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Les Cévennes, un retour à la nature - Photo n°86

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Végétation sur l'Aigoual.

Végétation sur l'Aigoual.

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Photos Le Mont Aigoual, Seigneur des Cévennes.

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Depuis Valleraugue, nous prenons la D986 qui serpente à travers de beaux paysages.
Le Mont Aigoual, sorte de montagne sacrée des Cévennes, que André Chamson appelait "cette coupole d'herbes rases", et dont la tombe se trouve sur l'un des versants de l'Aigoual.
C'est aussi le royaume des ouragans, qui engendre ruisseaux et rivières, il est aussi devenu durant ce siècle une montagne forestière.
Sur le bord de la route sinueuse qui mène au mont Aigoual, une plaque a été élevée en 1909, en hommage à Georges Fabre. A partir de 1879 on commence à évoquer l'intérêt du mont Aigoual comme point stratégique du point de vue météorologique et forestier. Pour reboiser rapidement certaines pentes sèches des Cévennes, Georges Fabre lance le projet de création d'une station expérimentale de météorologie forestière sur le massif de l'Aigoual. Il présente ce projet le 6 juin 1882. Ce projet est trouvé un peu trop ambitieux et subit de nombreuses modifications. En 1887, sa cause est entendue, les travaux de construction de l'Observatoire débutent le 17 juin.
Menhir au Mont Aigoual.
Une petite éclaircie avant les frimas...
Le temps est très changeant, le ciel s'est obscurci, la brume descend rapidement...
De la neige par-çi par-là...
Une éclaircie sur un paysage fabuleux...
Nous arrivons à l'Observatoire. A cause de la rudesse du climat, il faudra 7 ans, à raison de 70 jours de travail par an en moyenne pour construire l'Observatoire. En 1888, il n'y a que 52 jours de travail. L'année 1889, gravée sur le fronton devait voir la fin des travaux et l'inauguration. Hélas, cette année là, il n'y a que 75 jours de travail. En 1890, 83 jours. L'entrepreneur responsable du chantier, totalement ruiné, finit les travaux en 1893 comme simple ouvrier. L'inauguration a lieu le 18 août 1894. Les registres d'observation sont tenus à partir du 1er décembre 1894 par le forestier Blanc, premier occupant de l'Observatoire, venant du Mont Ventoux. Dès 1897, le Club Alpin Français fait édifier un refuge en bois - avec quatre chaînes d'attache au sol - au nord du bâtiment. Les touristes commencent à venir visiter l'Observatoire: il y en a 1250 en 1898, chiffre respectable si l'on songe que l'on se rendait au sommet soit à pied, soit en voiture à cheval. Plus tard, par manque de personnel, l'Observatoire n'est plus ouvert aux touristes. Avec des routes confortables et l'abondance de voitures particulières le nombre de touristes venant admirer le panorama n'a cessé de s'accroître. Les années suivantes voient fleurir divers projets d'aménagement ou d'agrandissement mais bien peu sont réalisés. Les intempéries d'hiver causent beaucoup de dégâts et se succèdent. Pendant des mois les liaisons télégraphiques sont interrompues,l'entretien du bâtiment est incessant. Un cévenol, Tabusse, participe aux travaux et assure la gérance du refuge à partir de 1916. Il est immortalisé par le roman d'André Chamson "Histoires de Tabusse" (1930) et plus tard par un film "Tabusse" de Jean Gehret (1948). Une chambre de l'Observatoire porte son nom. Les années passent et chacune impose des réparations à l'Observatoire dont le confort reste précaire et rude.
