L'Italie du Nord et la Toscane - 2017

Vous êtes ici : Accueil / Vos voyages / Europe / Italie / L'Italie du Nord et la Toscane - 2017

C'est la première fois que que vais à la rencontre de ce magnifique pays qu'est l'Italie. Durant un intense périple de 3 semaines, je vais vous faire découvrir des endroits super: Milan, Venise, les grands lacs... Je vais scinder ce voyage en deux carnets: le deuxième relatera ma descente vers le sud pour explorer une partie de l'enchanteresse Toscane! Vous êtes prêts? Andiamo!

Photo de voyage en  Italie

Voyage "sac à dos" en Italie de 3 semaines (Juin 2017) raconté par bentec

Milan: 1er jour

Samedi 17 juin. J'atterris à l'aéroport de Milan Linate, plus petit mais plus avantageux que celui de Malpensa, qui est à 45 km de la ville (contre 7km pour Linate, c'est tout vu!). C'est facile de rejoindre la ville avec un bus express qui atteint la gare centrale en 20 minutes. Ma chambre Airbnb est à 15 minutes à pied.

Il est 13h, je suis installé pour 2 jours, en avant donc pour la découverte de Milan, la capitale de la région Lombardie! Première impression: la ville est très étendue, avec de longues artères en ligne droite auxquelles s'ajoutent parfois les rails des trams. De la piazza Duomo à la gare, il y a 3 km! Après, si la marche n'est pas ton truc, les transports en commun milanais sont très efficaces, avec de nombreuses lignes et un métro sympa avec ses 3 lignes.

Sans préambule, me voici au coeur de la "cité de la mode", approchant de la majestueuse piazza del Duomo et son éblouissante cathédrale. Elle est colossale! C'est la troisième plus grande église du monde après Saint-Pierre de Rome et la cathédrale de Séville. Il faut prendre un sacré recul pour faire une photo de la façade! Surnommée "le hérisson de marbre", l’extérieur de la cathédrale est comme une dentelle de pierre. De plus, on peut même monter sur les toits (ascenseur ou escalier), on longe le bord de la cathédrale, avec une vue à hauteur des bâtiments alentours.
Sur la terrasse supérieure, me voilà face à la statue emblématique du Duomo, la "Madonnina", qui trône sur la flèche à 108 mètres du sol!

Tout près, la Galerie Vittorio Emmanuele II en forme de croix, est grandiose... et noire de monde! Avec sa verrière haute de 50 m et ses commerces de luxe (c'est pas dans mon budget, tout çà!), elle possède entre autres une belle mosaïque du signe zodiacal du taureau; elle est sujette à un petit "rituel" que je n'expliquerai pas, tellement je trouve çà con... Enfin bon, pour info:
http://www.imagesdubeaudumonde.com/article-milan-galerie-emmanuel-ii-taureau-legende-113052370.html

A l'autre bout de la galerie, on arrive sur la piazza della Scala, connue pour son théâtre. En plus d’être un des théâtres les plus connus au monde, la Scala de Milan est connu pour être un temple de la musique lyrique et classique. Son petit musée présente une collection d'instruments et de costumes.
Autour de la piazza, on trouve encore quelques vieilles rues pavées où se faufilent encore quelques vieux trams (tiens, je repense à Lisbonne!). Voilà déjà le soir; je mange léger: une focaccia, une bière. Belle première journée, mais qu'est-ce qu'il a fait chaud! Et c'est que le début, vous verrez...


Milan: 2ème jour

Par ce beau (et chaud) dimanche, je vais m'intéresser à la partie ouest du centre-ville de Milan. Tiens, j'en profite pour traverser les "Giardini Pubblici" (Jardins Publics) qui comptent parmi les plus importants - et trop rares - espaces verts de la ville. Ce matin, ce sont les joggeurs qui se sont accaparé les allées, bordées de vastes pelouses et de fontaines.

En guise de petit-déj', je vais me goûter une spécialité locale: une part de panetonne, genre de brioche fourrée de raisins secs, de zestes d'agrumes et de fruits confits. En principe servi à Noël, on le trouve maintenant toute l'année dans les boulangeries "huppées", comme Marchesi (et gare à l'addition si tu l'achètes au kilo!). Mais c'est si bon...
https://pages.rts.ch/emissions/abe/2630518-sur-la-piste-du-vrai-panettone.html#2630519

Au nord-ouest du Duomo, autour de la basilique San Simpliciano, il fait plus calme; plein de petites rues, des petits squares, des vieux du quartier qui font leurs emplettes... moins frénétique, plus authentique que les abords luxueux de la piazza del Duomo. C'est agréable d'y flâner. Ici, il y a encore moyen de manger pas cher et pas compliqué dans des petits endroits où les gens du quartier font la bise au patron. Reprenons des forces: une assiette mixte charcuterie-fromage (d'Italie, bien sûr!) avec un verre de lambrusco, ce petit vin rouge légèrement pétillant avec son petit goût de cerise! Le serveur me parle un peu en français, moi je réponds en italien; c'est ainsi profitable à tous les deux. Vive l'échange linguistique!

Pour les fanas de musées, à proximité se trouve la célèbre "Pinacoteca di Brera", qui abrite une vaste collection d’œuvres de grands artistes tels que Raphaël et ou le Caravage. Mais je préfère me diriger vers un autre monument incroyable de Milan: le castello Sforzesco. Bon, le style architectural est beaucoup plus "brut de décoffrage" que la cathédrale, il n'en reste pas moins impressionnant de par sa taille! Il fut construit au 14ème siècle pour servir de forteresse. Plus tard, il a été rénové pour devenir un fastueux palais ducal. Napoléon avait même projeté de le détruire mais heureusement, cette lubie fut remplacée par la création du beau boulevard circulaire autour du château.
Depuis, il abrite différents musées.

Il fait chaud, j'ai bien marché, maintenant je vais souffler un peu. En début de soirée, je m'en vais plus au sud de la ville, dans la quartier des "Navigli". Les Navigli, c'était un vaste réseau de canaux entre les 12ème et 14ème siècles pour relier Milan au grands lacs et à la plaine du Pô. Il servaient à transporter diverses marchandises (entre autres le marbre qui servit pour le duomo); au 19ème siècle, la plupart furent recouverts, et actuellement il en subsiste deux: les navigli Grande et Pavese.
C'est encore un quartier bien populaire, super animé le soir avec plein de petits restos et pizzerias le long des canaux.
A l'écart, un petit coin secret, le "Vicolo Lavandai", qui est un ancien lavoir. quelques monuments aussi, comme La Porta Ticinese, une des deux portes de l'enceinte médiévale de Milan, ou la basilique Sant'Eustorgio.

Je suis satisfait de ma "première" ville italienne. Milan ne s'apprivoise pas tout de suite, elle déroute un peu avec son masque prétentieux et snob fait de magasins de luxe, mais il faut aussi découvrir l'autre Milan, celui des ruelles pavées, des pizzerias de poche et des scooters Piaggio qui pétaradent...


Le lac Majeur

Ce matin, je rejoins l'agence de location de voitures, près de la gare centrale, pour débuter une balade de plusieurs jours à la découverte des grands lacs italiens. C'est génial, j'ai une petite Fiat 500 blanche, une des voitures emblématiques du pays (enfin, la version moderne... mais il y a encore des "ancêtres" des années 70 qui circulent!). Bon, la sortie de Milan va-t-elle bien se passer? Pas trop mal, la circulation m'a l'air fluide, mais il faut surtout faire gaffe aux deux-roues (scooters et vélos!) qui peuvent débouler derrière, que ce soit de gauche ou de droite! Ensuite, c'est facile de rattraper l'autoroute pour rallier la "pointe sud" du lac Majeur, distant de 70 km.

Ah, le lac Majeur! Il Lago Maggiore en italien, soit "le plus grand", tient son nom du fait qu'à une époque il était considéré comme le plus grand des lacs préalpins. Mais en réalité le lac de Garde le dépasse en superficie, avec 370 km² contre 212 km² pour le lac Majeur!

Je vais en faire (presque) le tour dans le sens des aiguilles d'une montre; après Arona, je vais commencer à remonter la rive ouest. Tiens, pour info, j'ai changé de région: je suis dans le Piémont, alors que les rives opposées se trouvent en Lombardie. Autre particularité: la partie nord du lac se situe en Suisse, dans le canton du Tessin! La route le longe de plus ou moins près sur 65 km, il faut attendre un peu pour commencer à l'admirer (eh oui, monsieur se fait désirer!); on n'est pas encore dans sa partie la plus majestueuse, mais les montagnes au loin présagent déjà le régal qui s'offrira à mes yeux!

