A la découverte de la la Toscane - 2017

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Après avoir exploré une partie de l'Italie du nord, mon voyage continue en abordant la fabuleuse région de Toscane. La ville de Florence en sera ma "porte d'entrée", après quoi je partirai en voiture à la rencontre des nombreuses beautés de cette région magique. Andiamo!

Photo de voyage en  Italie

Voyage "sac à dos" en Italie de 3 semaines (Juillet 2017) raconté par bentec

Florence: 1er jour

Si vous avez suivi mon carnet précédent, vous vous souvenez qu'on s'était quittés à la gare de Bologne. Après un trajet de 35 minutes et 80km, me voici à Florence, la fascinante capitale de la Toscane! La gare Santa Maria Novella est la gare principale de Florence, qui de plus a l'avantage d'être proche du centre-ville.

Florence est traversée par le fleuve Arno. C'est dans le quartier de sa rive gauche, appelé "l'Oltrarno", que je passerai 3 nuits chez mon hôte Airbnb Patricio, qui sera une de mes plus belles rencontres de voyage, toutes époques confondues. Patricio Estay est reporter, photographe et réalisateur depuis des décennies, il a collaboré avec des grands noms tels que Le Figaro, Libération ou Newsweek. Un grand monsieur, charismatique et haut en couleurs! Voici un aperçu de ce qu'il a fait, avec un documentaire sur le Tibet dans les années 80: https://vimeo.com/35132682

Trois jours pour découvrir Florence, c'est peu de temps; il faudra l'employer à bon escient! Venez, nous allons déjà traverser l'Arno via le pont florentin le plus célèbre: le Ponte Vecchio! C'est un peu le "cousin toscan" du Rialto vénitien, car il est piétonnier et comporte des habitations abritant des bijouteries. Et dire qu'avant il était occupé par des bouchers et des tanneurs, qui furent éloignés par les Médicis qui n'en supportaient plus les odeurs fétides (petites natures, va!).

J'entre à présent dans le quartier du Duomo, plein de petites rues piétonnes commerçantes. Et voici déjà un premier monument, la Loggia del Mercato Nuovo, avec ses puissants piliers et surtout sa fontaine "del Porcellino" (en fait c'est un sanglier); frotter le nez de l’animal est censé apporter la chance. Il suffit d'y croire, pas vrai?
Et là, sur un coin du mercato, un petit stand, d'où s'échappent une délicieuse odeur, attire mon attention. Ces petits "kiosques", répandus dans la ville, proposent un casse-croûte emblématique: le sandwich au "lampredotto", autrement dit des tripes d'estomac de bovin, agrémenté d'oignons et de persil. Un petit délice pour 3-4€!

Je passe près de l'église Orsanmichele, datant du 14ème siècle et qui était au départ une halle aux grains. Et voici le premier choc visuel de cette visite de Florence: la Piazza della Signoria! C'est clairement une des plus belles places florentines, mais aussi un épicentre touristique très fréquenté. Et pour cause, quand on voit ce foisonnement de monuments: la statue de Neptune, celle de Cosme Ier de Médicis à cheval, la loggia dei Lanzi, qui est un véritable musée de sculptures en plein air... Et surtout, le monumental Palazzo Vecchio, semblable à une forteresse avec ses créneaux, qui est aussi l'Hôtel de Ville de Florence.
Il était le siège du pouvoir des Médicis, et s'appelait autrefois Palazzo della Signoria, en référence aux "Signori", les membres des grandes familles florentines. D'où le nom de la place! Il se visite (intérieur magnifique!) et on peut ensuite monter au sommet de la Torre de Arnolfo (94m de haut), d'où on a une super vue sur la ville... et tiens, sur un orage qui arrive au loin! Aïe!

En me baladant, je me demandais d'où venaient ces "bip bip bip" qui faisaient s'écarter les piétons. Hé bien ce sont des taxis 100% électriques qui sillonnent la ville, une excellente initiative de la municipalité!
http://www.automobile-propre.com/italie-florence-taxis-electriques/

La soirée se profile, retour chez Patricio, 5 petites minutes après voici qu'un orage (bref mais intense) crève sur la ville. J'ai eu la même chose à Venise il y a 2 jours!
Pour manger ce soir, je vais me plier à une tradition bien ancrée en Italie: l'aperitivo! Chaque soir, entre 18h 19h, les Italiens se retrouvent dans les bars pour commander une bière ou un Spritz, et piocher des petits "antipasti" (pâtes, viande, légumes), sous forme de buffet... à volonté. Seules les boissons commandées sont facturées! Tu prends une assiette et tu vas te servir, à volonté. Sans exagérer, bien sûr! Moi, pour 7 euros, en plus de ma bière je me suis servi 3 fois. Je vous refile cette bonne adresse:
http://www.cafecabiria.com/index.php


Florence: 2ème jour

A 8 heures du matin, il y a nettement moins de monde sur le Ponte Vecchio à cette heure. Et l'Arno, non navigable, est désert hormis un ou deux pratiquants d'aviron.
Je me dirige vers la Piazza del Duomo, où trône la star des édifices florentins, la cathédrale Santa Maria del Fiore!
En la découvrant sans transition, face à moi, je me fige de stupeur durant quelques secondes! Bâti entre les 13ème et 15ème siècles, ce monument est extraordinaire. Déjà par sa taille, avec plus de 150m de long, puis par ses façades extérieures bigarrées, composées de marbre de couleur blanc, vert et rose, et cette richesse de mosaïques et de sculptures. Pourtant l’intérieur est relativement sobre. Tout l’effort semble avoir été mis sur la décoration extérieure.

Sa coupole à double voûte, construite par l’architecte Brunelleschi, est le plus grande du monde avec 45m de diamètre et 91m de haut. On peut grimper au sommet (attention, désormais il faut réserver!). La montée dure 20 minutes pour 460 marches, elle n'est pas éprouvante mais... il n'y a pas grand-chose à admirer! Il faut parfois baisser et "manœuvrer" pour croiser les gens qui descendent. Enfin, on arrive au dernier escalier abrupt qui se termine par une trappe à ciel ouvert.
Récompense: le panorama sur Florence est magnifique!
L’intérieur du dôme abrite aussi la fascinante fresque "Jugement Dernier".

Aux côtés du Duomo se dresse le campanile de 85m de haut, qui a le même "habillement" que sa voisine. On peut aussi accéder à son sommet. Le baptistère, de forme octogonale, est remarquable pour ses portes de bronze ornées de bas-reliefs. Il y a aussi un musée, mais faute de temps...

