=CLQMWcq7d6c

Une dizaine de km plus loin, Fátima est célèbre grâce à son sanctuaire Notre-dame-de-Fátima, qui est un peu le “Lourdes du Portugal”. Une histoire d’apparitions aussi, justement: en 1917, 3 petits bergers (Francisco, Jacinta et Lucia) ont vu plusieurs fois apparaître la Vierge.


Tomar

Direction Tomar, connue pour son chateau et son couvent de l’Ordre du Christ, un des édifices les plus emblématiques du Portugal et où l’art manuélin atteint vraiment son paroxysme. Mais avant d’y arriver, petit crochet par une route de campagne bordées de champs d’oliviers, pour contempler l’ancien aqueduc dos Pegões, long de 6 km et construit au 16ème siècle pour alimenter en eau ce fameux couvent de Tomar.

Le château, avec son intimidante ceinture de remparts avec des tours rondes est inscrit au patrimoine de l’Unesco. Un ensemble de 8 cloîtres différents qui se succèdent, on ne voit pas çà tous le jours dans un couvent! Mais celui que je visite ici est hors-normes. Le cloître du cimetière abrite des sépultures de moines chevaliers; celui des Ablutions s’étage sur deux niveaux, tout comme le cloître principal.

Mais la cerise sur le gâteau au sein du Couvent, c’est ce qu’on appelle la “Fenêtre de Tomar”, considéré comme LE point d’orgue de l’art manuélin du Portugal. Mais en ai-je déjà touché un mot, du style manuélin? Il doit son nom au roi Manuel Ier, qui au 15ème siècle encouragea ce style si particulier: les colonnes deviennent spirales, les voûtes se couvrent de nervures, et les nombreux motifs (fleurs, animaux…) envahissent le la moindre parcelle de pierre. Mais ce style disparaîtra aussi rapidement qu’il est apparu…

Superbe visite, à ne pas louper lors d’une visite au Portugal. Pour info, il existe un genre de “pass” à 15€ qui regroupe les entrées au Couvent de Tomar, du monastère de Batalha et de celui de Alcobaça (c’est justement celui que je vais visiter demain, tiens). Les entrées individuelles étant à 7,50€, c’est clair qu’on est gagnant!

VIDEO Convento do Cristo de Tomar :
https://www.youtube.com/watch?v=SMp-hHrYoyw


Nazaré

Nazaré! Un vieux village de pêcheurs qui s’est bien reconverti en station balnéaire. La partie “basse”, avec sa large et superbe plage de sable fin, fait face à l’océan atlantique. Le port de pêche s’est un peu excentré, mais pour les traditions d’autrefois (comme les bateaux hissés sur la plage par des boeufs), y a plus que les cartes postales pour en témoigner. Même la criée aux poissons se fait avec des boitiers électroniques! Les femmes en costume traditionnel, c’est pour les touristes, désolé!

Mais pour la nuit j’ai choisi le quartier du Sitio, celui qui est tout en haut de la falaise. Les deux parties de la ville sont reliées par un petit funiculaire sympa. Pour les plus courageux, il y a aussi un petit sentier. Le Sitio est un quartier plus calme, avec des rues plus tortueuses et offre surtout un panorama phénoménal sur l’océan et la plage en contrebas.

Plus loin, à l’écart du Sitio, le phare fait face à l’océan avec un point de vue à couper le souffle; en bas, la Praia do Norte (“plage du Nord”) est beaucoup plus sauvage et moins fréquentée. C’est sur cette plage que je vais faire ma promenade du soir. Quelques pêcheurs à la ligne font face à l’océan, qui lance toujours ses vagues puissantes; les grains de sable s’envolent et se mêlent à l’écume, brouillant l’horizon; les premières lumières du Sitio s’allument. Encore une belle journée qui s’achève!

VIDEO Nazaré :
https://www.youtube.com/watch?v=3afdxp-JBE8


Le monastère de Alcobaça

La renommée de Alcobaça est dûe à son formidable monastère cistercien, un des bijoux d'architecture gothique au Portugal, avec ceux de Batalha et de Belém. Il fut fondé en 1553 par le roi Alfonso I, suite à la reprise de la ville de Santarém aux musulmans. Pour marquer cette victoire, il promet de construire une demeure magnifique pour l’ordre des cisterciens.

De l'extérieur, la façade démesurée suscite déjà le respect, avec l'entrée principale qui se fait par l'église Santa Maria. A l'intérieur de l'édifice au style assez dépouillé, les tombeaux du roi Pedro I et de sa maîtresse assassinée Inès de Castro se font face. Une histoire d'amour tragique, qui rappelle un peu celle d'Héloïse et Abélard en France. (Pour en savoir, plus, c'est ici: http://www.bomdiaportugal.fr/pedro-ines-histoire-amour-celebre-portugal/)

Après la Salle des Rois et les statues de plusieurs rois portugais (tiens, certains ont perdu leur tête... sûrement la Révolution?), on passe dans le cloître du Silence, avec ses orangers et au style assez épuré, pour arriver ensuite dans le réfectoire qui possède un imposant pupitre en pierre et un autre élément assez marrant: une porte hyper étroite qui, paraît-il, servait à "jauger" les moines trop gros... bon ok, peut-être moins marrant pour eux!

La cuisine vient après le réfectoire; son imposante cheminée carrelée ne passe pas inaperçue. Ici, tout est en pierre, éviers, table, arrivée d'eau, bacs de lavage... Il y a même un petit canal creusé dans le sol qui aboutit à un petit bassin.