Hé bien me voilà arrivé à Stresa, une petit ville touristique pas réellement trépidante, mais jouissant d'une belle situation au bord du lac. Un petit côté "bling-bling" ausi, avec quelques hôtels de luxe... Mais si on s'arrête à Stresa, c'est pour rendre visite à 3 îles posées sur le lac: les îles Borromées. en fait, elles portent le nom d'une puissante famille lombarde, les Borromeo, qui en est propriétaire depuis le 12ème siècle, à l'exception de l'île des Pêcheurs (Isola dei Pescatori). Il y a 5 îles, mais trois se visitent.
Pour y aller, un service de bateaux très bien foutu fait la navette entre les îles; on peut même acheter un forfait unique regroupant les trajets et visites des 3 îles. Pour commencer, L’isola Madre est la plus grande. Elle abrite un magnifique jardin exotique et un beau palais (je n'y suis pas allé). l'Isola Bella, la plus connue apparemment, car c'est là que j'y ai vu le plus de monde; elle doit son nom à Isabella Borromeo, qui fit construire le fastueux palais et aménager le jardin, d'où on a de superbes points de vue sur le lac. Enfin, la plus petite, l'Isola dei Pescatori (ou Isola Superiore), encore habitée avec son lacis de ruelles, ses maisons de pêcheurs et sa petite église. Soi-disant restée authentique, les boutiques à souvenirs et les restos un peu racoleurs me donnent l'impression inverse... ou alors il faut venir en basse saison!

Je reprends ma route en longeant toujours le lac vers le nord. Les reliefs montagneux s'affirment de plus en plus, offrant des paysages admirables, je travers de jolies petites localités, comme Verbania ou Cannero. Et je me rapproche de la frontière avec la Suisse! Il y a toujours des douanes, la Suisse n'étant pas dans l'UE. Connaissant la rigueur helvète, je me demande si je vais être contrôlé, questionné... Rien du tout! J'arrive, je passe, les douaniers parlent entre eux, ne regardent pas les voitures, il s'en foutent un peu, quoi! Me voilà en Suisse, dans le Tessin! Mais je ne m'y arrêterai pas (ce sera pour une autre occasion), je fais le tour du lac par le nord et bientôt je repasse la frontière italienne; "Buongiorno" aux douaniers qui me répondent tout sourire. La rive côté est du lac est en Lombardie: toujours de beaux panoramas, mais moins de villas et de luxe ostentatoire.

Mon étape de cette nuit est le petit village de Luino, connu pour son marché hebdomadaire le mercredi. Mais comme c'est lundi, il n'y a pas beaucoup de monde et les petites rues du village sont très tranquilles. La belle perspective sur le lac et les montagnes me confortent dans l'idée que j'ai trouvé un beau point de chute! Et ce soir, j'ai trouvé une petite pizzeria où les habitants viennent chercher leur pizza à emporter; une bonne pizza "4 saisons" croustillante sur les bords... je te jure que c'est mieux que les pizzas "frisbee en caoutchouc" que tu trouves au supermarché!!


Le lac de Côme

Ce matin, je quitte un lac...pour en rejoindre un autre: le lac de Côme.
Il est distant de 70km, il faut compter un peu plus d'une heure par les routes nationales certes bien entretenues, mais parfois encombrées de pas mal de camions! Un petit arrêt sur la route au bord du petit lac de Varese, et bientôt me voilà arrivé à Como, à l'extrémité sud du lac de Côme. Le stationnement est souvent laborieux en Italie: les marquages bleus sont payants, les jaunes à l'attention des résidents et les places "blanches" gratuites sont aussi rares que les cerisiers en Alaska... Pour ne rien arranger, dans les villes, les centres anciens sont "ZTL" (Zona traffico limitato, pas besoin de traduire!). Des caméras intelligentes récupèrent les plaques de contrevenants, et gare aux amendes!

Premier contact avec le lac, avec son petit port de plaisance et les montagnes boisées qui s'étirent déjà au loin; le lac de Côme (ou Lario), vu sur la carte, ressemble à un "Y" à l'envers et fait environ 140km de pourtour. Comme on le verra, le relief montagneux plus accentué et sa forme irrégulière lui confèrent un terrible atout "charme"! Les gens friqués et pas mal de gros noms du showbiz l'ont bien compris et ont investi ses rives, possédant des villas dont le prix d'achat te ferait tomber dans les pommes!

Côme, c'est une charmante petite ville située à l'extrémité de la branche sud-ouest du "Y". Pas encore trop touristique (les gens préfèrent foncer voir les villas!), elle recèle une jolie zone piétonne; elle n'est pas en reste côté monuments, avec sa cathédrale Santa Maria Assunta et sa baslica Sant'Abbondio. Bref, une petite halte sympa! Je vais à présent longer la rive ouest du lac. Et c'est très prometteur, les échappées sur la forme étirée du lac entouré de montagnes sont sublimes.

Près de Lenno, je vais visiter une des opulentes villas emblématiques du lac: la Villa del Balbianello. Accessible en 15 minutes à pied via un sentier boisé (ou en bateau, selon les jours), la villa est entourée d'un parc fleuri qui ressemble à une proue de bateau à l'assaut du lac. Elle a été construite en 1787 sur les ruines d'un couvent par le cardinal Durini. En 1988, la villa est devenue accessible au public. Du parc et de la loggia de la villa, la vue sur le lac touche au sublime!
Quelques km plus loin, la splendide Villa Carlotta est un palais construit au 17ème siècle par un influent banquier milanais, Giorgio Clerici. Elle est composée d'un parc botanique de 7 hectares et d'un musée d'art. Le nom de "Carlotta" vient de la princesse Charlotte de Prusse, qui reçu cette villa en cadeau. Désolé je ne l'ai pas visitée.
Je n'ai pas eu non plus le temps de voir la villa Oleandra, la propriété de Georges Clooney, située 20km plus au nord. Dommage, il m'avait proposé de venir prendre un Nespresso, il avait tant insisté... Une autre fois, Georges!

Je poursuis le tour du lac, à travers des paysages d'une beauté captivante, avec une petite brume de chaleur sur l'eau à l'horizon. La route suit le lac au plus près, en même temps c'est dommage qu'il n'y ait rien de prévu pour les véhicules si on souhaite faire un arrêt-photo! Je lâche un "waaw" de stupeur tellement c'est beau (si, je vous jure).
Sur la rive est, je m'arrête à Varenna pour une double raison: d'abord ce petit village est mignon comme tout avec ses maisons colorées, son église et sa promenade en bordure du lac. Ensuite pour une raison "stratégique": si je veux rallier Bellagio , mon étape du soir, en voiture, j'en ai pour 45km en passant par Lecco. Mais sachez qu'il y a un service de car-ferries circulant entre Varenna, Bellagio et Menaggio. Durée du trajet: 15 minutes pour quelques km et à peine 10€! Courte mais chouette traversée, le visage au vent, SUR le lac! Ca y est, le débarcadère de Bellagio est en vue!
VIDEO: https://www.youtube.com/watch?v=kQ3cYBELr-k

Bellagio, c'est un peu le village "star" du lac de Côme. Souvent appelé le Saint-Tropez italien, c'est vrai que c'est un coin plutôt huppé et le repaire des Milanais aisés qui y viennent en weekend. Très touristique aussi. Pour l'hébergement pas cher, ici c'est raté, ou il faut s'excentrer un peu du village. Sinon, hormis la façade du lac avec ses restos attrape-touristes, le vieux village, avec son église, ses ruelles et ses escaliers, est encore assez calme en cette fin de mois de juin, c'est chouette de s'y perdre. Plus au nord, à l'extrémité de la pointe, un mini-port de pêche et une petite jetée en pierre montent la garde devant un paysage de conte de fées. Quelques habitants pêchent à la ligne, côte-à-côte. Il est trop beau, ce lac!!

VIDEO: https://www.youtube.com/watch?v=xU6Hzgvx5zw


Bergame

Je quitte le beau lac de Côme pour rejoindre d'abord Lecco, en passant par une route de moyenne montagne passant par le col de Ghisallo. De là-haut, les points de vue sur la branche droite du lac sont terribles! Au sommet du col, voilà une étonnante petite chapelle dédiée... au vélo! La "Madonna del Ghisallo" est considérée en Italie comme la "Patronne universelle des cyclistes". De nombreux "géants" de la Petite Reine ont offert soit un maillot, soit leur monture, tels Bartali, Coppi, Merckx, Gimondi... Tout à côté, un petit musée jouxte la statue de deux grands cyclistes, Coppi et Bartali.
https://fr.zenit.org/articles/la-madone-de-ghisallo-sainte-patronne-universelle-des-cyclistes/

Après ma descente (en voiture, désolé pour la transition!) vers le lac et Lecco, 40km me séparent encore de Bergame.
Un trajet d'une bonne heure m'amène au sud de la ville, près de la gare où, ô surprise, je trouve un grand parking gratuit!
Mais il faudra marcher un peu pour atteindre la Ville Haute!
Bergame, "la ville des montagnes" est bien souvent occultée par les touristes qui préfèrent découvrir le lac de Garde.
Tant pis pour eux, tant mieux pour moi! Alors, nous sommes toujours en Lombardie, et la ville se scinde en 2 parties: la "Ville Basse" (Città Bassa), assez moderne mais comptant 2 ou 3 belles églises, et une "Ville Haute" (Città Alta), un petit bijou médiéval entouré d'une enceinte datant du 16ème siècle, super bien conservée, faut-il le dire!