A 11h, la Piazza est bondée, il est temps de d'échapper dans les petites rues aux alentours. Je constate que la ville reste plutôt propre, des agents quadrillent en permanence les coins les plus touristiques, effaçant ainsi les traces des touristes indélicats. C'est très bien.

En début d'aprem, un coup d'oeil à la Piazza della Republica avec son Arc de Triomphe, et plus loin la basilique San Lorenzo, abritant les tombeaux de plusieurs membres de la famille des Médicis. Sa façade surprend quelque peu: Michel Ange l’avait dessinée mais elle est restée à l’état brut, en pierres irrégulières!
Je visite ensuit la Galleria dell’Accademia, un des plus célèbres musées de Florence, connu pour exposer la colossale statue du "David" de Michel-Ange. 5 mètres de haut, quand-même, et la finesse, la précision des détails, on comprend son succès! La foule compacte et les regards langoureux de certaines visiteuses en dit long... Le musée abrite également d’autres œuvres d’art, telles que des statues, des peintures religieuses et des instruments de musique.

Pour info, il existe une "Firenze Card" qui coûte 72€ pour une durée de 72h, et donne accès à la grande majorité des musées de la ville. Non, je ne l'ai pas acheté. Chacun son opinion, moi je trouve çà mal foutu, car pour bien l'amortir, il faudrait visiter des musées non-stop durant 3 jours!! Et je peux vous assurer qu'une journée de musées (expérience vécue à Paris) peut se révéler plus épuisante qu'une rando de montagne de 10km!

En allant vers le quartier Santa Croce, je passe près du Bargello, un ancien palais devenu un musée d'art abritant une collection de sculptures gothiques et Renaissance. Mais voici que se profile la façade blanche de la basilique Santa Croce, qu'on pourrait dénommer le "Panthéon de Florence" car elle contient les tombes de nombreux Italiens illustres. Quelques noms? Michel-Ange, Rossini, Machiavel, Galilée... Ses cloîtres ne sont pas mal non plus. Mais voici une actualité marrante à son sujet:
https://www.flair.be/fr/lol/lol-mais-pourquoi-cette-ville-italienne-arrose-t-elle-les-touristes/

Une journée riche et intense en découvertes, Florence m'a montré quelques-uns de ses charmes, mais la suite de ce rêve éveillé, ce sera pour demain! En attendant, ce soir, un bon repas dans une trattoria classique: une "ribollita", une soupe toscane composée de choux, haricots, pommes de terre, carottes.... et de pain. Et un osso bucco, quoique d'origine milanaise mais je suppose que vous savez ce que c'est!


Florence: 3ème jour

Cette matinée, un peu grise aujourd'hui, va être bien employée: je vais visiter la Galerie des Offices (en italien, Galleria degli Uffizi). Voilà sans doute le musée le plus riche et le plus emblématique de Florence! C'est un peu comme le Louvre à Paris ou le Prado à Madrid. Il se trouve entre le Palazzo Vecchio et l’Arno. Conçu par Vasari au 16ème siècle, le Palais abrite la faramineuse collection d'art accumulée par la famille des Médicis. Le bâtiment est formé de 2 longues ailes formant un U, et un couloir privé le relie au Palazzo Pitti de l’autre côté du fleuve. C'est cette galerie qu'on voit sur le Ponte Vecchio.

Mieux vaut réserver son billet à l'avance pour éviter les files qui s'allongent déjà même en matinée. Que voir à l'intérieur? Impossible de tout passer en revue, il faudrait faire un carnet à part! Les amateurs d'art vont se régaler avec les multiples oeuvres des plus grands peintres de la Renaissance, dont Michel-Ange, De Vinci et Botticelli. Mais vous ne serez pas seuls! Pas toujours facile de détailler un tableau avec la foule et les insupportables comportements de certains groupes (les chinois vous passeraient dessus, je vous jure!). En tout cas, j'en suis sorti quelque peu lessivé, tellement il y avait à voir!!

Hé bien, Florence, si merveilleuse soit-elle, n'est pas de tout repos! Je pense que pour la voir de A à Z, il faut au moins une semaine! Il est temps de s'éloigner de cette effervescence touristique, en allant traîner mes chaussures dans l'Oltrarno (la rive gauche), à travers les quartiers de San Freddiano et San Spirito. Quel changement! Quasiment plus de touristes, des petites ruelles bordées de maisons ocre, et surtout plein de petites boutiques d'artisans en tous genres (San Spirito, c'est un peu leur fief)... Le vrai "coeur populaire" de Florence, je l'ai trouvé! Je suis bien loin de la cohue autour du Duomo!
Je pourrais comparer à Venise, sa Piazza San Marco bondée et son quartier du Castello beaucoup plus authentique.

Je vais faire connaissance avec une autre "grosse pointure" architecturale de Florence: le Palazzo Pitti! Il est presque intimidant avec ses 200m de façade, sur la Piazza Pitti qui est un peu en pente (marrant comme effet). Mais vous ai-je dit que l'appart' de Patricio est juste en face? Vous imaginez la vue que j'avais des fenêtres de son salon!
Bâti au 15ème siècle pour Luca Pitti, un banquier florentin, il passa plus tard aux mains des Médicis (encore eux!) qui, là aussi, amassèrent un florilège de peintures, orfèvreries ou sculptures. On y trouve plusieurs musées: la Galerie palatine, les musées d'art moderne et du costume, ainsi que les superbes appartements royaux.
Le Palazzo Pitti est déjà impressionnant, le Jardin de Boboli, situé derrière, n'est pas en reste. Il est très grand, avec de longues allées entrecoupées de bassins et de fontaines et bordées de sculptures; Inutile de dire que des terrasses du jardin,la vue sur la ville est fantastique.

La soirée s'amorçe déjà (ça passe vite, les vacances!), et il tombe quelques gouttes! J'ai déniché une petite trattoria toute simple, perdue dans le quartier San Spirito. Je peux continuer la découverte de la cuisine toscane avec d'abord le Pappa al pomodorro, une soupe épaisse au pain et à la tomate, suivie d'une "Bistecca alla fiorentina", un morceau de boeuf à l'os avec du gros sel, servi rôti en surface mais saignant à l'intéreur (ne JAMAIS demander la viande bien cuite, à Florence c'est une hérésie!). Mais c'est un "monstre" de 700 grammes qui arrive sur un plateau en bois! J'ai réussi néanmoins à en venir à bout...