Et c'est pas fini! En montant à l'étage, voici le vaste dortoir dans lequel pénètre une lumière douce, éclairant les piliers et les voûtes. De la terrasse, on profite une belle vue sur le double niveau du cloître. La salle capitulaire termine la visite de ce bijou!


Óbidos

Óbidos, c’est un gros village médiéval et un des endroits les plus pittoresques à visiter au Portugal. L’arrivée est déjà un spectacle en soi, la route contourne le village, longe les remparts et passe même sous un antique aqueduc. Sur le côté opposé de la route, de grands parkings (attention, payants! Pour se parquer gratuit, aller un peu plus loin, à 500m). On entre par un grand porche, décoré d’azulejos, qui traverse la muraille imposante entourant le village. Une fois entré, c’est un petit paradis de ruelles pavées et d’impasses, bordées de ces superbes maisons peintes en blanc et bleu (ou jaune, ce sont les deux coloris qui reviennent souvent) le plus souvent).

Sur la mignonne petite place, le pilori fait face à l’église Santa Maria dont l’intérieur est orné d’azulejos (c’est vraiment une tradition dans le pays!).

Un peu plus loin, l’ancien château n’est pas en reste pour impressionner son monde; Il a été reconverti en “pousada”. Une pousada, c’est comme les “Relais et Châteaux” de France et les paradores espagnols: des hébergements de luxe où les tarifs des chambres comportent 3 chiffres…

Et voilà la cerise sur le gâteau: la promenade sur le chemin de ronde de ces terribles murailles, bâties entre les 11ème et 14ème siècles: 1,5 km de tour! MAIS la prudence est de mise: même si les points de vue sur Óbidos et les alentours sont magnifiques, le chemin de ronde est étroit, son sol est irrégulier et il n’y a aucune protection genre garde-fou! Donc si tu as le vertige et le pied incertain, vaut mieux pas jouer au héros et rester en bas. Voilà.


Peniche

Je retourne maintenant en direction de la côte, vers Peniche et le Cabo Carvoeiro.
Après avoir longé l’océan bordé de dunes puis de rochers, une petite route en boucle rejoint le Cabo (*cap en portugais) Carvoeiro, dan un paysage de hautes falaises déchiquetées plongeant en à-pic dans l’atlantique. Un coin assez touristique, dommage. Ben justement, voilà un autocar qui s’arrête, laissant débarquer son troupeau pour faire quelques photos (où devrais-je dire selfies??); je vous jure que l’opération descendre - photos - remonter dans le car a duré entre deux et trois minutes. Ah je suis bien content de voyager en solo!

La route en boucle rejoint la ville côtière de Peniche. Oh ce n’est certes pas le coin le plus romantique des côtes portugaises, il n’y a pas de plages comme à Nazaré, mais Peniche a une “âme”, on sent de la vie avec son port de pêche encore bien actif et ses petites rues où se cachent des petits bars de marins. Et les côtes des alentours sont un paradis pour les surfeurs! A voir aussi, la forteresse jaune, construite au 16ème siècle pour assurer la défense du littoral; pour la note historique “sombre”, elle a servi de prison politique pendant la période de dictature de Salazar, et certaines personnalités politiques importantes de la résistance à ce régime ont été emprisonnées ici.


Ericeira

Je reprends ma route vers le sud, direction Ericeira, en essayant de longer au plus près la côte. Sur mon trajet, la jolie plage de Porto Novo se trouve à l’embouchure d’une rivière. Plages et falaises se succèdent jusqu’à Ericeira, un petit port de pêche aux petites ruelles et aux maisons blanches lignées de bleu, perché sur sa falaise. Et je suis veinard, ma chambre louée Airbnb est à 20 mètres des escaliers menant à la plage; au coeur de l’action, quoi… Ericeira compte 4 km de plages dont certaines abritent les meilleurs spots de surf du pays; la plage principale, celle des Pêcheurs (Praia dos Pescadores) se trouve tout en contrebas de la falaise. Assez surprenant comme décor. Les bateaux de pêche sont encore nombreux ici, garés “à sec”, côte à côte, sur la plage ou le long du petit chemin conduisant au port.


Cabo da Roca

Ce matin, en partant d’Ericeira, le ciel est bien gris et le vent souffle bien. Je ne pensais pas avoir froid en venant au Portugal, et pourtant! Je continue ma route vers le sud en longeant plus ou moins la côte de près. Une petite route rejoint le Cabo da Roca, le point le plus occidental du continent européen. Un phare, une petite boutique de souvenirs, des falaises de 140 m de haut attaquées par des vagues mugissantes et l’endroit balayé par des vents très forts (vaut mieux ne rien porter sur la tête!), donnent au Cabo da Roca un air de bout du monde. Le tourisme de masse ne l’a pas encore trop altéré comme j’ai pu le voir au Cabo Carvoeiro près de Peniche.


Sintra - le Palacio de Pena

Le centre ville de Sintra, je le verrai par après, pour commencer je vais visiter le Palacio de Pena, accessible par une petite route en lacets qui grimpe au coeur de la forêt. La circulation y est d’ailleurs en sens unique, c’est pas con étant donné l’étroitesse du chemin et le trafic de malade qui peut y régner en été. Il y a même un système de bus-navettes qui effectue un circuit en boucle à partir de Sintra.

Il fait encore froid, et voilà le brouillard qui s’invite! Je passe à proximité du Castelo dos Mouros, bâti par les Maures au 9ème siècle, et laissé à l’abandon après la reconquête du Portugal. Je me gare quelque 500 m avant l’entrée du parc de Pena et j’y vais à pied. Bon plan, car la file des véhicules s’engorge un peu avant l’entrée, et les autocars n’arrangent pas les choses! Le parc est très vaste et il faut encore monter 20 minutes par des sentiers pour arriver au palais.