Pour y grimper, soit on muscle ses mollets via des petites ruelles pavées et pentues, ou pour les flemmards, il y a un amusant petit funiculaire qui vous hisse à l'entrée de la vieille ville. Petite merveille, entourée de 5km de remparts et percée de massives portes fortifiées. Les rues sont pavées ici, alors madame, mademoiselle, tu oublies tes hauts-talons, d'accord? Un avantage certain, c'est que ce centre ancien est assez petit, alors on passe d'un monument à un autre en très peu de temps! Alors, que voir de beau ici? la Piazza Vecchia et sa basilica Santa Maggiore (merveille d'architecture), la cathédrale (duomo), et la Torre Civica ou "Campanone"; Cette dernière, haute de 52m, abrite la plus grosse cloche de Lombardie (d'où son nom Campanone, "Grande Cloche", qui fut ensuite donné à la Tour). Et chaque soir depuis 360 ans, à 22H, elle sonne 100 coups de cloche qui jadis prévenaient les habitants de l’imminente fermeture des portes fortifiées. Comme quoi... ne te couche pas trop tôt à Bergame!

Autour de la place, plein de petites rues anciennes, avec quelques boutiques de produits régionaux. Mais tiens, il est presque midi, je vais casser la graine! je m'offre une belle assiette de "casoncelli" genre de raviolis farcis avec viande de bœuf et salami, auxquels on ajoute des morceaux de poires et des raisins secs. Je vous aurais bien fait goûter, mais, aïe! Je viens juste de terminer l'assiette. Pour y remédier, à vos prochaines vacances en Italie... venez à Bergame!! Vous m'en direz des nouvelles!


Le lac d'Iseo et Monte Isola

A 30km à l'est de Bergame, j'aborde le lac d'Iseo par le sud en passant par sa "porte d'entrée", Sarnico. Le Lac d’Iseo, entre les lacs de Côme et de Garde, est certes plus modeste en taille que ses grands frères (24 km de long pour 5 km de large), mais il a l'avantage d'être moins fréquenté par les touristes, il est plus "confidentiel" et prisé des gens de la région. Autre chose importante: c'est ici que sont nés les mythiques bateaux en acajou Riva! Existent-ils toujours? Oui mais... mon 2ème lien va vous faire tomber:
http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/12/06/riva-un-precieux-reve-d-acajou_1801143_4497319.html
http://www.arcinfo.ch/articles/economie/des-investisseurs-chinois-s-offrent-les-bateaux-riva-197957

Je vais le contourner d'ouest en est, toujours accompagné de ce superbe environnement montagneux; j'aime bien ces petites routes qui le longent le plus près possible, il n'est pas envahi par des villas cossues comme j'ai pu le voir les jours précédents! Mis à part cette vilaine cimenterie sur la rive ouest, c'est encore une fois un plaisir que d'évoluer le long de ces lacs italiens! Sur la rive droite, la montagne plongeant parfois dans les eaux a nécessité la construction de quelques tunnels routiers, dommage pour la vue! J'arrive bientôt à Sale Marasino, où je vais m'arrêter et laisser la voiture jusqu'à demain. Non non, je ne dors pas ici... mais regardez en face, là , sur le lac. Une île!
Oui, c'est Monte Isola, une petite pépite d'à peine 10 km de pourtour, posée en plein milieu du lac d'Iseo. C'est là que je fais étape cette nuit! Je la rejoins non pas à la nage, mais avec un service régulier de bateaux qui font la traversée en 5 minutes.
VIDEO la courte traversée (désolé pour le vent):
https://www.youtube.com/watch?v=FFzEKBD2kW8

Débarquement vers 17H à Carzano, charmant petit village du nord de l'île. Ah, je ne vous ai pas dit: Monte Isola est une île sans voitures! Seul outil de liaison entre les minuscules hameaux, un service de minibus fait le tour de l'île pour 2€ le trajet. J'en attrape un justement pour rejoindre le hameau de Siviano, à l'ouest de l'île, où se trouve ma petite chambre d'hôtes. Bon choix, car Tina la patronne tient aussi un petit snack-bar au village. Je recharge mes batteries avec un p'tit panino avec des patatine (des frites en italien!) et une bonne bière Moretti.

Il fait un peu plus frais en ce début de soirée (le soleil a tapé aujourd'hui!), allons un peu explorer Siviano et ses alentours. Des petites ruelles parfois surmontées d'un porche, une mairie toute riquiqui avec son ancien (et incongru) canon-mitrailleur devant, une vieille église... Il faut de temps en temps se mettre sur le côté pour laisser passer un scooter Vespa qui traverse le village (et pas doucement!) ou même un de ces marrants petits Piaggio Ape, tu sais ces petites camionnettes à trois roues qui pétaradent! Il y a aussi un sentier qui passe d’un village à l’autre, d’un côté des jardins, des oliviers et des vignes, et de l’autre les eaux bleues du lac où se reflètent les montagnes. Zut, on aperçoit aussi la cimenterie...

Bref, un petit univers à part, où je n'ai pas croisé un seul touriste (pas un seul, je vous promets), mais plutôt des jeunes en scooter ou l'un ou l'autre vieux du village. Et les "buongiorno" ou "buena sera" sont plus faciles ici pour établir le contact, je parle avec un vieux bonhomme tout sympa sur le pas de sa porte pendant 20 bonnes minutes (c'est parti de rien, une banalité sur la météo, et puis...). Un bon souvenir que cette petite Monte Isola!


Le lac de Garde

Après avoir repris le minibus et le bateau, je finalise le tour du lac avec un petit stop à Iseo, petit village sympa bordant le sud du lac. Grosse journée aujourd'hui: ce matin, je rejoins, au bout d'une heure de route, la petite ville de Desenzano del Garda, porte d'entrée sud du plus grand lac d'Italie, j'ai nommé: le lac de Garde (lago di Benaco en italien)! Les dimensions de ce colosse: 370km², 52km de long et largeur maximale de 17km, pour un pourtour d'environ 160km. Il se permet de monopoliser trois régions: la Lombardie (ouest), la Vénétie (est), et le Trentin-Haut-Adige au nord.
On pourrait dire qu'il est "double": le "Haut-lac (Alto Lago) au nord, un étroit couloir allongé entre deux falaises et le "Bas-lac" (Basso Lago), aux rives moins escarpées, plus vastes.

Je suis enfin face au lac à Desenzano: c'est vachement différent des lacs précédents! Les montagnes encaissées ont fait place à un relief presque plat (mais montagneux tout au loin), et l'eau s'étend jusqu'à l'horizon; on se croirait face à la mer! Sinon, Desenzano est un petit coin agréable, avec son petit port de plaisance, sa place à arcades et son ancien chateau. Plutôt tranquille... tout le contraire de ma destination suivante: Sirmione!

Alors Sirmione, c'est cette large langue de terre qui s'avance dans le lac, au sud. Cette ville fortifiée est un des "musts" du lac de Garde. Oui, mais... Encore faut-il y arriver. Pour se garer, c'est la guerre!! C'est partout payant, allez allez, il faut cracher les p'tites pièces pour madame la machine! Oh, des places gratuites? Erreur, ce sont les parkings pour les résidents des trop nombreux hôtels!
Il y a beaucoup de monde aussi, et on n'est qu'en semaine! Mais l'entrée en ville est spectaculaire, quand on se trouve face au massif chateau du 13ème siècle avec ses douves et son pont-levis. Les petites ruelles pavées bordées de maisons anciennes pourraient avoir plus de charme si il n'y avait pas ces restos, ces glaciers et boutiques à souvenirs pour touristes. Dans un coin plus calme se cache l'église Santa Maria Maggiore. Et plus au nord, les "grottes de Catulle", qui ne sont pas des grottes (!), mais les vestiges d’une immense villa romaine. Ah bon?! Au 14ème siècle, la villa effondrée et envahie d'herbes ne laissait pas imaginer une habitation mais plutôt des entrées de grottes.
Il fallut des fouilles ultérieures pour découvrir enfin la villa romaine.

Bon, ma voiture et moi on a beaucoup de route à faire, la remontée du lac vers le nord nous attend! Il y a quand-même 65km de Desenzano jusqu'à riva del Garda. Il faudra attendre de nombreux kilomètres avant de vraiment le longer. Il est immense, et n'a pas la forme échancrée et irrégulière des lacs Majeur et de Côme! Pour le moment je ne vois même pas la rive opposée! Puis le paysage devient plus montagneux et le lac commence à se "rétrécir", et on distingue de mieux en mieux les rives orientales. Tiens, on change de région: me voilà dans les Trentin-Haut-Adige. L'environnement devient superbe, hormis les nombreux tunnels qu'il faut se taper sur la route! Et j'atteins l'extrémité nord du lac, à Riva del Garda, une petite ville jolie comme un coeur, entourée de montagnes et faisant face au lac. Assez touristique, j'entends pas mal parler allemand d'ailleurs, elle n'en reste pas moins agréable pour flâner (surtout le long du lac, un rêve éveillé!). Elle n'est pas avare de monuments: le Palazzo Pretorio du 14ème siècle, le château au bord du lac, ainsi que les anciennes portes médiévales. Chouette coin. Tiens, je me prends une petite glace noisette (gelato nocciola) au bord du lac... Ben quoi, si j'ai envie?