Dernière nuit à Florence. J'en garderai un très bon souvenir, même si je suis loin d'en avoir admiré toutes les facettes. Et bonne route à mon ami Patricio, qui s'envolera fin juillet pour l'Iran, afin d'y réaliser un documentaire!


Lucca (Lucques)

Ce matin, direction l'aéroport de Florence, grâce à une efficace ligne de bus qui fait le trajet en 20 minutes à partir de la gare (6€ le trajet). Je ne prends pas l'avion, c'est ma voiture de location que je viens chercher. Je me suis concocté un p'tit circuit en Toscane à ma façon!

Je quitte Florence pour aller vers l'ouest, et après 80 km pour un trajet d'une heure, je m'arrête à Lucca (Lucques en français), une belle petite ville fortifiée entourée de 4km de puissants remparts, ceux-ci jalonnés de grosses tours en briques. Datant du 16ème siècle, ils sont vachement bien conservés et feraient pâlir Vauban de jalousie! Il sont cernés par un boulevard circulaire et on peut se balader sur l'agréable chemin de ronde planté d'arbres.

Il est facile de se garer, et la cité est épargnée par la cohue touristique; c'est vrai que Pise n'est qu'à 20km, alors les visiteurs font souvent l'impasse sur Lucca! Et pourtant, elle en a des atouts!

Le truc chouette, c'est que le centre historique est piétonnier, et même "intra muros", les voitures ne sont pas légion. J'entre en ville par une majestueuse porte fortifiée, à côté d'un tout petit canal, et j'arrive sur la très belle (et calme) Piazza San Martino, où se trouve la cathédrale! Bon, c'est pas Florence ni Milan, mais sa façade de marbre et son campanile lui donnent de l'élégance. Tiens, vous voyez cette bizarrerie? Une arcade est plus petite que les deux autres! Il paraît que c'est l'architecte qui se serait gouré dans ses plans et aurait "buté" contre le campanile!

Elle est bien agréable, cette ville, et qu'est-ce qu'il y a comme églises! Pas trop de monde, et les rues piétonnes étroites et les petites placettes lui donnent un petit cacher médiéval pas désagréable. Voici maintenant l'épicentre de Lucca, la Piazza San Michele, où se dresse l'église San Michele in Foro. Excellent point de chute pour casser la graine: allez, un petit panino, je le prends au gorgonzola et au miel. Le gorgonzola, c'est un peu le cousin italien du roquefort. Tiens au fait, savez-vous que le pain toscan est sans sel? Celà remonte au Moyen Age, quand les paysans n'acceptaient pas de payer une taxe sur le sel; alors plus de sel dans la fabrication du pain! Mais à vrai dire, ce n'est pas plus mauvais!

Encore un mot sur la curieuse Piazza dell'Anfiteatro, de forme ovale car construite sur l'emplacement d'anciennes arènes romaines du 2ème Siècle av. J.-C.

En résumé, une jolie halte que je ne regrette pas! Il est temps de repartir!


Carrare - Colonnata - Viareggio

Plutôt que de continuer vers le sud, je pars vers le nord de la Toscane, moins couru des touristes. Par les petites routes, souvent bordées d'arbres, c'est vraiment agréable d'évoluer dans ces paysages bucoliques alternant collines boisées, parcelles de vignes et petits villages.

Dans l'après-midi, j'arrive à Carrare. C'est une petite ville gentillette, un peu assoupie même, avec un petit centre ancien bien sympa. La Piazza Alberica, avec sa "Fontaine du Lion", est bordée de maisons colorées, et la cathédrale est entièrement bâtie en marbre blanc. Le marbre...Carrare... je pense que ça a dû vous faire "tilt", non? Le marbre de Carrare est reconnu mondialement pour sa qualité inégalée, et a servi à l'édification d'innombrables églises et bâtiments, surtout en Toscane. Dans la ville, on peut visiter des ateliers de sculpture sur marbre.

En arrière-plan de Carrare, au loin, commencent les Alpes Apuanes; voyez-vous les sommets des montagnes recouverts de blanc? Des neiges éternelles? Non, vous n'y êtes pas. C'est de la poussière de marbre, provenant des carrières à ciel ouvert qui sont tout là-haut. Quelle coïncidence... c'est là-bas que je vais! J'emprunte une petite route de montagne qui grimpe, à travers un saisissant paysage de montagnes dont les parois mises à nu dévoilent le blanc éclatant du marbre. J'atteins la Cava Frantiscritti, une importante carrière de marbre qui organise des visites. La piste en sens unique traverse un long et inquiétant tunnel, avant de déboucher sur un vieux pont. Au loin, les engins de chantier ressemblent à des jouets.

La visite se fait à bord d'un robuste 4X4 Land-Rover, qui grimpe à l'assaut d'une piste aux virages serrés et à forte déclivité. Gilet fluo et casque de chantier obligatoires! La taille des blocs de marbre est aussi impressionnante que la vue qu'on a de là-haut! La mer scintille au loin, et on devine les premiers reliefs montagneux de la région de Ligurie voisine.
http://thegoodlife.thegoodhub.com/2017/07/27/lextraordinaire-marbre-de-carrare-fait-son-retour/

Quelques km plus loin, voici un petit village de montagne qui n'a l'air de rien, et qui pourtant fait accourir les gourmands. C'est ici qu'est fabriqué et affiné le fameux lard blanc, au parfum et à la saveur uniques. Son secret? Il est affiné dans des vasques de marbre, par couches, avec du sel, des épices et des herbes aromatiques (romarin,ail...). Ces vasques sont ensuite refermées, afin que le lard s'affine pendant 6 mois. On peut en acheter, et même le déguster sur un bout de pain gratuitement. Petite expérience gustative mémorable!

Ce soir je me pose à Viareggio, une petite station balnéaire le long de la mer Ligure. Pas trop huppée, elle est plutôt populaire, en effet elle attire pas mal de toscans et d'italiens le week-end. Il y a même un petit côté désuet avec ses maisons à façade Art Nouveau du 19ème siècle. Elle dispose d'une longue plage de sable, mais c'est bien dommage qu'une grande partie soit privée! Un vrai alignement de transats et parasols! Pour trouver une plage libre, il faut aller plus au sud, traverser le canal et passer par la zone des chantiers navals (le soir ça peut être assez glauque comme atmosphère). Mais la promenade de bord de mer, avec ses petites restos et pizzerias, est chouette à faire et on peur manger pour pas cher!