Waouw! Comment décrire ce que je vois? Des murailles jaunes, des tours couleur rouge vif, des dômes d’inspiration mauresque, un pont-levis...Suis-je tombé dans un dessin animé de Disney?? Et la brume donne un aspect encore plus étrange à cet assemblage sans pareil.
Et il n’est pas si ancien que çà: il a été construit au 19ème siècle par décision du roi Ferdinand II, allemand d’origine mais portugais de par son mariage avec la reine Maria II.
Et c’est clair qu’il n’a pas fait dans l’ordinaire, avec ce mélange de styles (gothique, baroque, manuélin…) et ces couleurs chatoyantes, qui contrastent vraiment avec le vert foncé de la forêt autour! A cause du brouillard, le rendu des couleurs n’est pas top sur mes clichés, et pour la vue splendide sur le Cabo da Roca et Lisbonne...c'est foutu.


Sintra - le Palacio Nacional

Pas mal du tout, le centre-ville de Sintra, avec ses ruelles et son église. Mais je vais visiter un autre édifice important de la ville, le Palacio Nacional. En voilà encore un curieux bâtiment, avec ses deux gigantesques cheminées, qui sont en fait celles des cuisines!

Il fut le palais le plus fréquenté par les rois du Portugal entre sa construction au 15ème siècle et jusqu’à la chute de la monarchie en 1910. Les cheminées ne furent ajoutées qu’au 16ème siècle. La visite permet d’accéder à de nombreuses salles somptueuses. Et évidemment, les cuisines, où on peut voir le sommet de ces monumentales cheminées (peut-être un rien trop grandes pour le barbecue du weekend au jardin...).

Avant de partir pour l’Alentejo, et comme j’aurai quelques km à faire, je vais manger un p’tit truc pas compliqué, dans un petit bar je prends une petite assiette de chorizo grillé avec une bonne cerveja! Allez, en route!


Évora et l'Alentejo

La sortie de Sintra est une morne succession d’autoroutes et de zones commerciales et industrielles mortelles d’ennui; heureusement ça ne durera pas longtemps, au niveau de Vila franca de Xira je retrouve des routes plus paisibles et je traverse même le Tage qui va bientôt finir sa course dans l’océan près de Lisbonne! La région de l'Alentejo se rapproche.

Alors, l’Alentejo, c’est la plus grande province du Portugal. Son nom se traduit par “en-dessous du Tage”, “além do tejo”. C’est un océan de plaines, ondoyant de collines où se mêlent prairies, champs de blé et cultures d’oliviers. Parfois les deux à la fois, on sème le blé entre les chênes. C’est le “grenier à blé” du pays et le premier producteur mondial de liège extrait du chêne-liège. Aussi vaste soit-il, cette région très rurale représente à peine 10% de la population du Portugal.

Il fait progressivement plus chaud. Je suis maintenant en plein dans la campagne de l’Alentejo, avec ses petites routes louvoyant entre prairies, oliviers et champs de blé. Je m’arrête au hasard pour voir à quoi ressemble un petit village dans cette région. São Brissos est un hameau de quelques maisons, une jolie église et une vénérable petite école primaire.

Voici enfin Evora, protégée par ses épais remparts. J’entre ici dans une des villes médiévales portugaises les plus belles et les mieux préservées. C’est un peu la "capitale" de cette région de l’Alentejo. Une fois entré par une des portes des fortifications, la ville intra-muros est un dédale de petites rues tortueuses, dont un des points névralgiques est la Praça do Giraldo avec ses élégantes arcades et son église Santo Antão. Plus loin, la cathédrale, bâtie entre les 12ème et 13ème siècles, est la plus grande du Portugal. c’est curieux, ses deux tours sont différentes: l’une a une structure carrée, l’autre a un toit conique garni d’azulejos. Plus loin, on rencontre ce témoignage de l’époque romaine d’Evora, un de ses symboles: son temple romain, ou "Temple de Diane", qui date du 2ème siècle (un cousin ibérique de la Maison Carrée de Nîmes...).


L'Alentejo: Monsaraz, Mourão, le barrage d'Aquelva...

J'ai posé mon sac cette nuit dan le petit village de Nossa Senhora de Machede à 10 km d’Evora, chez Joana mon hôte Airbnb. C'est un joli coin perdu au milieu des champs et prairies; une rue principale, des ruelles adjacentes, une séduisante petite église blanche soulignée de bleu et deux ou trois bars fréquentés par les locaux. Moi çà me va, "il en faut peu pour être heureux", comme disait ce cher Baloo...

Je quitte à regret ce petit coin de paradis et reprend ma route dans l’Alentejo. Certaines portions des petites routes sont dans un sale état, nids-de-poules et morceaux entiers de revêtement manquants, il faut être prudent et savoir "slalomer" entre ces obstacles. Je ne croise que des tracteurs et des camionnettes de fermiers. Les paysages sont étendus et d’un relief généralement plat. Quoique… sur une colline, bien en évidence, apparaît Monsaraz, un village médiéval tout blanc avec sa citadelle, ses fortifications et son église. Super promenade à travers les ruelles avec leurs maisons blanches serrées les unes contre les autres, ou le chemin de ronde de la citadelle. D’autant plus que le village est interdit aux voitures! En parlant de voitures, j'en ai croisé pas mal avec des plaques espagnoles. L'explication est simple: l'Espagne est à une vingtaine de km d'ici!