Lors de ma remontée vers Riva, une chose singulière s'est produite: la température s'est abaissée de 4 ou 5 degrés. Contraste thermique entre la plaine et les montagnes, certainement... Mais il est temps de faire connaissance avec l'autre rive et de descendre vers le sud. La route longe e Monte Baldo, une petite chaîne de montagne, et suit le lac au paysage montagneux époustoufflant. Je passe à Malcesine, sans m'y arrêter; pour info, elle possède un incroyable chateau-fort, en surplomb du lac. Et ce que je craignais se réalise, à savoir la re-hausse des températures, qui ont décidé aujourd'hui de dépasser les 30°C! Déjà hier, il faisait chaud. Faisons avec... Mon étape de ce soir sera Torri del Benaco, un ancien village à l'atmosphère paisible malgré des touristes un peu nombreux parfois (mais ils viennent surtout voir le chateau médiéval). Très bien situé le long du lac, avec un petit port de pêche, des maisons à arcades et son église entourée de rues piétonnes.
Mon programme ce soir: une assiette de charcuterie régionale avec un verre de Bardolino, une balade le long du lac et une pause les pieds dans l'eau, le regard perdu sur le lac et les montagnes en face...


Vérone

Houla, j'ai mal dormi. J'avais trouvé un petit hôtel avec une chambre face au lac (vue magnifique), mais aussi face au soleil qui a bien tapé l'après-midi! Résultat: une pièce un peu "sauna", dont la clim neurasthénique ne m'a pas apporté grand secours! J'espère mieux dormir la nuit prochaine.

En attendant, je termine mon tour du lac de Garde avec Peschiera del Garda, au sud, une jolie petite ville fortifiée à l'embouchure du fleuve Mincio. D'un côté les remparts, de l'autre le lac, un tableau idyllique!

Je dis au revoir au lac de Garde, direction Vérone, à 30km de là! Je suis maintenant en région Vénétie. Un grand parking gratuit à deux pas de l'entrée sud de la ville, suffisamment rare pour être souligné! Un stop rapide au supermarché pour 2 bouteilles d'eau; en Italie, outre les sempiternels Carrefour et Lidl, on trouve d'autres enseignes comme Coop, Pam ou Crai pour les "petits", et Essalunga, Conad ou Despar pour les plus grands en taille.

Vérone: on aurait bien du mal à la situer sur une carte, mais ce nom parle à tout le monde grâce à une des plus belles histoires d'amour de la littérature: "Romeo et Juliette" de Shakespeare (ça s'écrit bien comme çà?); et bien sûr, il y a un musée dédié aux deux tourtereaux, et les amoureux transis peuvent se faire photographier sur le mythique "balcon"! La foule de visiteurs en mal de romantisme qui défile pour le contempler est nombreuse et compacte, il a fallu jouer des coudes... J'aurais dû les informer que cette histoire n'a pas réellement existé, que c'est une pièce de théâtre et que ce balcon est "artificiel"! Pour un coup de marketing touristique visionnaire, c'est bien joué, Vérone! Ajoutons à cela un mur recouvert de mots doux sur papiers en tous genres (emballages bonbons, voire mouchoirs en papier!!), parfois collés au chewing-gum... C'est çà, l'amour...?
http://www.passenger6a.fr/des-mots-damour-pour-juliette/

Mais Vérone, ce n'est pas que çà! Cette ville, presque lovée amoureusement dans un méandre du fleuve Adige, a d'autres attraits. A commencer par ses célèbres arènes, dont l'amphithéâtre est l'un des plus grands au monde, et à l’époque romaine, il pouvait accueillir jusqu’à 30.000 personnes. En comparaison, le Palais Omnisports de Paris-Bercy ne dispose "que" de 17.000 places assises. Il me rappelle un peu celui de Nîmes! Des opéras et spectacles lyriques y ont lieu en été.

Vérone a eu aussi une vocation militaire, avec l'impressionnant Castelvecchio construit au 14ème siècle. Il fut bâti pour la famille Scaligeri (joli petit appart', dis donc!), avant de devenir devenu un bâtiment militaire, pour se muer en musée en 1925. Dans son prolongement, le Ponte Scaglieri enjambe l'Adige et servait de "sortie de secours" du chateau en cas de coup dur; c'est pour çà qu'il est fortifié.

C'est vraiment une belle ville, et je conforte mon opinion en arrivant sur la Piazza delle Erbe, la plus ancienne place de Vérone et le vrai coeur battant de la cité! C'est clairement une immersion dans la vraie Italie, avec son marché coloré et vivant (quelques échoppes pour touristes mais pas trop, sa fontaine (l'eau est potable), sa statue de lion ailé juché sur sa colonne, et ses vieux palais aux fresques parfois à demi effacées. La Torre de Lamberti est une tour en briques du 15ème siècle dotée d’un ascenseur (pas d'époque!) pour profiter au sommet d'un super panorama.
Après, les parasols du marché pourraient faire râler les photographes, mais une place vide, c'est aussi une place "morte", non?

Quelques mètres après, Vérone en remet une couche avec la Piazza dei Signori, le centre historique et administratif de Vérone. On y admire plusieurs palais, de styles architecturaux variés dans une place plus "fermée que sa consoeur d'à côté. Au centre, la statue de Dante, qui m'a l'air super concentré. Peut-être cherche-t-il une idée pour le concours photo de ce mois...?

D'autres monuments? Oui: le Duomo (cathédrale), ou encore la basilique San Zeno, avec sa façade rayée.
Malgré la vague de chaleur qui persiste, j'ai bien aimé Vérone, d'une richesse insoupçonnée. Vous voyez que ce n'est pas que le "bizness" Roméo et Juliette!


Crémone

Avant de terminer mon grand tour en voiture (je rends la voiture demain à Milan), je retourne vers la Lombardie et après un long trajet, je m'arrête à Crémone, qui sera aussi mon point de chute du jour. Moins connue que Milan ou Pavie, elle n'en recèle pas moins divers charmes et ne laissera pas insensible le voyageur.

Un grand parking gratuit, un peu excentré, ça m'arrange bien. Mais la ville n'est pas immense, et ma chambre Airbnb est à deux pas du centre historique.
Alors, pourquoi Crémone? Il faut savoir qu'aux yeux des amateurs de musique, classique en l'occurence, cette ville a une importance majeure, car c'est ici que vit le jour Antonio Stradivari, dit "Stradivarius", en 1644... et y mourut 93 ans plus tard! Non, il n'a pas inventé le violon, mais il en a porté l'art de la fabrication au sublime avec des modèles d'une qualité acoustique incroyable, qui ont traversé les siècles et valent maintenant des fortunes! Savez-vous qu'en 2011, le modèle "Lady Blunt" fut adjugé aux enchères à...11 millions d'euros?! Tu imagines le malaise de l'acquéreur si jamais il le lasse tomber au sol??
L'activité de la lutherie est toujours bien ancrée à Crémone, et il est possible de visiter un des multiples ateliers dispersés dans la ville. Ce que j'ai fait en prenant rendez-vous avec la luthière (d'origine française!) Bénédicte Friedmann, qui m'a super bien accueilli et expliqué les rouages de son travail d'orfèvre; la confection d'un violon prend au minimum 2 mois de temps! Si vous passez par Crémone, allez la voir et remettez-lui mon bonjour!
http://www.friedmannviolins.it/

D'autres pistes pour en savoir plus:
https://phonotheque.hypotheses.org/17702
http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-droles-de-gammes/20091214.RUE8844/les-stradivarius-livrent-une-partie-de-leur-secret.html

Sinon, Crémone est une petite ville très tranquille, peu de touristes et pas de circulation frénétique comme j'ai pu voir à Milan. Ce qui frappe, c'est le nombre élevé de gens à vélo en ville, et de tous âges; c'est comme si on avait transposé un petit bout d'Amsterdam en Italie! L'édifice le plus impressionnant de Crémone est sa cathédrale, immense et de style roman (plutôt rare en Italie). A côté se trouvent le baptistère et le campanile appelé la "Torrazzo", qui est tout simplement le plus haut du pays (et une des plus hautes tours en brique du monde) avec ses 112 m de haut.

Demain, retour sur Milan pour rendre la voiture. Mais le voyage n'est pas fini pour autant!


Arrivée à Venise - Le Grand Canal

Après 1H30 de route à partir de Crémone, je suis de retour à Milan en milieu de matinée, et l'entrée en ville s'est passée sans accrocs; je prends l'habitude des villes italiennes!

Ma destination future fait rêver les voyageurs: je pars pour Venise! Pourquoi revenir à Milan? Parce que, quand je visite un nouveau pays, j'aime bien aussi découvrir les transports intérieurs: bus, trains... Voilà l'occasion d'embarquer dans un "Frecciarossa" (flèche rouge en italien), le cousin italien du TGV, qui atteint aussi ses 300km/h sans se faire prier; l'opérateur ferroviaire du pays s'appelle Trenitalia. Attention, comme en France, on doit composter son billet! Au moins chez-nous en Belgique, pas de compostage (nananère!).

Deux heures plus tard, après un passage en gare de Venise-Mestre, le train roule vers son terminus en longeant la lagune des deux côtés; il y a une route en parallèle du chemin de fer, mais l'arrivée "romantique", c'est plutôt une vue sur des zones industrielles! Le train s'arrête enfin en gare de Venise Santa Lucia. Ca y est, je suis à Venise!
Appelée aussi "Cité des Doges" ou "Sérénissime", elle est la capitale de la Vénétie (on l'aurait deviné) et a un passé maritime glorieux, faisant concurrence dans ce domaine avec Gênes et Pise. Elle est entourée de nombreuses îles réparties dans sa lagune.