Pise

Je me rends ce matin à 20km au sud de Viareggio, pour visiter une ville emblématique de la Toscane. Son nom est connu du monde entier, nom auquel on associe une certaine tour, qui a le toupet de se tenir de travers: PISE!
Hé oui, c'est cette tour penchée qui a fait la légende "touristique" de Pise... et un peu son malheur. Les groupes en autocars s'arrêtent 1 ou 2H maxi, on fait coucou à la Tour, petite photo où on fait semblant de la retenir pour pas qu'elle tombe (euh, faites gaffe à vos lombaires, elle ne pèse que 14.000 tonnes...), et puis bye bye Pise! et sans avoir vu la ville elle-même. Mais votre serviteur va vous montrer une autre Pise, méconnue!

Un bon tuyau: il y a un grand parking gratuit au nord-est de la ville, ensuite le centre est à 20 minutes de marche. Tiens, Pise est entourée de remparts! Ils ceinturent le centre historique. J'arrive enfin sur la Piazza dei Miracoli (Place des Miracles), le point névralgique touristique! Les premiers touristes affluent déjà, les vendeurs de bimbeloteries aussi (Grr je HAIS les perches à selfies!!).
La Piazza regroupe en fait plusieurs monuments. la cathédrale (Duomo), magnifiquement parée de marbre, impressionne par ses dimensions et son intérieur avec ses colonnes de granit. Face à elle, le baptistère, qui ne fait pas non plus dans la modestie avec son dôme de 55m de haut! C’est le plus grand baptistère d’Italie. L'intérieur est presque vide, il en résulte une acoustique exceptionnelle.
Sur les flancs de la Piazza, le Camposanto est un cimetière monumental, composé d'un immense cloître tout en longueur avec de hautes fenêtres gothiques.

Mais le monument qui vole la vedette aux autres, c'est bien elle, la tour penchée, qui en réalité est le campanile de la cathédrale! Haute de 56m, son inclinaison viendrait de la nature meuble du sol, ayant provoqué un affaissement, et de la plaine alluviale sur laquelle elle repose. L'Arno, que nous avions rencontré à Florence, passe aussi par Pise! Dans les années 1990, elle a subi une importante rénovation en vue de la stabiliser. Il paraît même qu'elle se redresse seule:
http://www.lefigaro.fr/culture/2013/08/23/03004-20130823ARTFIG00172-la-tour-de-pise-se-redresse-toute-seule.php

Ne trouvez-vous pas qu'elle ressemble à un téléscope géant?
Les touristes s'en donnent à coeur joie pour feindre de la soutenir, c'est parfois con mais pas méchant. Certains sont même plutôt créatifs! Chacun son truc.
On peut grimper à son sommet, en déboursant...18€ quand-même, c'est pas donné car la vue de là-haut n'est pas si terrible (excepté sur la Piazza). La montée et la descente sont assez marrantes car elles suivent l'inclinaison de l'édifice. Y en a certains qui n'étaient pas à l'aise!

Et maintenant, allons faire un tour dans la ville de Pise, qui est trop souvent occultée des visiteurs. L'Arno coupe la ville en deux et décrit une courbe élégante, bordé par de beaux immeubles jaunes à volets verts. La vaste Piazza dei Cavalieri est le centre de la vie estudiantine, en effet c'est ici que siège la Scuola Normale Superiore, l'université de Pise. Des petites rues piétonnes, des façades colorées, des placettes à arcades... voilà ce que ne voient pas la plupart des touristes qui se cantonnent seulement à la Piazza dei Miracoli!


Livourne

Je pensais d'abord me diriger vers l'intérieur de la région vers l'est, mais j'ai changé mes plans avec un petit crochet de 25km pour voir la ville portuaire de Livourne. Cet actif port de commerce est aussi le point de départ (ou d'arrivée) des ferries pour la Corse et la Sardaigne.

Livourne n'est pas laide, bien qu'elle ne possède pas de monuments majestueux comme Florence. Il faut dire qu'elle fut détruite à 90% lors de la Seconde Guerre Mondiale, et que sa reconstruction s'est orientée vers les aspects d'une ville moderne. Celà me fait penser au Havre, en Normandie, qui a connu plus ou moins la même histoire.

La Piazza della Republica est immense, avec ses deux statues, une à chaque extrémité. L'imposante Fortezza Nuova se trouve à côté; construite en briques rouges et en forme de pentagone, elle date du 17ème siècle. Elle est entourée d'eau et on y accède par un pont-levis. elle n'a jamais vraiment servi, et depuis les années 1960 c'est un jardin public. bonne initiative!
Elle est sympa, cette vieille ville de Livourne, avec ses petits canaux qui lui donnent parfois un lointain air de Venise. Je trouve qu'elle n'est pas assez appréciée à sa juste valeur, les touristes préférant se ruer vers les embarcadères des ferries. Enfin bon... Tiens, il existe une autre forteresse, la Fortezza Vecchia, qui se situe près du port maritime. Elle a de l'allure, avec ses douves où s'alignent des petits voiliers, mais elle est pas mal délabrée, c'est dommage.


Volterra

Je pars vers l'est, à 70km de Livourne. Après une longue et ennuyeuse portion de voie rapide, je sillonne les petites routes de la Toscane rurale. Le paysage change, devient plus verdoyants et dégagé; les collines ondulent et se couvrent de champs de blé, de prairies et d'oliviers. Les cyprès, emblématiques de la région, font leur apparition.

Volterra est proche. Au détour d'un virage, je tombe sur un bâtiment apparemment à l'abandon. C'est la "Badia Camaldolese", une ancienne abbaye abandonnée au siècle dernier, car bâtie près de falaises sablonneuses très friables, appelées ici les Balze. Au fil du temps, tout celà s'est érodé dangereusement et on peut supposer qu'un jour, ce vénérable édifice monastique fasse le grand plongeon!

Je longe à présent les solides murailles de Volterra pour me garer tout en contrebas de la cité. Il y a un immense parking mais il est payant! Un tuyau: passez outre et descendez encore sur 300m. Il y en a un gratuit! Un long escalier de pierre permet de rallier la vieille ville.

Volterra, c'est une petite ville touristique, certes, mais au moins elle n'est pas encore défigurée par des boutiques de souvenirs et des terrasses invasives. Il n'y a pas trop de foule, et c'est un plaisir que de parcourir les ruelles qui montent et descendent (oui, Volterra est perchée sur une colline). Cette ville est un vrai "puzzle" historique: d'origine étrusque (un fantastique musée d'archéologie étrusque à découvrir!), puis romaine (le théâtre romain, bien conservé, et les ruines des thermes), son aspect actuel est plutôt médiéval. Son épicentre est la Piazza dei Priori, entourée de palais du 14ème siècle. Je n'ai pas d'adjectifs pour décrire la beauté, l'homogénéité de cette place, une des plus belles de Toscane, c'est dit! Tout près, la cathédrale de style roman tient compagnie au baptistère. C'est très courant, les baptistères, en Toscane!
Ah oui, il y a aussi un "musée de la torture"... Il y en a 5 en Toscane, exactement identiques. Je n'ai pas visité...