D’ici, le panorama embrasse la plaine de l’Alentejo et surtout une partie du grand lac d’Alqueva, qui est un des plus grands lacs artificiels d’Europe. Il est tout jeune puisqu’il a été “rempli” en 2002, façonnant le paysage de manière vraiment surprenante. A l’extrémité sud du lac où se trouve le grand barrage d’Alqueva, qui a été mis en service en 2004. Haut de 96 mètres, il retient 4 000 millions de m³!

A quelques km de Monsaraz, un petit arrêt à Mourão, pour voir son château, moins bien conservé que celui de Monsaraz; la nature a repris ses droits et on déambule au milieu d'herbes folles et d’arbustes. Le village aussi n’est pas mal, avec ses petites rues, ses petits bars où s’alignent sur des bancs les vieux du village et les vieilles camionnettes garées parfois n’importe comment. A un moment j’hallucine, je croise un vieux fermier, non pas en tracteur... mais avec une charrette tirée par un âne! Au fil de mon voyage dans cet Alentejo rural, j’ai parfois eu la sensation de remonter 60 ans en arrière.

Plus loin, l’étrange village de Luz déploie ses rues en ligne droite, anormalement larges, qui se croisent à angle droit, avec son église au style inhabituel et sa petite chapelle pas loin du lac. En fait, l’authentique village de Luz a été noyé par la mise en eau du grand lac; le nouveau a été baptisé Luz Nova, mais un sentiment de tristesse mêlé de colère restera à jamais présent dans le coeur des habitants du Luz originel...

http://www.courrierinternational.com/article/2004/01/08/luz-le-village-clone


Odeceixe et la façade atlantique

Je ne descends pas vers le sud, j’ai choisi de ne pas explorer l’Algarve, qui pourtant est la destination numéro 1 des vacanciers. Ben oui justement, c’est trop touristique et certains coins sont défigurés par ce tourisme de masse. Je vais donc rejoindre la côte ouest du pays et gagner le petit village d'Odeceixe.

Après de longs kilomètres de routes monotones (prairies et grandes parcelles de cultures), le paysage devient un peu plus boisé et au loin se profile le relief montagneux de la Serra de Monchique. Je traverse Aljezur, fait un petit arrêt pour voir le château et j’arrive à Odeceixe (*on prononce "ode-sèche"). C’est un petit village aux maisons blanches encadrées de bleu ou de jaune, avec des petites rues pavées en pente et des venelles en escaliers, qui grimpent vers l’église et le vieux moulin à vent, qui fonctionne toujours et peut se visiter.

Odeceixe n’est pas réellement un village côtier, en effet la plage se trouve à 3 km. Une route suit plus ou moins le cours d'une rivière qui se jette direct dans l’océan, en passant par la plage. Elle est fabuleuse, cette plage d’Odeceixe! Bordée par une haute falaise, la rivière se mêle sans transition à l’océan, au milieu d’une belle plage de sable fin. Joli tableau, encore plus sublimé au moment du coucher de soleil (expérience vécue!).

Aujourd’hui est un jour important dans mon périple, c’est à la fin de cette journée que je rallierai Lisbonne, la capitale du Portugal! Mais pour l’heure, je vais remonter la côte atlantique. Je m’arrête à Zambujeira do Mar, une petite et mignonne station balnéaire, avec des petites rues se croisant à angle droit encadrée de hautes falaises dominant la mer. Plus loin, une petite route mène au Cabo Sardão et son phare. Ensuite voilà Vila Nova de Milfontes, à l’embouchure du fleuve Mira; c'est petite ville balnéaire aux maisons blanches avec son ancien fort militaire.

VIDEO de Odeceixe :
https://www.youtube.com/watch?v=jCr-8vzwGmY

Lisbonne se rapproche. Je trépigne!


Lisbonne - quartier de l'Alfama

Il me faut un peu moins d’une heure pour rallier l’aéroport de Lisbonne, avec en point d’orgue la traversée du pont Vasco de Gama, tout simplement le plus long pont d’Europe avec ses 17,2 km. Bien que sa traversée soit longue, elle n’est pas super impressionnante, et en plus il y a un péage aux extrémités...
A partir de l'aéroport, distant de 8 km, rien de tel que le métro, dont les lignes sont symbolisées par des couleurs, rapide et efficace (un bon 40 minutes de trajet, changement compris).

Je descends à la station Santa Apolonia (de la gare du même nom), et je vais maintenant pénétrer dans le quartier de l’Alfama, où se trouve ma chambre Airbnb. Ah, ce quartier de l’Alfama, c’est sûrement à lui qu’on pense en premier pour s’imaginer Lisbonne! Il fait partie des plus vieux quartiers de la ville, et est un des seuls à avoir été épargné par le terrible tremblement de terre de 1755. C’est en fait une colline constituée d’un labyrinthe démentiel de ruelles tortueuses, de venelles (appelées en portugais “becos”) d’escaliers et d’impasses; ça tourne dans tous les sens, ça monte, ça descend… le meilleur est de l’explorer au hasard, car même avec un plan on aurait vite fait de se perdre!

On appelle Lisbonne "la ville aux 7 collines", de nombreux points de vue points de vue, appelés des "miradouros", permettent de profiter de panoramas sublimes: une avalanche de toits rouges qui semblent se jeter dans le Tage, avec çà et là une église qui se dessine.

Et quelle vie dans ce quartier! Les plantes au balcon, le linge qui sèche entre les murs des ruelles, les habitants qui discutent assis sur des bancs, ou parfois se disputent d’une fenêtre à l’autre… Pas de sales commerces de luxe, mais des mini-épiceries de quartier, des boulangeries qui n’ont pas changé depuis 50 ans, des petits restos pas chers et pas touristiques… Bon malheureusement, il y a bien un ou deux "attrape-touristes" çà et là, mais tant qu’il y aura des pigeons, hein...