Avant de sortir de la gare, je rencontre mon hôte Airbnb Stefano qui m'attend au bout du quai; remise des clés, explication sur l'itinéraire pour arriver à la maison. OK, on peut y aller. Premier contact visuel avec Venise, son Grand Canal et ses nombreuses embarcations... je ne suis pas déçu, c'est grouillant de vie! Hé oui, comme je m'y attendais, énormément de monde, il y a même des préposés avec des petites charrettes à bras pour porter les valises! A croire qu'il y en a qui démontent leur maison pour partir en vacances! Mon logement se trouve dans le Cannaregio, dans le nord de la Cité, et j'emprunte la rue piétonne qui m'y mènera. Mon dieu, quel procession de touristes! La surfréquentation est flagrante! Mais j'ai de la chance, au niveau du Campo Santa Maddalena (*campo: l'équivalent d'une "place" à Venise), je longe un petit canal tranquille, une ou deux ruelles et me voilà déjà loin de la foule, là où je dormirai 3 nuits!

Retour vers la gare pour acquérir un pass de transports ACTV (la compagnie qui gère çà à Venise): libre circulation à Venise et vers les îles 1 jour 20€, 2 jours 30€, 3 jours 40€. J'ai pris pour 3 jours, et je vous jure que je l'ai amorti. Sinon, il y a des autres "pass": pour les musées 20€, ou les églises 12€, ça dépend de ce qu'on veut visiter.

Le grand moment est arrivé. Je vais embarquer dans un vaporetto, l'équivalent d'un bus sur l'eau, pour parcourir le fameux Grand Canal. C'est le plus large de Venise, il mesure près de 4km de long et ressemble à un "S" inversé.
Ce sont en quelque sortes les Champs-Elysées vénitiens!
La ligne vaporetto n°1 est la plus connue, elle parcourt le Grand Canal, permettant ainsi d’admirer tous les palais qui le bordent. Les multiples arrêts, ou devrais-je dire débarcadères, sont marrants, ce sont des pontons flottants avec des bancs en bois pour attendre et des machines à composter. Des fois, ça, tangue bien!

Durant 40 minutes, je vais assister à un vrai défilé de palais plus somptueux les uns que les autres; véritable vitrine de la réussite de commerçants fortunés, les palais vénitiens sont surtout bâtis en briques, un matériau léger intéressant par rapport au sol fragile de la lagune.
D'ailleurs l'immense majorité de Venise repose sur un ensemble incroyable d'énormes pilotis de plusieurs mètres de long enfoncés dans le sol boueux de la lagune! Cependant, les bases de ces bâtiments commencent à être sapées par le remous incessant de l'eau, dû à l'intense circulation sur le Grand Canal. Et je le confirme, c'est un va-et-vient pas possible de vaporetti, de petits bateaux-taxis (* 110€ la course depuis l'aéroport, ça vous dit?), de gondoles (çà j'y reviendrai plus tard!!)... Tout se fait sur l'eau: police, pompiers (vous avez bien lu!), ambulances... Mais comment font-ils pour ne pas se rentrer dedans? On compte pas moins de 177 canaux, surpassés de plus de 400 ponts, c'est dire!

On passe sous le pont du Rialto et bientôt on aperçoit la basilique San Marco, et le canal s'élargit pour entrer dans la lagune. J'aperçois aussi une autre cause du ressentiment des vénitiens à l'encontre du tourisme de masse: les paquebots de croisière, ces monstres flottants de presque 300m de long, qui défigurent le paysage et abîment la lagune. Je comprends qu'ils puissent en avoir marre.
http://observers.france24.com/fr/20130926-habitants-venise-declarent-guerre-bateaux-croisiere

VIDEOS: extraits de mon parcours sur le Grand Canal, avec en plus la place Saint-Marc!
https://www.youtube.com/watch?v=Iyc3rwtcH7s


Venise - Castello et Cannaregio

Je descends à l'arrêt "Arsenale" pour commencer mon exploration de Venise, me voici dans le quartier de Castello, à l'est de la Cité. Bien qu'il soit le plus vaste "sestiere" (* quartier en italien) de Venise, on est loin ici des foules de San Marco, les touristes s'y aventurent moins et le Castello reste un coin très authentique où on peut encore croiser des vrais vénitiens! C'est un labyrinthe de petites ruelles qui partent dans tous les sens, avec çà et là une placette, une église, des petits commerçants (vénitiens ceux-ci, pas chinois) et des bars où les vieux du coin se font une partie de cartes. Laisse tomber ton plan de ville, ici ça se parcourt à l'instinct, ton guide c'est le hasard. Toutefois, il y a toujours les repères du Grand canal d'un côté et la lagune de l'autre.

Pourquoi "Castello"? Celà vient de la forteresse du 8ème siècle qui se trouvait à l’emplacement de l’île Saint-Pierre, et il a été le siège religieux de la ville jusqu’au 9ème siècle. Tiens, je parlais des ruelles étroites, pourtant c'est à Castello qu'on trouve la rue la plus large: la Via Garibaldi mesure 17m de large, et c’est la seule avenue de la cité des doges à porter le nom de "via"; elle est encore très vivante avec des petits commerces, des petits bars... Et les petites rues adjacentes sont garanties "vénitien pur jus"! On voit des gamins jouer au ballon, du linge qui pend aux fils qui vont d'un côté à l'autre de la rue (pour récupérer le linge, ça se fait avec un système de poulie!).

C'est aussi le quartier de l'Arsenal, un titanesque chantier naval de 25 hectares, datant du 12ème siècle. C'est ici qu'étaient fabriquées les flottes militaires et marchandes de Venise. A son apogée au 16ème siècle, il employait jusqu'à 16.000 personnes! Pionnier du travail à la chaîne, l'Arsenal pouvait ainsi fabriquer une galère par jour s'il le fallait. C'est aujourd'hui en partie une zone militaire, on peut en voir juste l'extérieur, il ne se visite pas.
L'entrée via le canal est bordée de deux tours imposantes et l'entrée "terrestre" est un portail en forme d'un arc de triomphe avec des statues de lions.

Le Cannaregio, qui jouxte le Castello à l'ouest, est un autre quartier encore habité par des vrais vénitiens et qui reste, dans l'ensemble, assez calme (si on fait exception de la sortie de la gare Santa Lucia!). Je prends toujours autant de plaisir à errer de ruelle en ruelle, franchissant un porche ou un pont sur un petit canal. Mais certains espaces sont plus ouverts, plus aérés que dans le Castello.
Je disais "canal", mais en fait seuls 3 canaux ont droit à ce titre : le Grand Canal, le Canal de Cannaregio et celui de la Giudecca. Tous les autres sont plutôt des "rii", pluriel de "rio".

Le Cannaregio, c'est aussi une grande page de l'Histoire de Venise avec son quartier juif, le "ghetto". Le nom est d'ailleurs entré" dans le langage usuel. Au début, les Juifs étaient d'abord interdits d'habitation à Venise mais considérés comme marchands au même titre que les autres commerçants. Plus tard, au 14ème siècle, une charte autorise les Juifs à s'installer moyennant finance, et au 16ème siècle, ils s'y installent pour de bon. A cause de la population croissante et l'interdiction d'habiter en dehors du ghetto, furent construits des immeubles très hauts, pouvant atteindre 7 étages, une exception à Venise (Ca rappelle les immeubles génois). Le Ghetto Nuovo étant devenu trop petit, on ajouta comme extension le Ghetto Vecchio (ah bon,le vecchio après le nuovo? Ben oui, c'est comme à Paris avec le Pont Neuf...).
C'est encore un quartier très traditionnel encore bien vivant, avec des synagogues, des juifs en kippa et des enseignes en hébraïque. Mais bien qu'on puisse y évoluer librement, il ne faut pas venir ici par voyeurisme!
Sur la place du Campo di Ghetto Nuovo se trouvent le poignant mémorial de l'Holocauste et le museo Ebraico.

Quoi d'autre dans le Cannaregio? Au hasard, la chiesa (église) della Madonna dell'Orto, beauté gothique où est inhumé le peintre Le Tintoret; ou la Ca' d'Oro, un des plus beaux palais vénitiens dont la façade, à l'origine, était recouverte d'or et de marbre, excusez du peu!

Vous ai-je dit que c'est au sein du Canaregio que je passerai 3 nuits dans une vraie habitation vénitienne, et non pas dans un hôtel stéréotypé? Merçi Airbnb!


Venise - San Marco

Ce matin, je me rends dans l'épicentre touristique de Venise, à savoir la Piazza San Marco, sa basilique et son Palais des Doges! En avant! D'abord, franchir le Grand Canal. En vaporetto? Non, il y a moyen juste de le traverser en 2 minutes, avec un "traghetto"! C'est un genre de grande gondole collective à deux pilotes, qui sert en quelque sorte de bateau passeur entre les deux rives. la traversée se fait debout (mais quelques places assises au cas où), et le passage coûte 2€. Les traghetti restent très utilisés au quotidien par les Vénitiens.