Je suis content de m'y être arrêté. La soirée se profile, je ne dormirai pas à Volterra, mais en plein milieu de la campagne environnante, dans un paysage ondoyant de champs de blé et de parcelles d'oliviers, où la notion de surface plane semble être abolie. Je passe la nuit dans un agriturismo isolé; c'est l'équivalent des "vacances à la ferme", souvent une exploitation agricole, encore en activité. La ferme est au bout d'une piste chaotique, entourée de champs et de pâtures. Les moissons vont bon train, des champs sont déjà coupés. Face à moi, Volterra, les falaises "Balze" et l'abbaye. Les moutons de la ferme paissent en contrebas, je m'approche pour les voir. Voilà que j'entends de gros aboiements, que je sache ce n'est pas le cri du mouton! Ce sont deux gros "patous", tu sais les massifs bergers des Pyrénées qui s'intègrent au troupeau et le défendent. Bon, vaut mieux s'éloigner calmement. N'empêche c'est bizarre de trouver cette race de chien sous un climat aussi chaud!
Mon point de chute: http://www.agrilischeto.com/


Colle di Val d'Elsa - San Gimignano - Monteriggioni

Départ matinal, à travers ces superbes paysages vallonnés où les vignes alternent avec champs et prairies, c'est bucolique à souhait! 40km à l'est, je fais une courte halte à Colle di Val d'Elsa, une ville en deux partie: la Ville Basse, sans grand intérêt, et surtout la Ville Haute, qui a gardé tout son aspect médiéval avec ses fortifications, ses hautes maisons anciennes et son Duomo. Colle est connue comme la "ville du cristal", en effet elle en assure environ 15% de la production mondiale. Il y a un excellent musée qui est consacré à cette industrie.

A 10km au nord, San Gimignano apparaît sur son promontoire. Cette cité fortifiée est incontournable lors d'une visite de la Toscane! Volterra m'avait séduit. En sera-t-il de même pour San Gimignano? C'est ce que nous allons voir...
La route contourne la cité, avec un grand parking (payant) en contrebas). Je me suis garé gratos 500m plus loin, ça ne me gêne pas de marcher. Mais j'ai déjà aperçu trois autocars de tourisme...aïe ça démarre mal! J'entre dans la cité par une porte fortifiée. Oui, il y a plus de monde qu'à Volterra, mais ce n'est pas la grande cohue, c'est encore supportable.

Franchement, c'est une ville extraordinaire de beauté, qui a su garder intact son aspect médiéval et défensif avec ses puissants remparts et ses tours crénelées.
Ce qui étonne le visiteur, c'est le nombre de tours qui se dressent au sein de la ville! Il y en a encore 14 debout, et comme à Bologne, elles symbolisaient la puissance des familles nobles du coin, c'était à celle qui construisait le plus haut! Mais on est loin des presque 100m de la tour Asinelli de Bologne! Ici la plus élevée atteint 54m.
La rue principale est un défilé de boutiques de céramiques, souvenirs, spécialités toscanes... Le côté médiéval en est quelque peu dénaturé, dommage. Sinon, il faut s'égarer dans le lacis d'anciennes ruelles, où parfois du linge sèche encore aux fenêtres. La Piazza del Duomo est sublime, avec ses deux tours et la cathédrale, et il suffit de quelques pas pour rejoindre l'autre place fétiche de "San Gimi", la Piazza della cisterna avec son puits au milieu, entourée de fiers palais et de tours. On pourrait se croire en plein milieu d'un film de cape et épée! Mais je pense qu'à cette époque, il n'y avait pas autant de glaciers! Par contre, il y a un très bon p'tit vin blanc local, le Vernaccia (goûté et approuvé!).

Alors, le verdict? Même si c'est moins calme qu'à Volterra, il est impossible de rester de glace devant un telle merveille architecturale! Elles sont fabuleuses, ces cités toscanes!

Donc, je continue ma route plein sud pour un long trajet vers la Maremme, dans le sud de la Toscane. Je remonterai ensuite vers le Val d'Orcia et Sienne. Je pensais tracer la route d'une traite, mais... voici qu'avant Sienne, mon regard est attiré au loin par un drôle d'enceinte fortifiée avec des tours. Je quitte la voie rapide et je découvre le tout petit village de Monteriggioni. C'est un peu irréel de voir un bourg si modeste encerclé par des remparts (ma foi très bien conservés, on trouve même un chemin de ronde), ponctués par 14 tours! Dans l'enceinte, deux rues, pas plus, une église toute riquiqui, quelques bars et boutiques. C'est tout. Monteriggioni est très peu fréquenté par les touristes, c'est un coup de chance je l'ai capté du regard. Sans quoi je serais sûrement passé outre. Un coup de coeur!


Sorano - Pitigliano - Sovana

J'ai un long trajet à faire, je descends à l'extrême sud de la Toscane, dans un territoire appelé la Maremme. A 20km à peine, commence la région du Latium. Je rattrape vite les petites routes, à travers les collines qui se font de plus en plus boisées, avec de temps en temps de belles échappées s'offrent sur la campagne plus bas.
J'entre à présent dans la "Région du tuf" (en italien Area del Tufo), une zone caractérisée par la présence de tuf volcanique, un matériau tendre et friable qui pourtant fut utilisé par les étrusques et les romains dans la construction de bâtiments.

L'arrivée à Sorano est pittoresque: la route sinueuse passe entre deux parois de tuf, et soudain, dans un virage, surgit enfin le village, perché sur son éperon rocheux et entouré de collines verdoyantes. C'est le premier des trois "villages de tuf" du coin. Les voitures n'entrent pas à l'intérieur du bourg, dieu merci, et il y a très peu de monde. Je prends deux fois plus de plaisir à errer de ruelle en passage voûté, à descendre et remonter des tas d'escaliers... Et les sculptures en tuf autour des portes des maisons, ça donne un de ces styles!