Hé bien, ce premier contact avec Lisbonne est un enchantement! J’ai trouvé un resto minuscule dans une rue moins fréquentée, j’ai erré au hasard jusqu’à la tombée de la nuit, vraiment pour m’imprégner de l’atmosphère et de l’âme de l’Alfama; dans un petit bar avec quelques vieux assis sur des vieilles chaises, je goûte une "amarguinha": c’est une liqueur à base d’amandes, au goût ça ressemble à l’amaretto mais en moins sucré.


Lisbonne - quartier de Baixa

Aujourd’hui, je pars explorer les autres quartiers de Lisbonne. Je descends l’Alfama à pied pour passer à côté de la cathédrale, construite au 12ème siècle sur l’emplacement d’une mosquée. Elle a plutôt l’air d’une forteresse massive. La rue, qui fait un virage en “S” à cet endroit, est souvent prise en photo aussi car le tram passe ici, devant la cathédrale.. Mais la balade en tram, c’est pour demain, je vous raconterai...

Plus loin commence le quartier de la Baixa; ici, plus rien à voir avec le tracé anarchique des rues de l’Alfama; non, on est dans la partie plate et basse de Lisbonne, en effet la rive droite du Tage la longe. Le plan de la Baixa? Un genre de grand rectangle, avec des longues rues droites qui se coupent à angle droit; petits commerces, bureaux et apparts se partagent l’occupation des lieux. Ce quartier a bien morflé lors du tremblement de terre de 1755, il a été repensé, reconstruit par le Marquis de Pombal, l’alter ego portugais du baron Haussmann à Paris.

L’entrée dans la Baixa ne se fait pas par la petite porte: la majestueuse Praça do Comércio (Place du Commerce), avec ses bâtiments avec des galeries à arcades, est sûrement une des plus belles d’Europe! Et voilà que je tombe sur une hallucinante construction métallique toute en hauteur: j’ai face à moi l’elevador (*ascenseur) de Santa Justa, construit en fer forgé dans un style néogothique au début des années 1900; le trajet, si court soit-il, est un voyage dans le temps et la récompense sur la terrasse, c’est un panorama à 360° sur Lisbonne et le Tage. La passerelle du premier niveau permet de rejoindre la place et les ruines de la igreja (*église) do Carmo.

http://lusitanie.info/2015/04/le-tremblement-de-terre-de-lisbonne-le-1er-novembre-1755/


Lisbonne - quartiers de Chiado et Bairro Alto

Les rues commerçantes sont animées, et quoiqu’il y ait de la circulation sur les artères principales, c’est encore supportable… et varié aussi: une voiture, un bus,un tram… mais le plus marrant c’est le nombre étonnant de “tuks-tuks”, ces drôles de petits engins à 3 roues comme on voit beaucoup en Asie; ici ça sert à promener les touristes. On change de quartier à présent: on quitte la Baixa pour explorer le Chiado et le Bairro Alto. Si le Chiado est le coin des magasins élégants, des théâtres et des cafés, le Bairro Alto est le royaume des longues soirées animées avec ses restaurants et bars.

Bien sûr, à Lisbonne il y a les vieux trams, mais on peut aussi circuler en funiculaire ou “elevador”. La ville dispose ainsi de trois funiculaires qui permettent au voyageur comme au lisboète de monter certaines rues escarpées sans trop d'effort (mais si tu veux monter à pied, c’est aussi ton droit!). Je vais emprunter le funiculaire de Bica. C’est le plus récent des trois, sa mise en service date (tout de même) de 1892. Un petit voyage dans le temps, avec les “ding ding” de la sonnette et des ouvriers de la voirie du quartier qui s’agrippent à ses flancs pour remonter la rue! En haut, le miradouro de Santa Catarina n’est pas loin, avec son kiosque et son panorama sur Lisbonne.

Les deux autres funiculaires sont près de la Praça (*place) dos Restauradores. Celui de Glória relie la place au miradouro de São Pedro de Alcântara, il a été mis en service en 1885. C’est le funiculaire le plus fréquenté de Lisbonne. Et un peu plus excentré, celui de Lavra est le plus ancien et le moins connu de Lisbonne; mis en service en 1884, son trajet est court - moins de 200 m - mais accuse une forte déclivité.

Adjacente à la Praça Dom Pedro IV, la Praça da Figueira (“Place du figuier) vit un peu dans l’ombre de sa voisine; sa création est assez particulière: elle a été construite sur l’emplacement d’un ancien hopital, démoli par le séisme de 1755. En son centre, une statue équestre du roi Joao I. Les gourmands auront toutefois le bonheur d’y trouver l’une des meilleures pâtisseries portugaises, la Confeitaria Nacional. Au-delà de la Praça da Figueira, l’église São Domingos, du 13ème siècle, a été détruite en 1755 (il n'a pas fait dans le détail, ce foutu tremblement de terre!).

Hé bien, cette journée a été riche en découvertes, j’ai déjà découvert et exploré plusieurs facettes de cette ville fascinante. Mais comme les journées ne comportent que 24 heures (...), la soirée se profile déjà. Je vais casser la graine dans le quartier Sant’Ana, tout au nord de la Baixa. Des ruelles qui montent, des gosses qui jouent et des vieux qui papotent, je retrouve l’ambiance de l’Alfama. Je trouve un petit resto à l’enseigne à peine visible, une télé qui marche fort et le patron qui discute avec ses voisins. Je goûte une "alheira de mirandela", un genre de saucisse fumée, essentiellement au poulet. Mon dessert est tout aussi surprenant: le baba de camelo, qui en français signifie… bave de chameau! En fait c’est un genre de mousse épaisse à base de lait concentré sucré. Dans les restos plus chics, on l’appelle “mousse de caramel”; faudrait pas choquer les clients trop coincés...