Il fait nuageux aujourd'hui. Je longe le Grand Canal à pied et j'atteins le Pont du Rialto, le plus connu (et le plus photographié!) des ponts vénitiens, avec sa forme de dos-d'âne et ses boutiques. D'abord en bois, il fut rebâti en pierre au 16ème siècle. Ses deux plate-formes reposent sur des milliers de pilotis à 8m sous l'eau! J'espère que c'est du solide, quand je vois les hordes de touristes qui s'y pressent et se battraient presque pour faire le meilleur selfie (...)

Je me rapproche de San Marco, et les touristes deviennent plus nombreux. Et voilà les premiers "groupes-parapluies"! Oui, j'appelle ainsi les troupeaux qui suivent aveuglément un(e) guide qui brandit bien haut un parapluie, un drapeau ou que sais-je encore... Je suis bien heureux de voyager en solo! Voici un lien qui en dit long:
http://www.slate.fr/story/150288/il-faut-sauver-venise-du-tourisme-de-masse

La Piazza San Marco se rapproche; sur les quais du Grand Canal, les gondoles sont alignées, les gondoliers attendent les touristes en mal de romantisme. Pour info, le trajet coûte ... 80€ les premières 30 minutes, puis 20€ par quart d'heure! Alors il vaut mieux être à 4 ou 6 qu'à deux. Il paraît même que certains gondoliers peu scrupuleux demandent un supplément pour pousser la chansonnette! Non mais sans blague...

Nous y voilà! La Piazza San Marco me révèle enfin ses charmes, avec ses bâtiments à arcades qui abritent des boutiques chics et certains cafés aux tarifs dignes d'un film de science-fiction: j'ai vu un chocolat chaud 10€, supplément de 6€ pour...l'orchestre qui joue!! Face à moi, le campanile et la basilique m'invitent à me rapprocher encore, tout en slalomant entre les touristes, les vendeurs de stupides babioles et les pigeons (les vrais!) qu'en principe on ne peut plus nourrir. Mais va faire comprendre çà aux touristes...

Mais la voilà enfin, cette magnifique basilique, avec ses cinq portails surmontés de mosaïques bouleversantes de beauté, relatant la vie de Saint-Marc, dont les reliques se trouvent dans un sarcophage dans l'édifice. Sa construction en croix avec 5 coupoles lui donnent même un air byzantin. Mais le gothique lui occasionne une surcharge des ornementations. A côté, le campanile, avec ses 98m de haut, est le meilleur spot pour avoir un panorama génial sur la Cité. On accède au sommet via un ascenseur. Le campanile a été reconstruit à l’identique suite à son effondrement en 1902.

Juste à côté de la basilique se dresse l'emblématique Palais des Doges ou Palazzo Ducale, avec sa façade très "style oriental". Son architecture est étonnante: les colonnes d'apparence fragile soutiennent un ensemble massif, çà fait bizarre visuellement. Le palais abritait les appartements du Doge (*premier magistrat de la République de Venise) et les institutions politiques de Venise. On entre dans la cour intérieure, avec son "Escalier des Géants". C'est par là que les personnalités entraient dans le palais. Ensuite, après avoir gravi l'Escalier d'Or, on parcourt une série de salles et d'appartements richement décorés. Le clou du spectacle, c'est la Salle du Grand Conseil: 50m de long, 25m de large! On y voit les portraits des premiers 76 doges de Venise... sauf un, celui de Marino Falier, recouvert d'un voile noir, suite à sa tentative de coup d'état. La tentative ayant échoué, il est décapité.

Après ce luxe ostentatoire, le ton change sans transition avec les prisons et ses couloirs et cachots exigus; les conditions de détention n'étaient pas rigolotes: fournaise en été, glacière en hiver. La liaison entre le Palais et les prisons se faisait (et se fait encore) par le très connu Pont des Soupirs, les soupirs en question étant ceux de désespoir des prisonniers!
Eh oui, désolé les amoureux! Plus loin, à l'embouchure du canal, le Ponte della Paglia (pont de la paille) doit son nom aux bateaux chargés de paille qui s'arrêtaient ici. Et à côté, beaucoup de gens ignorent la curieuse sculpture de Noé qui a l'ai un peu... pompette. Etonnant!
http://www.1oeuvre-1histoire.com/ivresse-noe.html


Venise - Dorsoduro, San Polo et Santa Croce

Quittons maintenant San Marco pour franchir le ponte dell'Accademia, pour pénétrer dans le quartier de Dorsoduro. C'est un quartier qui s'étend sur la partie sud du Grand Canal et englobe l'île de la Giudecca. Il y a pas mal de grands musées par ici: Ca'Rezzonica, Gallerie dell'Academia, musée Peggy Guggenheim... Pour les amateurs d'art, de peintures, c'est le paradis! Mais c'est également un quartier plus tranquille, avec des canaux plus larges, où les troupeaux téléguidés ne viennent pas (ils préfèrent saturer San Marco!). Moins de gondoles, mais beaucoup de petits bateaux privés à moteur; c'est un peu la "voiture" des vénitiens! Mais il est quasi midi, j'ai la dalle.

Me voici justement longeant le Rio (*canal) San Trovaso, et une "osteria" minuscule me fait de l'oeil. De nombreux crostini à emporter, et pas de places assises, les sièges ici c'est le parapet du canal. Je me choisi un petit assortiment de crostini, en fait des petites tranches de pain rôties, recouvertes de plein de bonnes choses (fromage, viande, légumes...). Et enfin je goûte le fameux Spritz, la boisson-apéro incontournable ici à Venise: c'est un mélange de vin blanc (du Prosecco) avec de l'eau gazeuse auxquels on ajoute de l'Aperol (à base d'oranges amères et de gentiane) qui lui donne sa couleur orangée. Une rondelle d'orange vient couronner le tout.
Quel bonheur de grignoter le long du canal, avec juste en face, un des derniers ateliers de réparation de gondoles!

Quoi d'autre à voir dans le coin? La Punta della Dogana, l'ancienne douane de mer (désormais un musée) où les bateaux devaient s'amarrer avant de continuer vers le Rialto; c'est le point de confluence entre les deux grands canaux de Venise; ou encore l'impressionnante église Santa Maria della Salute. Et de l'autre côté du canal, se trouvent l'île de la Giudecca, avec son prestigieux hôtel Cipriani (je ne vous dirai pas les tarifs), et l'île San Giorgio Maggiore, avec sa basilique et son haut campanile.

L'après-midi, je me balade au hasard dans les quartiers de San Polo et Santa Croce, qui se trouvent dans la "boucle" du Grand Canal; ces deux quartier, plus animés et fréquentés que le Dorsoduro, constituent géographiquement le centre de Venise. San Polo est relié à San Marco par le Pont du Rialto, et abrite le marché du même nom, le plus célèbre de la Cité. Santa Croce, le plus petit "sestiere" de Venise, doit son nom à la croix où le Christ fut crucifié.
En s'égarant dans les petites rues plus calmes il est encore possible de dénicher des petits commerces d'alimentation et des petites cours où le linge sèche aux fenêtres. Mais beaucoup de visiteurs ne font que transiter par San Polo et Santa Croce, tout pressés qu'il s ont de découvrir San Marco! Tant pis pour eux, aussi...
C'est encore un quartier plein de surprises, avec des beaux palais et des édifices religieux comme la basilique Santa Maria Gloriosa dei Frari, avec son campanile le deuxième plus haut de Venise.

L'épicentre de San Polo est le campo (la place) du même nom,
deuxième en superficie après la Piazza San Marco. C'est curieux de voir un espace public si vaste, si aéré alors que les venelles étroites et les maisons hautes donnent parfois une impression de confinement. Des petites terrasses de cafés, des gosses qui jouent et les mamans qui papotent, nous sommes aux "antipodes" de San Marco!

En allant vers Santa Croce, je passe devant une boutique réputée de masques de carnaval; des produits authentiques, pas des "chinoiseries" à trois francs six sous made in ...!
Alors Santa Croce, c'est le plus petit sestiere vénitien, on le situe à l'ouest de San Polo, c'est là qu'il y a la gare Santa Lucia. Longé par le Grand Canal, on peut encore y débusquer des petits coins peinards et authentiques.

Après cette journée intense - et une petite heure de repos dans le Canaregio - la soirée s'amorce déjà, j'ai trouvé un tout petit resto dans une mini-ruelle de San Polo, pas loin du Rialto. Je vais goûter une spécialité locale: le foie de veau à la vénitienne (fegato veneziano); un délice de foie avec des oignons et du vin blanc. Accompagné d'un petit verre de Soave (un p'tit blanc de Vénétie), et en dessert, des "bussolai" (*petits biscuits sablés) à tremper dans un verre de Vin Santo, un vin de dessert de Toscane... Qu'est-ce qu'on mange bien en Italie, dis donc!
Le jour commence à décliner, je "traîne" un peu dans San Polo et je me retrouve au Campo San Barnaba, avec son puits et son église (un air de déjà vu? C'est celle qui appparaît dans "Indiana Jones et la Dernière Croisade"). Un bar avec terrasse près de l'église, pas de touristes (il y a même des gens du coin qui viennent prendre un verre en bateau, en s'amarrant le long du canal!), je savoure un "Bellini", un genre de cocktail à base de Prosecco et de purée de pêches blanches. J'ai presque des frissons tellement je suis bien...