Cette région sud de la Toscane, moins fréquentée par les touristes, me rappelle parfois l'Alentejo portugais. Non pas par ses paysages, mais comment dire... par l'authenticité, la sérénité qui émane de cet endroit. C'est paisible.
Pitigliano, distant de 13km, se dévoile de façon encore plus spectaculaire; il est étalé en longueur sur son promontoire rocheux, avec ses vieilles maisons qui semblent au garde-à-vous. Les falaises de tuf sont creusées d'anciennes habitations troglodytiques. Mais un belvédère à l'entrée de la cité permet de bien en profiter!
C'est un moment magique que d'entrer dans Pitigliano: les premières arches de l'aqueduc, la massive citadelle fortifiée... Ensuite le village se divise en deux rues piétonnes, un peu plus fréquentées que Sorano. Pitigliano est clairement plus touristique, et on compte un nombre important de boutiques d'artisans divers. Mais il a aussi son lot de passages secrets, d'escaliers et de ruelles pentues qui vont où bon leur semble. Au milieu de ce charmant dédale trônent la cathédrale et l'église Santa Maria.

Dans les alentours de Pitigliano, on trouve des "Via Cave", des passages creusés dans le tuf, plutôt étroits mais d'une profondeur allant jusqu'à 20 mètres! D'origine étrusque, les via Cave servaient à relier entre elles les nombreuses nécropoles (étrusques, bien sûr) de Sorano, Sovana et Pitigliano. Même si cette roche est tendre, avoir creusé tout çà à main d'homme, chapeau bas, les Etrusques!
Il y en a une sur la route qui contourne Pitigliano par l'ouest; repérez un pont sur une rivière, c'est 30m avant ce pont. Il faut un peu jouer les funambules pour franchir le gué, en passant d'une pierre à l'autre. Prudence! Plus loin sur la route, il y en a une autre encore.

Dernier village du trio, le très discret Sovana diffère par son relief plus plat. Un vrai village "de poche", avec les ruines d'un chateau, une unique vieille rue pavée, et la toute petite église sur la Piazza Pretoria. Vraiment hors du temps. Pas de touristes, je croise seulement des "gens d'ici": une dame qui puise l'eau à la fontaine sur la Piazza, un ou deux vieux assis au seuil de leur porte... 120 habitants seulement, Sovana! On dirait que j'ai remonté le temps... curieuse sensation! Ah, un détail: je passe la nuit dans cet endroit idyllique; Roberto, le patron du bar-pizzeria de la Piazza loue des chambres dans le village!
https://www.chambres-hotes.fr/chambres-hotes_affittacamere-da-roberto_sovana_h448351.htm
j'ai repéré un petit bar où je me délecte d'une assiette de fromages de Maremme, et d'une tartine plutôt insolite: le pain est généreusement saupoudré de sucre et arrosé de vin rouge! La texture et la saveur sont assez inédites sur du pain... mais c'est un délice, cette petite chose!

Le parc archéologique de Sovana, qui comporte plusieurs tombeaux étrusques, ferme à 18 heures, c'est trop tard. Mais à la sortie du village, une via cava est en accès libre, je vais en explorer un bout, bien que le jour commence à décliner. Pas un bruit, si ce n'est le gazouillement des oiseaux, et la clarté qui diminue entre ces parois de tuf. Sensation unique! L'agitation de San Gimignano est bien loin de moi ce soir...


Le Val d'Orcia

Je repars ce matin vers le nord, pour rejoindre une région idyllique, celle qu'on visualise tous quand on ferme les yeux en pensant à la Toscane: les champs qui ondulent à perte de vue, les allées de cyprès, les villages perchés isolés... j'ai nommé: le Val d'Orcia!

J'évolue à présent au milieu de paysages sublimes et lumineux, au relief ondulant comme une vague, où les champs alternent avec les oliviers; les vignes apparaissent davantage. Tout çà est inscrit au patrimoine de l'Unesco! Et c'est un plaisir que de circuler sur les petites routes toscanes, sinueuses à souhait et peu fréquentées. Celà change des camions et des "pilotes de rallye" de la Lombardie... Plusieurs fois j'ai croisé des petites camionnettes Piaggio, et même une antique petite Fiat 500, tu sais le modèle des années 60-70!

Après le mignon village de Sant'Angelo in Colle (quel panorama!), j'emprunte un piste caillouteuse mais carrossable jusqu'à la superbe et solennelle abbaye Sant'Antimo, fondée au Moyen Age. Tout autour, les vignes, les cyprès, les oliviers. Le petit village de Castelnuovo dell'Abate a beaucoup de charme également.
Je crois faire un rêve tellement c'est beau, je vais me réveiller... Non, c'est bien réel! Et cet enchantement ne fait que commencer!

20km plus loin, me voici à Bagno Vignoni. Quel étrange village, sa présence dans le Val d'Orcia paraîtrait presque... incongrue. Ce minuscule bourg médiéval (30 habitants!) est en fait une petite station thermale connue pour son eau chaude riche en soufre. La place centrale est occupée par un grand bassin d’où sort une source d’eau chaude à 52°C. Plus bas, il y a les vestiges des anciens bains, où l'eau chaude parcourt encore les rigoles.

Je parlais plus haut des vignes, justement me voilà à l'approche de Montalcino, gros village médiéval connu pour produire un des vins rouges italiens les plus célèbres: le Brunello di Montalcino! Pour s'appeler "Brunello", il doit vieillir au minimum deux ans en barriques de chêne. J'ai visité les caves de la Fattoria dei Barbi, avec plusieurs types de dégustations selon les prix. En parlant de prix, regardez la photo, ceux des anciens millésimes. Allez, vous en prendrez bien une caisse?
http://www.fattoriadeibarbi.it/visite-e-degustazioni/
Montalcino est un village fortifié, gardé par une puissante et austère forteresse et ceinturé de remparts. La Piazza del Popolo, avec son Palazzo Comunale, est entourée de ruelles qui laissent parfois entrevoir la campagne environnante, qui étale ses vignobles jusqu'à l'horizon.
Mais qu'est-ce qu'il fait chaud, c'est terrible! La vague de chaleur est revenue, on dépasse hardiment les 30 degrés! Mais c'est çà aussi, la Toscane.


Le Val d'Orcia... la suite!

Je repars vers l'est, à 35km de Montalcino. Je vais faire connaissance avec une autre ville qui, elle aussi, a enfanté un des plus grands vins rouges du pays: je veux parler de Montepulciano et de son "Vino Nobile"! En réalité, je quitte très temporairement le Val d'Orcia car Montepulciano se trouve dans le Val di Chiana, les deux "Val" étant limitrophes. Le Val di Chiana est réputé pour ses vins, et surtout pour sa viande bovine: les "méga-steaks" servis à Florence proviennent des placides ruminants de cette région!