Il fait déjà noir, mais les deux places sont animées et il y a beaucoup de monde dehors. Je vais à présent tester la "ginja" dans un bar minuscule, mais pourtant un des plus connus de Lisbonne. Alors, la ginja c’est une liqueur sucrée à base de cerises, à déguster dans des petits bars appelés "ginjinhas". Particularité: quand le serveur te demande "com o sem elas?" (* “avec ou sans elles?”), ça veut dire: avec les cerises au fond du verre ou pas? J’aime mieux avec, c’est bien de manger les cerises après la liqueur!

VIDEO les funiculaires de Lisbonne: https://www.youtube.com/watch?v=OQ96bA1goIE


Lisbonne - le Castelo

Le parcours des vieux tramways des lignes 12 et 28 (la plus touristique) passe à travers les quartiers de Graça et de l’Alfama avant de rejoindre celui de la Baixa; à cause des rues étroites et escarpées, ces vénérables tramways jaunes, fabriqués dans les années 1930, sont les seuls à pouvoir circuler dans cette partie de la ville. Ces trams, qui seraient dans un musée dans n’importe quelle autre ville, font partie du réseau de transport en commun de Lisbonne. C’est passionnant de voir le vieux tram jaune se faufiler à travers les petites rues de Graça et de l’Alfama, s’arrêter pour un passager - souvent des gens du quartier - ou pour un véhicule qui gêne.

VIDEO une balade avec le tram 28 dans l'Alfama:
https://www.youtube.com/watch?v=hTD-Pi6RQ4E

Le Castelo domine le quartier de l’Alfama, avec ses tours et ses murs crénelés. Il fut propriété des Maures avant d’être reconquis par les chrétiens qui lui donna son nom de Saint-Georges. Il fut par la suite utilisé comme résidence royale par les différents souverains portugais. Le séisme de 1755 (encore lui?!) mit une bonne partie des remparts en ruines. Leur réhabilitation ne fut entreprise qu'en 1938, sous l'autorité du dictateur Salazar.

Le panorama sur Lisbonne depuis les terrasses du château et le chemin de ronde est à couper le souffle.


Lisbonne - quartier de Belém

Belém, bien qu’il soit excentré du centre historique de Lisbonne, est facilement accessible avec le tram 15€ pour un trajet de 20 minutes. Belém possède des monuments remarquables, et du point de vue historique, c’est de Belém que Vasco de Gama est notamment parti à la conquête des Indes depuis Belém. A quelques pas de l’arrêt du tram, le célèbre musée des Carrosses abrite plusieurs superbes exemplaires de carrosses royaux, mais j’ai aussi vu une chaise à porteurs et de l’ancien matériel de pompiers. La terrasse supérieure permet d’en avoir une meilleure vue d’ensemble.

Mais le bijou, le chef-d’oeuvre de Belém, c’est clairement le monastère des Hiéronymites (Mosteiro dos Jerónimos en portugais), un édifice qui sublime toute la quintessence de l’art manuélin! Et tu vois la "baraka" du monument: il a été épargné par le tremblement de terre de 1755! Sa construction commença au 16ème siècle sur décision du roi Manuel Ier, et elle est étroitement liée à la découverte des Indes par Vasco de Gama en 1495. En effet, son financement provient, en grande partie, de "l'argent du poivre", impôt direct prélevé sur le commerce des épices indiennes.

Bon, déjà rien que la façade, longue, interminable même, de style manuélin porté à son paroxysme! Et le spectacle ne fait que commencer! Son église a la splendeur et la taille d’une cathédrale, et ses colonnes manuélines sont des merveilles . C’est aussi dans l’église qu’on trouve les tombeaux de "stars" locales: Luís Vaz de Camões, un grand poète lisboète; le roi Henri Ier du Portugal, et bien sûr la sépulture de Vasco de Gama. Et ce cloître! Houlà, je vais faire une overdose d’art manuélin! Une profusion de sculptures, une exubérance dans les ornementations!

Le long du Tage, le Monument aux Découvertes a été construit 1960 pour le 500ème anniversaire de mort de Henri le Navigateur. Il a la forme d’une proue de navire avec Henri en tête, et sur deux files, divers personnages liés aux découvertes maritimes. Certains lisboètes, pas trop fans de l’esthétique du monument, l’ont baptisé "poussez pas derrière!"... Plus loin, la Tour de Belém fut édifée en 1515 par le roi Manuel Ier, pour défendre l’estuaire du Tage et Lisbonne des attaques venant de la mer, et servait de "tour de contrôle" pour les navires revenant d’expéditions. Elle se visite bien sûr, on y accède par une passerelle en bois.

Voilà. Pour se remettre de ses émotions, je m’en vais voir un autre "monument" de Belém. Un monument… qui se mange! Je veux parler des pastéis de nata, ces petits flans ronds à pâte feuilletée saupoudrés de cannelle, croustillants à l’extérieur, moelleux et crémeux en dedans! On en trouve à l’Antigua Confeitaria de Belém. Attention, c’est souvent “l’usine”, il y a file mais c’est assez rapide, et on paie avant d’être servi; pour déguster c’est soit sur place, soit à emporter, en s’asseyant sur un banc du parc en face, avec un mini-sachet de cannelle.