Venise - L'île de Murano

Venise, ce n'est pas que San Marco et le Grand Canal. Il faut savoir que la ville fait partie d'une vaste lagune de 550km², qui compte plus d’une centaine d’îles. Et certaines sont aisément accessibles en vaporetto et se visitent! C'est à la découverte de certaines d'entre elles que je vous emmène.

Ce matin, j'embarque pour une des plus courues, l'île de Murano. Il faut se rendre aux "Fondamente Nove", une série de quais au nord du Cannaregio, et prendre la ligne de vaporetto N°12. Le trajet dure 10 minutes, et l'espace de navigation dans la lagune est bien plus dégagé que sur le Grand Canal; il y a néanmoins pas mal de trafic, avec des bateaux de tous genres: taxis, transports de marchandises... mais pas de gondoles! Mais les vaporetti ont un genre de balisage à suivre, fait d'une double rangée de balises en bois.

A ma droite, j'aperçois la petite île de San Michele, qui est très particulière: en effet c'est le cimetière de Venise, facilement reconnaissable avec son mur d’enceinte et ses cyprès qui dépassent. Voici certainement l'un des seuls cimetières au monde où les défunts sont transportés en bateau (ça casse un peu le romantisme des gondoles...).

Ah, Murano est en vue! Le débarcadère, près du phare, donne tout de suite accès au petites rues de l'île, coupée en deux par un large canal traversé par un unique pont. Deux autres canaux plus petits serpentent dans Murano, c'est un régal de se balader le long de leurs quais bordés de maisons anciennes colorées et reliés entre eux par des petits ponts en dos-d'âne. Comme édifices religieux, la Basilique Santi Maria e Donato se partage l'île avec l'église San Pietro Martire.

Si vous avez visité Venise (oui, j'ai vu quelques carnets!), parmi les boutiques de la ville vous avez sûrement remarqué des boutiques un peu snob qui vendaient des objets en verre à des prix plutôt élevés. Eh bien c'est le verre qui a construit la réputation de Murano. Au 13ème siècle, les souffleurs de verre de Venise furent obligés par le Sénat de s'installer à Murano, en effet leurs fours étaient une source potentielle d’incendie et pouvaient ravager la Cité qui, à l'époque, construisait beaucoup en bois (Mais Ikea n'existait pas encore en ce temps-là...).
Cette industrie verrière, prisée par l'Europe entière durant des siècles, alimente plutôt de nos jours la manne touristique vénitienne! Mais les ateliers de souffleurs de verre sont toujours présents, il y en a pas mal qui sont ouverts à la visite. Sérieusement, c'est passionnant de les voir à l'oeuvre. Parfois, il y a même des gradins installés dans l’atelier pour que tout le monde profite bien du "spectacle". Ensuite, passage obligé par la boutique! On n'est pas forcément contraint d'acheter, mais si ça vous tente... attention, la carte bleue peut chauffer très vite!!

http://www.cendrinem.fr/la-fabrication-du-verre-de-murano/
http://www.murano-store.com/fr/vases-coupes-chandeliers-en-verre/

En complément, le passionnant musée du verre de Murano, installé dans un ancien palais, vous fera découvrir des pièces d'une finesse et d'une beauté à tomber par terre!


Venise - les îles de Mazzorbo, Burano et Torcello

Je reprends maintenant le vaporetto 12 qui poursuit sa route vers une autre île très visitée: Burano. Enfin, disons que les "touristes" foncent tête baissée vers cette dernière, en négligeant tout à fait qu'elle est reliée par un petit pont en bois à une autre île, beaucoup plus discrète: Mazzorbo. Vous avez déjà compris que j'aime voyager différemment des autres, alors voilà, moi je descends à Mazzorbo!
Nous ne sommes que trois à poser le pied sur l'île, et encore les deux personnes sont des habitants du petit village de l'île. Le ressenti est étonnant: la sérénité, le calme absolu avec les quelques maisons colorées qui se mirent dans le canal, les parcelles de vignes et les prairies aux alentours, et ce vieux campanile abandonné un peu plus loin.

Une fois franchi le petit pont, me voici à Burano, la transition est brusque avec le retour des visiteurs en nombre!
Mais il faut reconnaître que cette île de Burano, même si elle est fréquentée, a un côté moins touristique, moins "étouffant" de par ses quais longeant des petits canaux avec des barques "garées" le long des canaux, comme des voitures dans une rue. Pas de boutiques de souvenirs extravagantes non plus, Burano est vraiment agréable à parcourir.
Mais l'atout "séduction" de Burano, ce sont ces petites maisons, avec leurs façades bariolées de couleurs vives unies ! Rouge, jaune, vert, rose, bleu... Quel arc-en-ciel! La petite histoire raconte que ce sont les femmes qui peignaient les maisons afin que leurs maris, partis à la pêche, puissent reconnaitre leur maison au loin. Et aujourd’hui encore les habitants ont obligation de les repeindre chaque année. Trop magnifique!
Si on s'éloigne un petit peu de l'épicentre du village, on trouve des petites rues plus calmes. L'église San Martino est connue pour son campanile qui penche à cause d'un ancien tremblement de terre (veut-il concurrencer la Tour de Pise?).
encore un mot sur la spécialité de Burano: la dentelle. Cete tradition remonte au 16ème siècle, quand les femmes de pêcheurs, habituées à repriser les filets, décidèrent de se diversifier avec la confection de ces dentelles.
https://cultinera.wordpress.com/2017/02/15/la-dentelle-de-burano/

Partons à présent découvrir une île à 5 minutes de vaporetto de Burano: l'île de Torcello! voilà une île bien singulière, presque inhabitée (une vingtaine d'habitants peut-être?), coupée en deux par un canal agréable qu'on peut longer à pied. Il faut avouer que c'est un peu déroutant de savoir que Torcello fut l'île la plus peuplée de la lagune (jusqu'à 20.000 âmes au 10ème siècle!), avec un port prospère, et que c’est dans cette île que les Romains s’installèrent en premier pour fonder, au 6ème siècle, ce qui sera la Cité de Venise.
Alors quoi, que s'est-il passé? A partir du 12ème siècle, la lagune s’envasa progressivement. Puis la malaria chassa de très nombreux habitants vers les îles voisines de Burano et Murano, voire vers Venise. Et c'est maintenant presque une "île-fantôme"...
Très peu d'édifices ici, sauf la cathédrale Santa Maria Assunta, le plus ancien édifice de la lagune , connu pour ses mosaïques, et l'église Santa fosca, de forme octogonale.

L'après-midi bien entamé, il est temps de prendre le vaporetto qui me ramènera à Venise en 40 minutes. Je profite de ma dernière soirée pour retourner me balader dans le Castello, où je déniche une petite trattoria au hasard (*en italie c'est un petit resto pas cher); je prends une autre spécialité vénitienne, les "spaghetti al nero di sepia", autrement dit des pâtes recouvertes d'encre de seiche. C'est assez curieux visuellement, car l'assiette est presque noire, mais le goût de la mer en fait oublier l'aspect!

La nuit est tombée. Je contemple une dernière fois la Piazza San Marco illuminée (et toujours aussi bondée), puis je m'offre en "cerise sur le gâteau" la remontée du Grand Canal en vaporetto; quand il fait noir, et que les palais sont éclairés, ça donne une touche encore plus magique!
Ah, sublime Venise! Elle m'a vraiment charmé, ensorcelé même! On peut maudire ces hordes de touristes parfois bien incivils, ces foutus bateaux de croisière qui détruisent la lagune, mais on ne peut pas détester les canaux, les quartiers populaires, la lagune... La Ville voudrait néanmoins attirer (beaucoup) plus de touristes dans le Castello ou le Cannaregio, des quartier encore bien vénitiens, histoire de désengorger son épicentre...
Ne commets pas cette aberration, Venise, sinon tu te tires toi-même une balle dans le pied...

"Venise, c'est comme manger une boîte entière de chocolats à la liqueur d'un seul coup." (Truman Capote, écrivan)

"Venise se noie, c'est ce qui pouvait lui arriver de plus beau." (Paul Morand, académicien et écrivain)


Padoue

C'est ce matin que je quitte Venise, et je m'aperçois que je n'ai pas évoqué un problème à affronter si vous venez ici: les moustiques! Venise = canaux et lagune = eau stagnante, alors évidemment ces insectes démoniaques sont à la fête! Résultat, quelques piqûres aux jambes, il me faudra acquérir un bon répulsif, car mon petit flacon d'huile essentielle de lavande (les moustiques n'aiment pas) a été efficace...mais sur un court laps de temps (4 à 5 heures). Fin de la parenthèse.

Bref, je rejoins la gare pour embarquer dans un train régional, à destination d'une petite ville 40km au sud-ouest: Padoue! Il faut à peine 30 min de trajet pour rallier la gare de Padoue, qui ma foi est assez excentrée du centre-ville; alors soit on marche 1km, soit on prend un tram ou un bus (le réseau de la ville est bien maillé et efficace).