La ville ne déroge pas aux habitudes des cités toscanes en étant campée fièrement sur une colline; en venant de l'est, on en a un très bel aperçu. En contrebas, il y a un vaste parking gratuit bien pratique. En tout cas c'est super facile de se garer dans les petites localités de la Toscane rurale.
Pour rejoindre la ville, attention les mollets, ça grimpe sec, mais il ne faut pas longtemps pour accéder aux petites rues de la cité, avec ce dallage si caractéristique. J'écarquille les yeux quand je débouche enfin sur la superbe Piazza Grande, avec sa cathédrale et son Palazzo Comunale, abritant l'Hôtel de Ville. Elle a un charme fou avec ses petites terrasses de bars! Une fois encore, déambuler au gré des vieilles ruelles, ponctuées ici d'un ancien puits, là d'une minuscule placette, avec de temps en temps un ancien palais, est une pure délectation! Je vous le dis, jamais je n'arriverai à devenir blasé des voyages. Jamais!

J'ai tout à l'heure évoqué le Vino Nobile, il serait temps d'aller le goûter, qu'en dites-vous? Plusieurs caves sont dispersées dans la ville, en l'occurence le Palazzo Contucci, sur la Piazza Grande, qui possède des caves anciennes de toute beauté, avec au final une dégustation de quelques crus, bien sûr! Houlà, le Brunello à Montalcino, le Vino Nobile ici... calmos, il fait chaud, ça peut monter à la tête!

Pienza n'est qu'à 13km, mais la journée est trop entamée pour me consacrer à sa visite; ce sera pour demain matin!
En attendant, je vais poser mon sac dans la campagne au sud de Pienza, dans un agriturismo juché sur une petite colline, perdu au milieu des champs de blé avec Pienza au loin.
L'endroit est connu des cinéphiles, en effet la piste caillouteuse menant à Terrapille (*le nom de l'agriturismo) a servi de décor au début du film "Gladiator" de Ridley Scott! Excellent décor pour une balade du soir! Je marche à mon aise, les yeux perdus dans les champs ondulant à perte de vue; le soleil couchant commence à faire rougeoyer les murs de Pienza, tout là-bas. Pas de bruit, à part une petite brise qui glisse dans les cyprès. Je frissonne de bonheur, je suis au sommet de la plénitude.
http://www.terrapille.it/index.php
Si vous passez par là, passez-y la nuit. Et dites bonjour à Lucia de ma part!

Comme je le disais, le lendemain matin je m'arrête à Pienza.
Encore un bien beau village, avec ses ruelles étroites et ses palais d'époque Renaissance qu'on croise dans son centre ancien, en particulier le Palazzo Piccolomini. Ce dernier fut, au 15ème siècle, la résidence d'été de Enea Silvio de Piccolomini, qui deviendra plus tard le Pape Pie II. Après son élection, il donna un coup de pouce à sa ville natale en l'embellissant et en l'élevant au rang de ville. Sacré coup de pub, merci Très Saint-Père! Il est vrai que la Piazza Pio II (logique, comme nom) a beaucoup de charme avec son Duomo et les palais autour. Ce n'est pas surprenant que Pienza soit inscrit au patrimoine de l'Unesco depuis 1996!
Je prends justement mon petit-déj' dans une boulangerie à proximité. Pas encore de touristes à cette heure; j'entends sonner les cloches de l'église. Ah, quelle immersion! A l'instar de J.F Kenndedy qui disait "Ich bin ein Berliner", j'ai envie, moi, de clamer: "Sono un toscano"!!

Pour les gourmands, Pienza est réputé pour la qualité de son pecorino, un fromage de brebis à pâte molle ou semi-dure.


Sienne

J'ai la tête encore envahie des féériques images du Val d'Orcia, il faut néanmoins se remettre en route. J'ai rendez-vous, à 60km au nord-ouest, avec une ville fabuleuse, un des temps forts lors d'un voyage en Toscane: Sienne! Dans l'Histoire, Sienne a souvent eu maille à partir avec sa grande rivale Florence, avec en point d'orgue la bataille de Montaperti en 1260, qui se conclut par la victoire des Siennois... mais à quel prix: plus de 10.000 morts! On n'en est plus là actuellement, dieu merçi!

J'ai trouvé un stationnement gratos, au sud de la ville. Après avoir franchi une porte fortifiée, le premier édifice que je rencontre est la Basilique San Domenico; en contrebas se trouve la plus connue et plus ancienne fontaine de Sienne, la monumentale Fontebranda. Elle ne fait pas dans la modestie, avec ses 3 grandes arches gothiques! OK maintenant il faut grimper à l'assaut de la vieille ville, car Sienne est étagée sur une colline. Par cette chaleur, ça pourrait être laborieux, mais je trouve parfois de l'ombre en serpentant parmi ces petites ruelles bordées d'anciennes maisons à volets verts. Il y a encore des petits commerces authentiques dans ce coin, ça n'a pas encore l'air trop dénaturé. Pour l'instant...

Mais voici ma première "claque" visuelle de Sienne, avec la cathédrale qui domine fièrement la Cité! Elle est d'une beauté renversante. Sur certains points elle me rappelle un peu celle de Florence: le campanile, l'exubérance des détails sculptés de sa façade... mais elle est moins imposante en taille, et la palette de couleurs du marbre est un peu plus sobre. Et l'intérieur n'est pas en reste avec ces splendides colonnes de marbre rayées de noir et blanc et sa coupole étoilée!

La foule se fait plus dense à mesure qu'on s'enfonce dans les petites rues du centre de Sienne, et à mon grand désarroi je retrouve quelques "troupeaux avec guide". Mais voilà que j'atteins le point névralgique de la Cité, qui est facile à repérer, quand tu vois une foule de touristes en train de faire des photos, tu y es!
J'avoue que le premier contact avec l'emblématique Piazza del Campo est hypnotisant! Elle est reconnaissable entre mille par son sol incliné et sa forme incurvée comme un coquillage (ou Kokiyage?). J'ai face à moi une des plus belles places d'Italie, avec son défilé de palais, ses terrasses de cafés (gaffe aux prix quand-même!), et le Palazzo Publico, auquel est accolée la Torre de la Mangia qui se dresse à 102m de hauteur. On peut monter au sommet pour jouir d'un panorama sans égal sur la ville (oh, c'est une formalité: il n'y a que...400 marches!).
Si elle a cette forme, c'est pas pour rien, c'est pour recueillir les eaux de pluie qui finissent dans des "cavités de drainage" vers un puits souterrain. Il faut savoir que Sienne n'est traversée par aucun cours d'eau.