Retour sur Lisbonne, la soirée n'est pas terminée, et je ne voudrais pas quitter Lisbonne sans entendre un air de fado.
Le fado est au Portugal ce que le flamenco est à l’Andalousie. La musique du fado est reconnaissable: les premiers accords d’une guitare portugaise, puis la voix de la chanteuse, mélange de grâce et de mélancolie, qui exprime ce que les portugais appellent la "saudade", un terme qu’on ne peut traduire, mais qui exprimerait un mélange de nostalgie, de tristesse.

Marisa (mon hôte Airbnb) m’avait parlé du bar Boteco da Fá, justement à deux pas de sa maison, et la veille j’avais entamé un brin de causette avec le gars qui s’occupe de l’accueil à l’entrée (c’est drôle, il ressemble au professeur Choron..;); j’apprends qu’on n’est pas obligé d’y manger, on peut juste prendre un verre. C’est bon, il me dégote une petite place à un coin de table dans la petite salle et je prends un verre de moscatel; les gens ont l’air d’ici, ils se connaissent, l’ambiance est silencieuse. Il est 22h, et je vois deux jeunes terminant une assiette de soupe se lever et prendre leurs guitares… Une fille les rejoint, ça va commencer. Les premières notes de guitare, si rapides et douces à la fois, et la voix de cette fille qui semble vraiment transcendée par son chant. Même si je ne comprenais pas les paroles, j’étais hypnotisé, je vous le jure. Et côté public, pas un bruit, une vraie osmose avec ces artistes. Deux ou trois groupes se succèderont. Les gens semblaient...heureux. Voilà l’occasion de faire tomber un préjugé sur le fado, non ce n'est pas qu'une musique triste, puisqu’il est capable rendre les gens heureux.

Voici un air de fado chanté par l'immense Amália Rodrigues:
https://www.youtube.com/watch?v=N9K9PQMCPSw
(*) Amália Rodrigues (1920-1999) était surnommée la "Reine du fado", c'est la chanteuse qui a le plus popularisé ce chant dans le monde.


Cascais

Ce matin, je vais à Cascais, à 30 km de Lisbonne. Pour y aller, direction la gare de Cais do Sodré d’où part la ligne de train régional de Lisbonne à Cascais. Le trajet dure 40 minutes.

Ce qui est bien, c’est qu’à la sortie de la gare de Cascais, on est déjà en plein centre-ville. La ville en elle-même n’est pas immense, mais les petites rues et la place au sol revêtu de calçadas (*un genre de mosaÏques composant certains trottoirs au Portugal) ne manquent pas de charme.

Cascais était d’abord petit port de pêche avant que le roi Ferdinand II ne la déclare comme sa destination estivale préférée. Ensuite la noblesse portugaise prit l’habitude de quitter Lisbonne pour Cascais pendant l’été, ce qui encouragea la haute-société européenne du 19ème siècle à faire de même. Les grosses bâtisses luxueuses ont commencé à sortir de terre, ainsi que de somptueux parcs et jardins.

Sinon, le petit port de plaisance; le petit phare blanc et bleu et le bord de mer sont très agréables quand il ne fait pas trop chaud comme aujourd’hui, et la plage, appréciée des lisboètes le weekend, ne fait pas trop "bling-bling" et reste tout de même familiale.

Pour les marcheurs, il y a une balade super agréable à faire le long de la côte entre Cascais et Estoril. Sur 2 km, elle suit la promenade de bord de mer pour passer devant de superbes villas du 19ème siècle, une piscine naturelle d’eau de mer, ainsi que de nombreux cafés et bars. Il n’y a pas trop de monde, et malgré les bars ça ne fait vraiment pas tourisme de masse. La promenade prend environ 30 minutes et, plutôt que de faire l’aller-retour il est possible de prendre le train pour rentrer sur Lisbonne depuis la gare ferroviaire d’Estoril.

Estoril, c’est une petite station balnéaire un peu plus huppée. Estoril a longtemps été associée avec la jet-set européenne, qui était attirée par le chic de son casino. Pendant la seconde guerre mondiale, le casino était un repaire d’espions, de négociations secrètes et de scandales, ce qui a amené l’écrivain Ian Flemming à s’en inspirer pour son premier roman avec James Bond: "Casino Royale".
La réputation d’Estoril s’est encore accentuée quand son casino a servi de décor pour le James Bond de 1970 intitulé "Au service secret de Sa Majesté" (* l’unique interprétation de James Bond par George Lazenby).


Cacilhas

Je repars donc vers Lisbonne en train, en descendant à la gare de Cais do Sodré. Il y a un truc très pratique à Cais do Sodré, c’est que la gare maritime est juste à côté! C'est que justement je me rends à Cacilhas cet après-midi, quoi de plus sympa que de traverser le Tage en ferry? Le ticket ne coûte que 1,20€, et bien que la distance soit assez courte, le trajet dure 15 minutes. Car cette ligne est desservie par de vieux ferrys orange qui avancent lentement, en même temps ça permet d’admirer l’estuaire du Tage et Lisbonne vu d’un autre angle. Ces vieux bateaux font partie du paysage lisboète, c’est un peu la version maritime des tramways!

Bien que le centre-ville de Cacilhas ne soit pas vilain, l’arrivée en bateau n’est pas des plus "glamour" car le quai qui longe le Tage regroupe des anciens entrepôts et fabriques qui sont aujourd’hui abandonnés ou en ruines. Trop bizarre, ce contraste entre ces lieux délabrés (ça doit être sinistre la nuit!) et la magnifique capitale portugaise en face. Ajoutons à cela le bourdonnement incessant provenant de l’intense et incessante circulation sur le pont suspendu plus loin, et on se croirait presque dans un film post-apocalyptique!