Padoue, Padova en italien. Bien peu savent la situer sur une carte, mais tout le monde a déjà entendu ce nom. C'est une ville de pélerinage, voué à Saint-Antoine, qui est mort ici, et dont le corps repose dans la basilique du même nom. Par contre, il naquit au Portugal, dont il est le saint patron.
Le style de l'édifice est un peu hétéroclite: roman, gothique, byzantin... A l'intérieur, rien de vraiment grandiloquent, mais l'endroit vibre d'une ferveur, d'une dévotion pour le Saint, dont le tombeau est touché respectueusement chaque jour par des dizaines de fidèles. Ses reliques se trouvent un peu plus loin, vers le choeur. Et une succession de 3 cloîtres jouxtent l'édifice.

Il faut savoir aussi que Padoue abrite une université réputée, fondée en 1222. C'est la deuxième plus ancienne du pays après celle de Bologne. Galilée y a enseigné. Son siège se trouve dans la Palazzo Bo.
Autres chefs-d'oeuvre de Padoue, la Chapelle des Scrovegni, bien que d'aspect extérieur simple, possède des sublimes fresques de Giotto. Ou encore le Musée des Eremitani, occupant un ancien couvent, qui abrite une riche collection d'archéologie et d'oeuvres de peintres italiens.

A part çà, le centre-ville, pas très grand, est très avenant (malgré la pluie qui tombe depuis une demi-heure!), en zigzaguant à travers de petites rues pavées j'atteins la Piazza delle Erbe, séparée de la Piazza della Fruta par l'imposant Palazzo della Ragione. Les deux places sont bordées de belles arcades, et sur celle de l'Erbe se tient tous les matins un marché très vivant.
Et puis, un peu plus loi, il y a la cathédrale, qui ne joue pas les stars ni par sa taille, ni par sa façade inachevée. On est loin de la munificence du Duomo de Milan! De plus, la basilique Saint Antoine lui vole un peu la vedette... Elle possède cependant un beau baptistère accolé à son flanc.

Je reprends la direction de la gare pour de nouveaux horizons, mais avant je m'arrête dans un simple petit bar pour m'offrir deux "tramezzini", des petites tartine triangulaires garnies de plein de bonnes choses: viande, fromage, crudités... Ce petit plaisir est originaire de Turin, dans le Piémont. Et un p'tit café par dessus! Ah le café italien! Expresso, ristretto, macchiato (un nuage de mousse de lait), et surtout le capuccino, servi dans une grande tasse et recouvert de lait chauffé à la vapeur pour le faire mousser!
https://italiedanslassiette.wordpress.com/2013/09/15/commander-un-cafe-en-italie/


Bologne

Ma future destination se trouve à 120km au sud de Padoue. Dans la région d'Emilie-Romagne; c'est d'ailleurs son son chef-lieu: Bologne! Bologne, "la Rossa" (la rouge) à cause de ses nombreux toits de tuiles rouges ou "la Dotte" (la savante) en référence à son université, la plus ancienne d'Europe. Il faut dire que Bologne, bien souvent on n'y fait que passer en coup de vent, elle a de beaux attraits touristique, mais reste un peu délaissée. C'est clair qu'avec Venise et Vérone au nord, et Florence au sud, elle reste un peu sur le banc de touche.

Première impression: une ville très vivante et agréable, c'est normal pour une ville universitaire, et il n'y a pas trop de touristes (pas de "groupes-parapluies", yess!!). Autre chose qui saute aux yeux du visiteur: les rues sont bordées d'arcades, presque partout! Des arcades colorées, de tous styles, en pierre ou métalliques! Au total, 40km d'arcades! Dingue, non? Ces arcades ont permis aux propriétaires, à partir du 13ème siècle, d’accroitre la superficie de son logement et d’obtenir un loyer,aux étudiants d’être logé, et aux passants d’être protégés de la pluie et du soleil!

Mais voici la fantastique Piazza Maggiore, la vaste place principale de Bologne. J'aurais aimé vous montrer la Fontaine de Neptune, mais elle était en restauration. Mais d'autre édifices ne sont pas en reste, comme le Palazzo del Podestà avec sa tour carrée, et SURTOUT sa pharaonique basilique San Petronio! Ce colosse avait pour intention de dépasser la basilique Saint-Pierre de Rome en taille, mais l'édifice demeura inachevé. Celà saute aux yeux tout de suite avec sa façade à moitié recouverte de marbre polychrome. En 1530, un certain Charles-Quint y fut couronné empereur. Quant à l'intérieur, il est immense, mais ce qui fait aussi la réputation de San Petronio, c'est cette célèbre fresque de Modena (15ème siècle) représentant une scène de "l’Enfer" de Dante. Plutôt glaçant quand on s'attarde sur certains détails...

Près de la place, le palazzo Archigimnasio est un ancien site de l'université avec un ancien "théâtre anatomique", entièrement conçu en bois.

J'adore cette balade dans Bologne, qui foisonne de superbes bâtiments et d'édifices religieux. Et pourtant je n'ai pas l'impression qu'elle se soit sacrifiée au dieu tourisme. Et toutes ces arcades, c'est pas banal! Les boutiques de parapluies ne doivent pas marcher très fort par ici... Mais voici en vue, côte à côte, les deux "stars" de la ville: les "due torri", les deux tours! La plus petite c'est la tour Garisenda avec 47 mètres, elle est même un peu penchée et donc fermée au public (Hé la Tour de Pise, après Burano voilà une autre concurrente pour toi!!). Sa grande soeur s'appelle la tour Asinelli avec 98 mètres, et on peut accéder à son sommet par un escalier de 498 marches; Pas de bol, elle était en restauration lors de mon passage.
Des tours, il en reste une vingtaine, au Moyen-Age on en comptait presque 100! A cette époque, les plus grandes familles de Bologne, pour bien afficher leur puissance, avaient trouvé le moyen de se concurrencer en "jouant" à celle qui bâtissait la tour la plus haute.

Ce soir, je mange dans une petite trattoria, je vais enfin goûter la spécialité emblématique de la ville. Oh, je vous vois venir: "ouaiis, des spaghetti bolognaise?". Je dois encore ici enfiler ma cape de redresseur de torts, pour vous déclarer que pour les bolonais, ce plat n'existe pas et c'est une hérésie de le demander dans une trattoria! les Italiens sont des puristes en matière culinaire, et ils ont bien raison. Déjà, ce sont des tagliatelle, qui adhèrent mieux à la sauce. Ensuite, la sauce bolognaise s'appelle est dite en réalité "al ragù", et ne contient pas de viande hachée mais des petits bouts de viande coupés au couteau. Tagliatelle al ragù, n'oubliez pas si vous venez!
(*trattoria Fantoni, Via del Pratello, 11)

Un très bel après-midi passé à Bologne, une ville que j'ai trouvé passionnante et qui mériterait plus d'attention.
Demain matin, je reprends le train pour d'autres aventures. Mais je dois vous dire que, bien que mon périple se poursuit, c'est ici que mon premier carnet "italien" va se clôturer. Mais on se retrouvera bien vite pour la suite de mes pérégrinations! La Toscane n'est plus très loin...



Cette première rencontre avec l'Italie fut un enchantement! Les paysages grandioses des lacs, des villes passionnantes comme Milan, Bologne, Crémone... et surtout Venise, déconcertante au début, mais qui laisse découvrir à celui qui prend la peine de quitter les sentiers battus.

Mais la grande richesse de ce pays, ce sont ses habitants, festifs, spontanés, parfois expansifs, mais si sympas et attachants, avec un ancrage très fort aux valeurs familiales et religieuses.

Voyage raconté par bentec

Photos Carnet de voyage en Italie


Voir toutes les photos du voyage en Italie

Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • La magie des paysages des grands lacs (Majeur, Côme, Garde) et le plus confidentiel lac d'Iseo et son île de Monte.
  • Des coins encore authentiques où le tourisme n'a pas encore fait de dégâts: Crémone, Monte Isola, l'île de Mazzorbo...
  • Venise "côté pile": il est inconcevable de ne rien ressentir face aux canaux, aux monuments, aux petits quartiers de la Cité des Doges!
  • La cuisine italienne!!! Et c'est bien plus que des plats de pâtes!
  • Les italien(ne)s, bien sûr, il suffit de les côtoyer pour faire voler en éclats tous les préjugés à leur encontre!

Les moins...

  • La circulation: les routes sont bien entretenues, mais tu risques de croiser quelques fous du volant, et il y en a qui aiment bien frimer!
  • J'ai appris un peu l'italien, je me débrouille avec des phrases simples; mais dans les coins touristiques, même si tu leur parles italien, ils te répondent en anglais. Moi çà m'énerve!
  • Venise "côté face": les bateaux de croisière, la surfréquentation touristique qui étouffe la Cité et fait fuir les vrais vénitiens.

Que pensez-vous de ce carnet de voyage en Italie

Notez ce carnet de voyage :

Ce carnet de voyage vous a plu ? N'hésitez pas à féliciter bentec, lui laisser un commentaire ou bien lui demander des informations complémentaires via le forum :

Laisser un commentaire à bentec
Comparez toutes les offres et... trouvez le MEILLEUR PRIX !
> Voir toutes les promos
Rechercher sur le site (+ d'option)
Participer à Fou de voyage Soyez "ouf", gagnez des cadeaux et prenez part à une action solidaire originale : En savoir +  > Voir le barème de toutes les actions...
Les gagnants du mois dernier... Inscription à la newsletter

Généré en 0,596 secondes