L'Observatoire passe sous la direction de la Météorologie Nationale en mai 1943. L'effectif maximum est atteint en 1947 avec un chef de station, quatre météos, un cuisinier, une femme de ménage et une secrétaire à mi-temps, tout le monde vivant au sommet avec femmes et enfants. Au fil des années, les conditions s'améliorent, bien que l'Observatoire soit encore isolé l'hiver (les chasse-neige ne montent régulièrement qu'à partir de 1955). Avec l'amélioration des radiosondages et l'apparition de nouveaux moyens de mesures (satellites et radars), la Direction de la Météorologie se désintéresse peu à peu des stations d'altitude. L'avenir de l'Observatoire est bien sombre et il a fallu toute la ténacité de Christian Proust travaillant seul durant 18 mois (1972 à début 1974) et ne ménageant aucun effort pour sensibiliser les autorités locales pour que l'Aigoual continue à vivre. Ses efforts ne restent pas vain puisqu'en 1974, un météo est affecté, Pierre Moureau puis en 1975 Alfred Puech employé pour l'entretien, bricoleur génial qui est à l'origine de la restauration complète du bâtiment. Il semble qu'un sursis soit accordé... En 1981, départ prématuré de Christian Proust remplacé par Jean Boulet. Ce dernier, prenant conscience de l'engouement du public pour la météo crée avec le personnel en poste une première exposition en 1985.
Il faut s'accrocher car ça souffle fort!
Allez marchons, on a vraiment l'impression qu'on va s'envoler. Pour ceux qui connaissent les bourrasques de vent à la Pointe du Raz, c'est un peu la même chose ici!
Une polaire, un coupe vent et c'est bon, paré pour affronter le vent!
Petit bonheur, grand plaisir!
Vue depuis le belvédère de la Cravate avant de rentrer sur Berthezene.
Le même menhir sous un ciel plus dégagé en septembre de la même année.
L'époque des châtaignes.
L'Observatoire, plus agréable avec un peu de ciel bleu.
La table d'orientation.
Un arbre foudroyé sous un ciel bleu...
Le même quelques minutes plus tard, le temps change extrêmement vite ici. Voici quelques observations relevées par le personnel: Record de vent: Moyenne sur 24 heures : 170 km/h Rafale maximale : 360 km/h Vent supérieur à 60 km/h : 265 jours/an Vent supérieur à 100 km/h : 95 jours/an Record de précipitations: En un an : 4015 mm. En 24 heurs : 608 mm. Pour un mois : 1239 mm. Record de chutes de neige: En un an : 10,39 m. Pour un mois : 4,49 m. En 24 heures : 1,86 m. 164 jours de pluie ou de neige par an Record de températures: Minimum absolu : - 28 °C. Maximum absolu : 28,7 °C. Variation sur 30 minutes : 6 °C. Autres paramètres: Epaisseur de givre pouvant atteindre 120 cm en 24 heures. Nombre de jours avec sol couvert de neige : 118 par an. Nombre de jours avec brouillard : 241 par an.
La végétation s' est adaptée au climat, remarquez la position de ces arbres.
Depuis dix mille ans, sur le Mont Aigoual se sont succédé les bouleaux et les pins, puis les chênes à feuillage caduc, ensuite les hêtres, les rois du Mont Aigoual, et les sapins, avant que les graminées ne trahissent la présence de l' homme et de pâturages.
Petit à petit, le Mont Aigoual va changer de parure, il va revêtir sa robe de pourpres et d'ors.
La cardabelle, emblème caussenard, est souvent clouée sur les portes des maisons. Sa fleur s'ouvre et se ferme en fonction du degré d'humidité de l'air, d'où son nom de chardon baromètre.Celle-ci a souffert du climat.
Un dernier regard avant de redescendre dans la vallée et de retrouver le soleil.

Photos autres sous-parties de Les Cévennes, un retour à la nature

  • Quelques précisions...
  • Valleraugue, une bourgade cévenole
  • Loin du bruit et de la foule, Berthezene...
  • Un p'tit tour chez notre ami
  • Le Mont Aigoual, Seigneur des Cévennes.
  • La Couvertoirade, l'histoire des Templiers et des Hospitaliers
  • Vézénobres, cité médiévale du Gard et capitale de la figue
  • Sauve et la Mer de Rochers
  • Navacelles, un cirque grandiose


 
 
 

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