C'est dan un petit resto du bord du Tage que je goûte un des plats les plus étranges du pays: l’arroz de cabidela de galinha. Des morceaux de poulet, de l’ail et du laurier, du riz et… du sang de poulet! C’est ce qui donne la couleur rouge du riz et de la sauce, et goûter ce plat est une expérience à faire, j’avais une appréhension sur le goût “métallique” du sang, mais non, l’ajout du vinaigre casse le goût du sang et la texture onctueuse du riz associé aux morceaux de poulet est quelque chose de sublime.

Mai je suis venu aussi à Cacilhas pour voir la statue du "Cristo Rei", une réplique du Christ Rédempteur de Rio de Janeiro. Le cardinal Cerejeira, lors d’un voyage au Brésil, fut tant impressionné par le Christ de Rio, qu’il décida simplement d’avoir le sien au Portugal! Celui-ci fait 28 m de haut, est juché sur un socle de 80 m et pèse 40 tonnes.

VIDEO la traversée du Tage en ferry:
https://www.youtube.com/watch?v=S9YgF0MIlOw


Lisbonne - Parc des Nations (Parque das Nações)

De retour à Lisbonne, je vois que j’ai encore du temps pour aller voir un quartier bien éloigné du centre: le Parc des Nations (Parque das Nações en portugais). Pour y aller, le métro est le moyen le plus direct.

Ce parc a accueilli l’Expo Universelle de 1998, mais l’idée principale, c’était de réorganiser tout un quartier de Lisbonne, où se trouvaient alors des friches industrielles. Le site même de l’Exposition tient sur 60 ha mais c’est un nouveau quartier de 340 ha (dont 5 km de rives) qui est sorti de terre ! Un ensemble composé de logements modernes, de bureaux, d’espaces verts et un grand centre commercial, le centre Vasco de Gama. Tiens d’ailleurs, en parlant de lui, le grand explorateur a inspiré beaucoup le quartier puisqu'ici à peu près tout est affublé du nom Vasco de Gama. Le pont, l’immense centre commercial, la tour... Plein d’allées, de pelouses, avec des bâtiments futuristes comme la Tour Vasco de Gama (145 m de haut) qui ne déparerait pas à Dubaï ou Singapour.

Je retourne dans l'Alfama me reposer un peu en attendant la soirée. Après 3 jours seulement, quelques personnes du quartier me reconnaissent et me saluent en toute simplicité. Prendre le temps de rencontrer des gens, dire bonjour, échanger deux ou trois banalités, ça peut suffire à “casser la glace”, comme on dit. Maintenant, si on fait comme ces touristes avec leurs valises à roulettes qui courent dans un seul but, rejoindre leur hôtel au plus vite, je ne crois pas que les habitants les regardent d’un bon oeil…

J’avais déjà repéré l’écran géant installé sur la Praça do Comércio; le pays tout entier vibre au rythme de l’Euro 2016, suivant la bannière de leur héros: Cristiano Ronaldo. Justement, ce soir il y a match: le Portugal joue contre la Pologne en quarts de finale. J’ai envie de m’immerger dans cette ambiance; ambiance bon enfant, et bien que la bière coule à flots, aucun débordement ne sera à déplorer. Score: 1-1 et 5-3 sur les tirs au but pour le Portugal. Euphorie du public, ovation des joueurs… ils feront par par après le superbe parcours que l’on connaît (lecteurs français, ne me regardez pas de travers!).

Vous ai-je dit que c’est mon dernier jour à Lisbonne, et en même temps au Portugal (continental, je précise)? Heureusement que Marisa ne se couche pas avec les poules, ça me permet de pouvoir lui dire au revoir, car demain je démarre tôt pour l’aéroport de Lisbonne. Voilà, une aventure se termine, une autre commence! Ma destination de demain: l’île de Madère! Je vous attends à l'aéroport de Lisbonne demain matin... car vous m'accompagnez, évidemment!



Riche et intense périple que celui qui se termine en point d’orgue ici à Lisbonne. Vignobles, montagnes, littoral atlantique et plages de rêve, monastères incroyables, beauté et solitudes des immensités de l’Alentejo… et ce canon de beauté que représente Lisbonne! Et les portugais sympas, parfois un peu rudes dans les coins reculés dans la campagne, mais si on s’applique à parler quelques mots de la langue, la glace est vite brisée.

Mais le périple n'est pas terminé, il se poursuit sur l'île de Madère où je resterai quelques jours! Je vous attends donc à l'aéroport de Lisbonne pour mon vol vers Funchal. Car vous m'accompagnez pour la suite de mon voyage, bien sûr!

Voyage raconté par bentec

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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Avant tout, la chaleur, la sympathie des portugais(e)s !
  • Les magnifiques coins sur la côte ouest (Nazaré, Ericeira, Odeceixe...) et la puissance de l'océan atlantique
  • La magnifique campagne de l'Alentejo, où on peut "remonter le temps" dans les petits villages
  • Lisbonne, Lisbonne, quand tu nous tiens...
  • La gastronomie portugaise, fascinante de diversité (hé oui, y a pas que la morue!)

Les moins...

  • La langue portugaise, toutefois belle et mélodieuse, mais pas toujours facile à maîtriser
  • Les automobilistes portugais sont parfois sauvages, et ils ont leur façon de prendre les ronds-points (la bande de droite ne sert QUE pour la 1ère sortie!)
  • Je n'ai pas visité l'Algarve, trop "tourisme de masse"

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