C'est sur la Piazza del Campo qu'est organisé, 2 fois par an (juillet et août) la légendaire (et parfois brutale) course de chevaux du Palio, où chacune des 17 "contrade" de la ville (* un quartier représenté par un animal) choisit un cavalier qui en arborera les couleurs et les armes durant la course. Et c'était... il y a 2 jours! On voit d'ailleurs encore du sable sur la Piazza. Mais j'ai préféré éviter la foule et le côté brusque autant pour les chevaux que pour les jockeys. Voilà pourquoi je suis parti vers la Maremme!
http://www.lejournalinternational.fr/Sienne-le-Palio-guerre-des-clans-a-l-italienne_a1154.html
VIDEO Un aperçu de la course du Palio (pas de moi):
https://www.youtube.com/watch?v=-DWZf3ijddQ


La région du Chianti

En quittant Sienne pour remonter vers la région du Chianti, je repense à mes premiers pas à Milan il y a plus de 2 semaines: que de découvertes et de chemin parcouru! La fin du voyage se rapproche, il faut se faire une raison!

Je pénètre dans la région du Chianti. Le Chianti, c'est facile à situer, c'est cette célèbre région viticole qui s'étend entre Sienne et Florence. Et quand on parle des vins italiens, c'est très souvent le Chianti que l'on cite en premier. Ce vin rouge connu du monde entier se décline en 2 types: le "Classico" se boit plutôt jeune, et le "Riserva", qui vieillit un an en fûts de chêne et 3 mois en bouteille avant d'être commercialisé. Pour ne pas se faire arnaquer, il faut bien s'assurer que la bouteille porte un dessin de coq noir sur sa collerette.
http://etlevinfut.com/la-legende-du-chianti-et-le-coq-noir/

Les présentations sont faites pour le vin, à présent on va se balader à travers ces jolies routes qui se glissent entre les collines couvertes de vignes. Le soleil inonde ce paysage enchanteur. Entre parenthèses, il est heureux de voir que la majorité des domaines viticoles de la région appartient encore à des familles toscanes. Ce n'est pas encore comme les vignobles bordelais grignotés petit à petit par les chinois...

Bref, j'atteins l'agréable village de Castellina in Chianti, cerné par les vignes et doté d'une forteresse du 15ème siècle; charmant, avec sa rue principale commerçante et la via delle Volte, une rue presque entièrement voûtée. Castellina a connu un hôte de marque: Léo Ferré, grand chanteur et poète, s’y installa au début des années 70.
Il eut un coup de foudre pour une vaste propriété entourée par 15 hectares de vignes et d’oliviers. Il y mourut en 1993.

Ces petites routes du Chianti, cernées de collines boisées et de vignes, sont définitivement fâchées avec la trajectoire en ligne droite! J'adore çà! Prochain stop: Radda in Chianti, petit village médiéval sympa mais assez touristique en été: boutiques de souvenirs, une profusion de panneaux qui t'indiquent le resto untel, le domaine chose, l'enoteca machin... Mais je n'aime pas trop qu'on me dise où je dois aller. J'erre au hasard dans le centre ancien et je tombe sur un bar, sous un passage voûté, où on peut déguster les chianti de divers producteurs; excellente occasion pour goûter cette petite merveille!
A quelques km de Radda, le hameau fortifié de Volpaia est un coin un peu oublié du circuit "standard" du Chianti. Et pourtant, avec son château, sa petite église et ses vieilles maisons de pierre, il vaut le détour!

Voici ensuite Greve in Chianti, une des localités les plus connues du Chianti, bien touristique aussi. C'est un peu paradoxal à mon humble avis, Greve n'a pas le charme d'autres villages aux alentours: pas de fortifications ni de position perchée sur une colline, et les petites rues, quoique agréables et pavées, ne dégagent pas une atmosphère de Moyen Age. Néanmoins sa Piazza Matteoti, vaste et triangulaire, est très vivante avec ses arcades abritant des restos et des boutiques de produits régionaux. Je me fais préparer un panino dans un "alimentari", une petite épicerie où il est possible de se faire confectionner un sandwich avec plein de bonnes choses à l'intérieur, pour quelques euros. Il y en a dans chaque village en Toscane.

Cette nuit, une petite chambre Airbnb m'attend dans une maison en pierre loin de tout. Tranquillité absolue, malgré le voisinage de quelques sangliers (d'après mon hôte... perso je n'en ai pas vu!). Ce sera ma dernière nuit en Italie, car demain la boucle est bouclée! Retour à l'aéroport de Florence pour rendre la voiture, vol Florence - Bruxelles d'une durée de 2 heures, et "retour maison"!
Un peu fatigué, des images plein la tête et HEUREUX!!



Voilà que s'achève la seconde partie de ce magnifique et intense voyage! Je n'ai pas assez de mots pour décrire toute la magie de cette Toscane que j'ai appris à adorer.
Les vignes, les cyprès, les oliviers, les petits villages font encore une farandole effrénée dans ma tête, y laissant d'impérissables souvenirs. Si vous n'y êtes jamais allé, foncez, la Toscane vous attend les bras ouverts!

Voyage raconté par bentec

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Recommandations pour ce voyage

Les plus...

  • Florence et Sienne, les deux "rivales historiques, merveilleuses cités qui raviront les amateurs d'art et d'architecture.
  • Les sublimes petites cités médiévales éparpillées dans la campagne toscane: Lucca, Volterra, San Gimignano, Montalcino... et j'en oublie!
  • Le Val d'Orcia, la "carte postale" de la région, renversant de beauté, et la Maremme, moins fréquentée; et pourtant ce serait dommage de louper les beaux "villages de tuf"!
  • La cuisine de Toscane, bien sûr! Mais arriverez-vous à finir votre "bistecca" de 700 grammes?
  • Les gens d'ici, tout simplement. Le bonjour tout sourire d'une vieille dame sur le seuil de sa porte, dans un petit village... pour moi ça vaut de l'or.

Les moins...

  • L'asphyxie "touristique" guette Florence à court terme. Par exemple, le Ponte Vecchio est aussi engorgé que son copain du Rialto à Venise!
  • Pise, ce n'est pas QUE la Tour! Et puis elle ne tombera pas tout de suite, alors ça sert à rien de la "maintenir" pour faire une "bonne" photo. Et la ville est si belle à découvrir!
  • Viareggio... et ses plages privées! La première plage gratuite est quand-même à 2km au sud!

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